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Des performances qui pulvérisent les records

Que ce soit le marché actions, les produits sous-jacents ou les OPCVM investis en taux, le placement dans ces produits a généré une rémunération des plus intéressantes en cette année.

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Avec une croissance économique prévue à 5% et une inflation qui devrait tourner autour de 0,8%, soit un niveau inférieur à l’objectif de stabilité des prix de 2%, les produits financiers auront évolué cette année dans un contexte favorable, qui donne davantage de visibilité et de confiance aux investisseurs, tous types confondus, en fonction de leur horizon de placement.

Dans la continuité de l’exercice précédent, le marché actions a pulvérisé bien des records en 2025, tant en termes de performance annuelle que de capitalisation, de volumes échangés… Le MASI s’est inscrit sur une tendance haussière depuis le début de l’année, ponctuée toutefois de quelques mouvements de prises de bénéfices, qui n’ont altéré en rien son élan.

Au 24 décembre, il a cumulé des gains de 28% après 22% en 2024 et 12% en 2023, mais sans pour autant réussir à dépasser la barre des 20.000 points qu’il avait atteints quelques semaines auparavant.

Fondamentaux économiques en amélioration continue, perspectives favorables, réalisations financières des sociétés cotées intéressantes…, tout plaidait pour un retour en force vers le marché actions. Et pour couronner le tout, trois introductions en Bourse : Vicenne qui a ouvert le bal le 15 juillet avec une levée de 500 MDH, sursouscrite 64 fois, Cash Plus le 8 décembre avec un montant de 750 MDH et SGTM avec 5 MMDH, le 16 décembre, montant demandé 34 fois. Cela, sans parler des autres opérations financières effectuées.

Montée en puissance des particuliers
La particularité de cette année reste la montée en puissance des investisseurs particuliers, dont les interventions sur le marché ont dépassé même 25% du volume global, avec des transactions moyennes quotidiennes de 500 MDH.

En tout cas, ces opérations ont permis à la capitalisation boursière de dépasser les 1.000 MMDH. Et cette dynamique n’est pas près de s’arrêter. D’autres opérations financières sont attendues, qu’elles soient sous forme d’augmentation de capital des sociétés déjà cotées ou des IPO.

Il faut dire aussi que le statu quo décidé par Bank Al-Maghrib a plaidé en faveur du marché actions. Depuis 2024, ce sont trois baisses successives qui ont été opérées sur le taux directeur, passant de 3 à 2,25%.

Ce qui a poussé les taux obligataires à maintenir une tendance stable, voire baissière. «Celle-ci a été confortée, d’une part, par la baisse des exigences de rentabilité des investisseurs dans un contexte de maîtrise de l’inflation et, d’autre part, par une offre du Trésor contenue grâce à une dynamique très positive des recettes fiscales et à l’activation des financements innovants en 2025 à des niveaux record de 35 MMDH» selon Attijari Global Research.

En effet, le Trésor a procédé à ses levées hebdomadaires sur le marché des bons du Trésor, sans événement majeur. Sur un total demandé de 327 MMDH, les adjudications de l’argentier de l’État ont atteint 139 MMDH, soit un taux de satisfaction de 42%, cela sachant que les besoins prévisionnels de chaque mois tournaient autour de 12 MMDH.

D’autant que les indicateurs des finances publiques restent équilibrés, avec des recettes fiscales en augmentation de 15,7% à fin novembre, à 319 MMDH.

Tendance baissière des taux obligataires
Ainsi, sur le marché secondaire, les taux ont observé des baisses autour de 24 points de base depuis le début pour la partie courte de la courbe avec des niveaux allant de 2,28% pour le 13 semaines à 2,33% pour le 52 semaines.

Sur le moyen terme, le 2 ans offre un rendement de 2,42% et le 5 ans de 2,62%, en recul de 22 pbs. À plus long terme, les taux atteignent 2,99% à 3,49% pour le 10 et 20 ans respectivement, en repli de 20 et 29 pbs. L’évolution tant du marché actions que de celui des taux a permis aux OPCVM investis dans chacune de ces catégories d’évoluer dans le même sens.

L’actif net des fonds actions a ainsi gagné 47% depuis le début de l’année, alors que celui des OPCVM monétaires a augmenté de 22%, profitant de l’assouplissement monétaire opéré depuis 2024. De leur côté, les fonds obligataires ont progressé de 68% pour le segment court terme et de 11% pour la maturité longue et moyenne.

Pour un horizon de placement de moyen terme, les OPCVM semblent le placement le plus rentable. D’ailleurs, compte tenu de l’embellie sur ces catégories de placement, les OPCVM ont des positions nettes acheteuses avec un volume net de souscriptions de 5 MMDH.

Toutes les sous-catégories ont connu le même mouvement, mis à part les obligataires de court terme, qui affichent des rachats nets de 550 MDH. En tout cas, l’indice de performance des OPCVM a atteint 27,4% pour les actions, 2,4% pour les monétaires, 2,8% pour les obligations de courte durée et 5% pour celles de plus long terme.

Rendement bas des produits bancaires
Si le rendement de ces produits de placement est au beau fixe, ce n’est pas le cas des produits bancaires. Comme leur rentabilité est indexée sur les taux des bons du Trésor, qui, eux, empruntent une tendance baissière, la rémunération proposée s’effrite un semestre sur l’autre.

Allusion faite aux comptes sur carnet qui rémunèrent l’argent qui y est épargné à 1,91% seulement, au lieu de 2,98% en 2023.
Les prédictions pour la prochaine année devraient s’inscrire dans le même schéma avec des taux stables à baissiers, surtout que BAM a encore une grande marge de manœuvre pour abaisser le taux directeur d’au moins 25 pbs supplémentaires.

Le marché actions, lui, devra enregistrer un nouveau record avec les IPO attendus, mais aussi le retour de confiance ininterrompu des investisseurs, eu égard à l’amélioration des indicateurs économiques.


Le Top 3 en Bourse
En Bourse, plusieurs secteurs se démarquent. À leur tête, celui des biens d’équipement, qui a réalisé une performance de 274%, tirée essentiellement par Stroc Industrie, avec 517%.

Il est suivi par le secteur minier qui a affiché une progression de 103,5%, grâce notamment à Managem et sa filiale SMI dont le cours a progressé de 113% et 85% respectivement. De leur côté, Stokvis (+571%), Fenie Brossette (+288%) et Auto Nejma (+122%) ont porté la performance du secteur de la distribution spécialisée à 96%.

A contrario, deux secteurs n’ont pas réussi à profiter de ce contexte favorable, dont la chimie avec pour seule valeur cotée la SNEP, qui a reculé de 14%, et le secteur des sociétés de placement immobilier qui s’est inscrit en retrait de 5%.