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En Couv’. Chef du gouvernement : Et si c’était lui/elle ?

À un mois d’un scrutin présenté comme l’un des plus disputés de la dernière décennie, la question de savoir qui succédera à Aziz Akhannouch à la tête du gouvernement occupe déjà tous les esprits. Casting des prétendants potentiels au poste au sein des partis favoris.

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Un rappel constitutionnel s’impose au préalable. L’article 47 de la Loi fondamentale est sans ambiguïté : «Le Roi nomme le Chef du gouvernement au sein du parti arrivé en tête des élections à la Chambre des représentants.»

Consécration, en 2011, d’une rupture décisive avec l’ancienne prérogative discrétionnaire du monarque, cette disposition a eu pour effet de subordonner strictement la formation de l’Exécutif au verdict des urnes. C’est donc bien l’arithmétique électorale qui, en dernier ressort, désignera le prochain locataire du Méchouar, ce bureau attenant au Palais royal où siège le Chef du gouvernement.

Or, à l’examen des rapports de force, trois formations – et trois seulement – paraissent aujourd’hui en mesure de revendiquer une victoire aux élections législatives du 23 septembre : le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM) et le parti de l’Istiqlal.

Sauf séisme électoral, la bataille pour la Primature devrait donc se cantonner à trois formations, toutes issues de la majorité sortante.

Cette configuration mérite qu’on s’y attarde, tant elle traduit une singularité du moment politique national : les trois principaux compétiteurs sont précisément ceux qui, sous la conduite d’Aziz Akhannouch, ont coadministré le pays au sein de la même coalition gouvernementale depuis 2021 et livré, ensemble, un bilan que beaucoup jugent inédit.

Un constat qui plaide en creux pour le sacre de l’une de ces trois composantes et qui confère au scrutin du 23 septembre les habits d’un référendum implicite sur l’action de la majorité sortante: chacune des trois formations pouvant légitimement s’en attribuer les mérites pour mieux asseoir sa propre prétention.

Sur le fond, cet héritage gouvernemental ne manque pas d’arguments. Gestion macroéconomique jugée solide dans un contexte marqué par des crises successives, dynamique de croissance spectaculaire, investissements conséquents dans de nouveaux secteurs porteurs, généralisation quasi achevée de la protection sociale et de la couverture médicale, dialogue social renoué et amélioration progressive du pouvoir d’achat, réformes de fond dans l’éducation, la santé, la justice : dans la plupart des champs économiques comme sociaux, les réalisations mises en avant sont substantielles.

Elles figurent déjà en préambule des programmes présentés par les trois partis et occupent une place de choix dans les discours de campagne actuellement peaufinés au sein de leurs états-majors respectifs, signe que le bilan gouvernemental constituera, sans doute, l’axe central de l’argumentaire électoral commun à cette majorité sortante.

Une équation qui dépasse la seule figure du leader
Le trio RNI, PAM et Istiqlal dispose ainsi d’atouts réels (bilan gouvernemental à faire valoir, ancrage territorial consolidé, dynamiques de campagne respectives) pour parier, sans trop de risque, que l’une de ces trois formations totalisera le plus grand nombre de sièges le 23 septembre prochain.

C’est donc en son sein que le Souverain pourra nommer le Chef du gouvernement pour la mandature 2026-2031. Fait notable de cette échéance : la possibilité de désignation ne se limite plus aux seuls leaders historiques de chaque parti, vu le contexte de gouvernance traversé par ces trois formations.

Sans écarter la candidature naturelle des dirigeants en exercice, considérés comme des postulants crédibles, l’exercice consiste ici à élargir la focale, de manière à évaluer la capacité de chaque formation à présenter, en son sein, une pluralité de profils réellement en mesure d’endosser la responsabilité de conduire l’Exécutif pour les cinq années à venir.

Il s’agit, en somme, de passer au crible les cadres dirigeants de chaque parti: jeunes cadres en devenir, figures d’expérience, sans oublier une représentation féminine dont le poids ne cesse de croître dans l’appareil d’État.

Trois viviers, trois logiques de recrutement
C’est précisément sur ce terrain que les trois partis se distinguent le plus nettement, révélant, en creux, des logiques de recrutement et de structuration interne sensiblement différentes. Le RNI paraît disposer, à cet égard, d’un avantage comparatif difficile à contester.

Depuis une décennie, Aziz Akhannouch a fait de l’attraction de compétences l’un des axes structurants de son action à la tête du parti de la Colombe, allant chercher, dans le monde de l’entreprise, des profils étrangers aux logiques d’appareil classiques.

Une stratégie longtemps perçue comme une prise de risque, mais dont le résultat saute aujourd’hui aux yeux : le parti aligne pas moins d’une demi-douzaine de personnalités susceptibles de prétendre à la Chefferie de gouvernement, preuve d’une profondeur de banc qui relève moins du hasard que d’un choix délibéré de diversification des profils.

Du côté du PAM, en revanche, l’étroitesse du vivier de candidats potentiels apparaît d’ores et déjà comme une donnée structurante de la séquence, ainsi que peut l’illustrer l’appel en renfort de Fouzi Lekjaa, dont le parcours reste avant tout associé au monde du football et à l’administration budgétaire plutôt qu’à une légitimité électorale ou partisane construite dans la durée.

Un choix qui s’apparente, en creux, à un aveu implicite : celui d’une difficulté persistante à faire émerger, de l’intérieur même de l’appareil, une candidature à la fois naturelle et consensuelle pour le poste.

Le constat n’est guère plus favorable du côté de l’Istiqlal, où le casting potentiel paraît plus resserré encore, et où la logique de sélection semble davantage obéir à des proximités personnelles, voire dynastiques, qu’à une pluralité de trajectoires réellement autonomes.

Une configuration qui interroge, à terme, la capacité du parti de la Balance à présenter une candidature suffisamment rassembleuse pour incarner, le cas échéant, l’ensemble de sa base électorale.

Et si l’on découvrait, alors, parti par parti, la liste potentielle des candidatures…