Affaires
Abdou Lahlou, l’architecte des aéroports
Depuis plus de vingt-cinq ans, il imagine des architectures où la rigueur technique rencontre la sensibilité humaine, au service du confort, de la fluidité et de la lumière.
Diplômé de l’École d’architecture de Toulouse, Abdou Lahlou a débuté sa carrière à Paris au sein du cabinet Paul Chemetov, avant de fonder sa propre agence à Casablanca, en 1999.
À la tête d’une équipe d’une trentaine de collaborateurs, il développe une approche ouverte et exigeante, fondée sur la diversité des profils et des disciplines. Son agence s’est imposée comme une référence nationale et africaine dans la conception d’aéroports, d’équipements hospitaliers, universitaires, sportifs et institutionnels.
Récompensé par plusieurs distinctions internationales, dont les Skytrax World Airport Awards et le Trophée d’Or de l’Africa Investments Forum & Awards, Abdou Lahlou incarne une génération d’architectes marocains, tournés vers l’innovation, la durabilité et l’excellence.
Ces dernières années, ce sont les terminaux aéroportuaires qui semblent être devenus sa chasse gardée. Même s’il précise que le secteur ne représente que «30 à 35% de ses réalisations». Sauf que son nom revient constamment dans l’attribution des derniers marchés de conception architecturale octroyés par l’Office national des aéroports (ONDA), dans le cadre de sa stratégie «Aéroports 2030».
Dernier projet dans son escarcelle, l’extension de l’Aéroport Agadir Massira (2,2 milliards de dirhams (MMDH). Il porte sur le réaménagement et l’extension du terminal passagers pour atteindre une superficie globale de 75.000 m² environ, dont 23.800 m² pour le réaménagement du terminal existant et 51.200 m² environ pour l’extension.
La construction d’infrastructures routières, l’aménagement extérieur, ainsi que l’extension de voie d’accès et du parking véhicules sont aussi prévus. Ce qui permettra de porter la capacité annuelle de la plateforme aéroportuaire de 3 à 7 millions de passagers par an.
Un an plutôt, en novembre 2023, Lahlou s’adjugeait l’extension des terminaux de l’Aéroport Marrakech Menara (2,2 MMDH). Une plateforme dont il est d’ailleurs le concepteur.
Là, il s’agira de réaménager et d’étendre le terminal passagers afin d’augmenter sa superficie à environ 142.000 m². Des aménagements extérieurs au terminal sur les voies de circulation, espaces verts, esplanade du côté ville, esplanade du côté piste, des fontaines sont aussi prévues. Objectif : porter la capacité de l’aéroport de 9 à 16 millions de passagers par an.
Équipements sportifs et CMC
L’aéroport de Benslimane ainsi que les nouveaux terminaux de Rabat-Salé et de Fès-Saiss figurent aussi dans ses chefs-d’œuvre. Son secret pour s’imposer dans cette niche stratégique ? «Plus de 25 ans d’expérience dans ces programmes, fondés sur la rigueur, l’innovation et le résultat. Comprendre les flux, anticiper les contraintes et créer des lieux fluides et identitaires», révèle-t-il.
Très actif dans l’univers aérien, Lahlou n’en est pas moins performant dans les équipements publics qui représentent essentiellement son cœur de métier. Particulièrement le siège de l’ONDA, le Data center Inwi, ou encore le Zoo d’Ain Sebaâ.
L’architecte excelle aussi dans la conception des établissements dédiés à la formation professionnelle. Les Cités des métiers et des compétences (CMC) de Casablanca-Settat, de Souss-Massa et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima sont sorties de son imaginaire. Avec Fouad Agharmine, il a aussi dessiné les contours du futur CHU d’Errachidia (936 MDH).
Grandes enceintes sportives
Lahlou performe aussi dans la sphère sportive. L’un de ses trophées majeurs : la salle omnisports de Rabat, de 16.190 m2, d’un budget de plus de 246 MDH. Elle abritera une patinoire de hockey sur glace de 1.738 m2, ce qui en fera la plus grande de son genre en Afrique.
Dans son palmarès, on retrouve également le futur Grand Stade de Dakhla (268 MDH) et la rénovation du Complexe Mohammed V de Casablanca (250 MDH). «Nous avons entièrement refait le stade, notamment les vestiaires, les gradins et les tribunes, pour qu’il retrouve une cure de jouvence et soit opérationnel pour accueillir les matchs de la CAN 2025», affirme-t-il fièrement.
L’approche de son agence, c’est de faire en sorte que chaque projet ait sa propre signature et sa propre identité en fonction de la ville. «On veut que chaque projet soit réellement adapté à son lieu et à son environnement. C’est pourquoi nous essayons d’être créatifs dans la conception de ces équipements», soutient-il.
Lahlou, qui intègre l’humain et la culture marocaine dans ses œuvres, tient aussi à la durabilité de ses bâtisses. «Quand on construit des équipements publics qui coûtent assez chers, ils doivent durer dans le temps. D’où le choix de matériaux résistants et efficaces. L’écologie est aussi très importante parce qu’une orientation judicieuse permet au bâtiment de consommer moins d’énergie», explique-t-il.
En définitive, l’ambition de Lahlou, c’est de «créer des espaces porteurs d’émotion, où rigueur technique et sensibilité humaine se rencontrent, au service du confort, de la lumière et de ceux qui les habitent».
