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La recette de Tanger Med pour braver les intempéries
Les conditions météorologiques récentes ont temporairement affecté le fonctionnement du port. En revanche, une palette de mesures proactives a permis de limiter substantiellement l’impact des intempéries sur l’activité du complexe portuaire. Éclairage.
Les chocs climatiques qui ont frappé le pays, plus particulièrement le Nord-Ouest, à partir de fin janvier, lesquels se sont manifestés durant ce mois de février par des précipitations abondantes, de fortes rafales de vent et plusieurs inondations, avec une facture salée sur les plans économique et social, n’ont pas été sans conséquence sur l’activité portuaire et le transport maritime.
Concrètement, les tempêtes et les fortes houles ont ralenti l’activité de certains ports. À titre illustratif, sous d’autres cieux, des conditions météorologiques dégradées peuvent causer l’allongement des délais d’attente des navires avant leur accostage ainsi qu’un foisonnement des attentes en rade.
Faut-il le rappeler, au moment du pic de la détérioration météorologique au Maroc (placé en vigilance rouge), certaines vagues ont pu atteindre six mètres de hauteur. À l’évidence, cette situation météorologique exécrable a donné du fil à retordre à la sphère maritime et portuaire, aiguillée par le sacro-saint principe de sécurité.
Sur le plan opérationnel, l’entrée d’un navire dans un port, avec des conditions météorologiques extrêmes, constitue à la fois un péril pour les installations, mais aussi un danger pour le personnel navigant.
Face aux multiples enjeux inhérents à la sécurité (installations portuaires, équipages et opérateurs), aux perturbations de l’activité portuaire, du transport maritime et des chaînes logistiques sensibles (hydrocarbures, industriels, produits périssables…), il est intéressant, à plus d’un titre, de savoir comment le premier port à conteneurs du bassin méditerranéen (voir encadré), Tanger Med, a vécu les intempéries qui ont particulièrement touché le nord-ouest du pays.
Autre interrogation cruciale : quelles sont les mesures qui ont été prises au niveau du complexe portuaire afin de limiter au mieux les effets néfastes des conditions climatiques difficiles sur l’activité des différents terminaux (conteneurs, hydrocarbures, marchandises diverses, véhicules, passagers…), ainsi que sur celle des différentes zones d’activité (Medhub, zones industrielles…) ?
Une source autorisée de Tanger Med a confié à La Vie Éco plusieurs éléments de réponse, reflétant la démarche proactive des autorités portuaires.
Des perturbations temporaires
Notre source est formelle : les conditions météorologiques récentes ont temporairement affecté le fonctionnement du port, tous types de navires confondus (conteneurs, vrac, Ro-Ro, passager…).
Toujours, selon notre interlocuteur, à partir du 10 février, les opérations portuaires ont été relancées normalement, dans le respect strict des protocoles de sécurité.
À la question de savoir quelles sont les mesures prises afin de limiter substantiellement les conséquences des intempéries sur l’activité des différents terminaux de Tanger Med, notre source confie en substance : «Des notes d’information sont systématiquement partagées avec les clients du port et des zones industrielles, avant la période de perturbation, pour les informer de la situation et les inviter à prendre les dispositions nécessaires pour les trafics à destination du port».
Dans le même ordre d’idées, Tanger Med s’est doté d’un dispositif de veille renforcé (resté activé), permettant ainsi d’ajuster en temps réel l’activité en fonction de l’évolution des conditions météorologiques.
Mobilisation de navires de renfort
«Afin d’atténuer l’impact de l’épisode météorologique, les rotations maritimes ont été renforcées et des navires de renfort ont été mobilisés pour assurer le transport des marchandises, notamment les camions TIR, et résorber les retards éventuels», explique notre interlocuteur.
Les autorités portuaires ont également mis en place des zones de régulation extraportuaire. L’objectif de cette initiative est clair : absorber en amont les flux de marchandises (conteneurs et camions) en provenance des zones industrielles et à destination du port, afin d’éviter les encombrements dans les voies de circulation.
Il y a lieu de préciser qu’au niveau de Tanger Med, l’ensemble de la communauté portuaire a été pleinement mobilisée (capitainerie, pilotage, remorquage) pour garantir l’accostage des navires dans les meilleures conditions de sécurité et de fluidité.
«Une coordination étroite avec les zones industrielles, les associations professionnelles, les autorités locales et les exportateurs a permis de mieux réguler les flux et d’optimiser l’organisation du trafic. Ainsi, en 48 heures, l’ensemble des flux en attente ont été absorbés par le port», assure notre interlocuteur.
Ceci dit, il est louable de relever (de source officielle) qu’aucune attente en rade n’a été enregistrée au niveau de Tanger Med. Cette prouesse portuaire et maritime est la résultante d’une coordination étroite avec les lignes maritimes et les terminaux portuaires afin d’ajuster la programmation des escales en fonction des intempéries, qui n’ont pas épargné la façade sud de la Méditerranée et les côtes atlantiques du Royaume.
Une hégémonie confirmée en Méditerranée
Les données officielles de l’exercice 2025 corroborent indubitablement la stature de Tanger Med en tant que leader de l’activité du transbordement de conteneurs en Méditerranée occidentale, devant des ports européens réputés (Algésiras, Valence, Pirée..).
Au cours de l’année dernière, le complexe portuaire aux multiples facettes a enregistré au niveau de ses quatre terminaux à conteneurs le traitement de plus de 11,1 millions EVP (Equivalent vingt pieds). Ce qui représente une hausse de 8,4% par rapport à 2024.
Cette performance historique est à relier à la mise en exploitation de la dernière extension du terminal TC4, exploité par APM Terminals, filiale d’A.P. Moller-Maersk, leader mondial du transport maritime par conteneurs, opérant dans 130 pays.
Autres chiffres plus édifiants : Tanger Med a traité, toutes activités confondues, 161 millions de tonnes de marchandises en 2025, soit une évolution substantielle de 13,3% par rapport à 2024.
Concernant la consolidation du rôle stratégique du port pour l’accompagnement et la promotion des exportations nationales, il importe de mentionner que le trafic des camions TIR s’est établi à 535.203 unités en 2025, en hausse de 3,6% par rapport à 2024.
Cette trajectoire haussière a été principalement portée par les expéditions des produits industriels (+4,8%) et des produits agroalimentaires (+4,3%). Pour leur part, les trafics de vracs solide et liquide ont respectivement affiché une baisse de 11% et une hausse de 13% sur un an.
Concernant l’activité passagers, elle a enregistré plus de 3,2 millions de voyageurs et 895.341 voitures en 2025. Ce qui équivaut à une hausse respective de 5,7% et 5% par rapport à l’année 2024.
