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1996. Mines : L’ONA mise 644 MDH

Manajim, holding minière de l’ONA, venait d’acquérir quatre nouvelles mines pour 644 MDH. Le ministre de la Privatisation, a rendu public l’accord de principe entre son département et le premier groupe privé du Royaume.

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Lancé en mars dernier, l’appel d’offres relatif à la vente de quatre mines, SMI (argent), CTT (cobalt), Somifer (cuivre) et Samine (fluorine), s’est révélé infructueux. D’importants groupes internationaux, notamment d’Europe et d’Afrique (du Sud), avaient affiché leur intérêt pour le rachat des parts détenues par l’État, à travers le BRPM, en confiant les missions d’évaluation à des cabinets privés, basés dans le Royaume.

Le ministère de la Privatisation avait placé haut la barre, en privilégiant la cession des mines en package. Ce qui expliquerait, peut-être, les hésitations de certains groupes étrangers basés au Maroc, comme la compagnie franco-suisse qui gère la mine de Touissit.Toujours est-il que M. Saaïdi, ministre de la Privatisation, s’est tourné vers l’ONA qui avait montré son intérêt, il y a deux ans, pour le rachat des quatre mines. Le prix de vente, fixé à 644 MDH, sera débloqué par Manajim, la holding minière du premier groupe privé du Royaume. Ne manque que l’avis de la commission des transferts qui devrait trancher dans cette affaire au cours de la première semaine de septembre. M.Abarro, directeur général du pôle mines de l’ONA, reste confiant. Une attitude qui se justifie à plus d’un titre.

Le précédent d’Akka
Il est opportun de rappeler que I’ONA détient des participations dans les quatre mines, patrimoine de l’État. La plus faible, de 31% tout de même, est celle détenue dans la mine d’argent d’Imiter (SMI). «C’est la plus importante cession, puisqu’il s’agit de la vente de la majorité des actions», signale M.Abarro. Pour le reste, l’ONA est majoritaire. Ainsi, pour la CTT, mine de cobalt située aussi dans la province de Ouarzazate, l’ONA gère 60% des actions. Quant à la Somifer, mine de cuivre située à Bouazar, le BRPM ne détient que 34% des actions. Situation quasi identique à celle de la dernière mine de Fluorine, Samine, située dans la région de Meknès (35% des actions entre les mains du BRPM, le reste étant contrôlé par l’ONA). L’intérêt de l’ONA pour les mines n’est pas fortuit. Il s’agit du premier métier dans lequel le groupe a versé au début du siècle.

En tout cas, la stratégie du groupe pour 95-97 a clairement défini les axes d’offensive: la consolidation des résultats et la restructuration des activités de base que l’ONA maîtrise bien. C’est dans ce cadre qu’est intervenu l’accord avec le BRPM, conclu il y a quatre mois, pour l’exploitation en pool du gisement d’or situé à Akka. Par ailleurs, selon M. Abarro, le développement des affaires que gère le groupe va se traduire par une augmentation des capacités de production de la mine de zinc de Guemassa. «De 150.000 tonnes, nous comptons produire 270.000 tonnes», affirme-t-il. Pour ce faire, Manajim prévoit de débloquer 120 à 130 MDH. Enveloppe qui s’ajoute à l’investissement initial, de l’ordre d’un milliard de dirhams.

Voilà qui démontre que le secteur reste fortement capitalistique. Certes, sur le chiffre d’affaires du groupe, le secteur des mines ne représente que 5%. Mais la valeur ajoutée que ce métier de base génère reste importante: sur 640 MDHS de résultats nets réalisés par l’ONA, le pôle mines a contribué pour 157MDH.
Ces résultats confortent l’ONA dans sa stratégie d’expansion. Au-delà de la participation aux opérations de privatisation pour l’acquisition de nouvelles affaires, le groupe entend aussi ratisser le sol marocain.

À la conquête des marchés
Un intérêt particulier est accordé aux appels d’offres du BRPM, comme le démontre l’épisode aurifère d’Akka. Mais M. Abarro estime que le pôle mines a atteint la taille suffisante pour conquérir les marchés extérieurs. Son fer de lance reste la société d’ingénierie Reminex qui a atteint l’âge de maturité. Comptant une quarantaine d’ingénieurs, cette société est capable aujourd’hui de concevoir divers projets sur commande. Une équipe s’est déjà rendue en Albanie pour la mise en place de l’infrastructure nécessaire à l’exploitation d’une mine de chromite. Reminex a remporté ce marché à la suite d’un appel d’offres international. La prochaine étape sera l’Arabie Saoudite, où d’importants gisements d’or ont été identifiés.