SUIVEZ-NOUS

Pouvoirs

Les ministres gagnent l’épreuve des urnes

Quinze ministres se sont lancés dans la bataille des législatives du 23 septembre et en sont presque tous sortis vainqueurs haut la main. Preuve, s’il en fallait une, que les électeurs n’ont pas sanctionné l’action gouvernementale.

Publié le


Mis à jour le

Pour ce scrutin du 23 septembre, quinze membres du gouvernement Akhannouch se sont présentés sous les couleurs des trois partis de la majorité sortante : six pour le PAM, cinq pour le RNI et quatre pour l’Istiqlal.

L’ampleur est inédite, puisque plus de la moitié de l’équipe gouvernementale s’est soumise au verdict des urnes. Ministres de plein exercice, ministres délégués et secrétaires d’État ont tous, à une exception près, décroché leur siège.

Parmi eux, neuf rempilaient en terrain connu : ils avaient déjà été élus au Parlement, en 2021 ou plus tôt, avant de recevoir un maroquin. Certains sont de véritables vétérans de l’hémicycle.

Les six autres se lançaient pour la première fois dans une campagne législative. Pour eux, l’enjeu était double : passer l’examen du terrain et gagner, par les urnes, une légitimité que leur seule nomination ne leur donnait pas.

Au-delà des parcours individuels, ce scrutin vaut verdict politique pour la coalition elle-même. Une déroute de ses ministres aurait fragilisé la légitimité du gouvernement sortant.

Elle aurait surtout été lue comme un désaveu du bilan gouvernemental, dont les trois partis avaient fait leur principal argument de campagne.

Ce carton plein conforte au contraire la confiance des électeurs dans la gestion de la majorité sortante, et il donne à ces ministres un poids renouvelé dans les tractations à venir.


 

 

 

 

 

 

 

Ahmed El Bouari
Ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts


Circonscription : Ouezzane
Pour sa toute première candidature, il a décroché le siège de député d’Ouezzane, sa ville natale. Ingénieur d’État
(IAV Hassan II) et ancien directeur de l’Irrigation, il a été nommé ministre en octobre 2024 en remplacement de Mohamed Sadiki. Il préside par ailleurs le Corps des ingénieurs du RNI. Sa stature ministérielle, son expertise reconnue et son ancrage d’enfant du pays lui ont permis de mener une belle campagne et d’asseoir sa légitimité par les urnes.

 

Zakia Driouich
Secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime


Liste régionale : Souss-Massa
Tête de la liste régionale féminine du RNI dans son fief du Souss-Massa, elle avait son élection quasiment acquise. Ingénieure en biotechnologie, elle a gravi les échelons de l’administration des pêches depuis 1988 jusqu’à prendre les rênes de ce département. Elle a mené une bonne campagne, portée par l’appareil du parti.

 

Lahcen Saadi
Secrétaire d’État chargé de l’Artisanat et de l’économie sociale et solidaire
Circonscription : Taroudant-Nord
Dès 2021, il s’était distingué en réalisant le deuxième meilleur score des législatives, avec 56.693 voix. Il n’est donc pas surprenant de voir le président de la jeunesse du RNI rempiler lors de ce scrutin. Enfant de Taroudant, cet ancien enseignant reste proche de sa circonscription, où il parvient à rivaliser avec les ténors des partis adverses.

 

 

Mustapha Baitas
Ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement
RNI · Circonscription : Sidi Ifni
Il briguait un troisième mandat consécutif dans son fief, après ses victoires de 2016 et 2021, et il l’a remporté. Membre du bureau politique du RNI, il a dirigé jusqu’en février 2026 le siège central du parti à Rabat. Devenu la voix hebdomadaire du Conseil de gouvernement, il a consolidé sa notoriété et décroché haut la main un troisième mandat parlementaire.

 


 

 

 

 

 

 

 

 

Mehdi Bensaïd
Ministre de la Jeunesse, de la culture et de la communication
Circonscription : Rabat-Océan
Élu dès 2011 à 26 ans, puis de retour en 2021, ce diplômé de Sciences Po rempile à la Chambre des représentants. Sa notoriété gouvernementale, la machine du PAM, dont il est membre de la direction collégiale, et son solide ancrage rbati ont été autant d’atouts pour décrocher ce nouveau mandat.

 

 

Fatima Ezzahra El Mansouri
Ministre de l’Aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville
Circonscription : Marrakech-Médina/Sidi Youssef Ben Ali
Rompue aux élections communales, elle disputait son tout premier scrutin législatif dans son fief de Marrakech. Première femme élue maire d’une grande ville marocaine en 2009, cette avocate de formation n’a eu aucun mal à gagner la confiance des électeurs. Son expérience, son réseau institutionnel et sa résilience politique éprouvée ont été des atouts qu’elle a su faire valoir.

 

 

Azzedine El Midaoui
Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l’innovation
Circonscription : Rhamna
Son baptême électoral a été couronné de succès. Ancien président de l’université Ibn Tofaïl de Kénitra et chercheur reconnu, il incarne la stratégie des «ministres-candidats» du PAM, censée porter le renouvellement. Sa crédibilité scientifique et institutionnelle, ainsi que son ancrage dans une circonscription importante pour le parti ont contribué à son élection.

 

 

Hicham Sabiry
Secrétaire d’État chargé de l’Emploi
Circonscription : Béni Mellal
Élu en 2021 à Béni Mellal, il y est revenu pour défendre son siège. Notaire de métier, il fait partie des secrétaires d’État entrés au gouvernement en 2024. Dans son fief, il a confirmé sa popularité et consolidé sa légitimité au sein de son parti.

 

 

Adib Benbrahim
Secrétaire d’État chargé de l’Habitat
Circonscription : Rabat-Chellah
Il réédite son succès de 2021 dans cette circonscription de la capitale, jugée «redoutable» tant l’offre y est pléthorique pour trois sièges. Cet expert-comptable, fondateur d’un cabinet d’audit, avait présidé la commission du programme électoral du PAM la même année. Il revendique une campagne victorieuse, menée en porte-à-porte plutôt qu’à coups de tracts.

 

 

Abdellatif Ouahbi
Ministre de la Justice
Circonscription : Taroudant-Nord
Ancien secrétaire général du PAM (2020-2024) et maire de Taroudant, il y décroche un quatrième mandat consécutif de député. Dans cette circonscription, il affrontait son collègue du gouvernement, Lahcen Saadi. Avocat au style de «showman» assumé, il jouit d’une notoriété nationale, doublée d’une implantation locale inégalée depuis trois mandats.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

Nizar Baraka

Ministre de l’Équipement et de l’eau

Circonscription : Larache
Secrétaire général du Parti de l’Istiqlal depuis 2017, il rempile à Larache, où il avait terminé deuxième en 2021 avec 24.676 voix. Économiste, ancien ministre des Finances et héritier d’une famille historique de l’Istiqlal, il doit ce nouveau mandat à sa stature nationale et à son bilan gouvernemental en matière d’eau et d’infrastructures.

 

 

Abdessamad Kayouh
Ministre du Transport et de la logistique
Circonscription : Taroudant-Sud
Membre du comité exécutif de l’Istiqlal, il a conservé Taroudant-Sud, un fief familial vieux de trente ans. Homme d’affaires dans l’agroalimentaire, député sans interruption depuis 1997, il préside le conseil provincial de Taroudant depuis 2003. Son ancrage rural exceptionnel, bâti de longue date, son portefeuille ministériel très exposé sur les grands chantiers et sa solide assise familiale et économique expliquent cette longévité politique.

 

Omar Hejira

Secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur
Circonscription : Oujda-Angad
Pharmacien et ancien maire d’Oujda, fils d’un ancien résistant, il représente cette circonscription depuis 2007 et rempile pour un cinquième mandat. Son poids institutionnel, acquis comme chef de groupe parlementaire avant son entrée au gouvernement, lui a permis d’aborder ces législatives comme une formalité.

 

 

Ryad Mezzour

Ministre de l’Industrie et du commerce
Circonscription : Benslimane
Membre du comité exécutif de l’Istiqlal de par son poste ministériel, il disputait sa toute première élection à Benslimane. Le succès a été au rendez-vous pour cet ingénieur proche de Nizar Baraka, qui a pu compter sur le soutien décisif de l’appareil du parti.