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Archives 1985 : Le sel au Maroc

Il y a 40 ans, le marché du sel est encore dominé par une production artisanale. On dénombre néanmoins plusieurs unités modernes. État du marché et perspectives industrielles.

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Le marché du sel est essentiellement un marché intérieur, soit pour l’alimentation soit pour l’industrie. En 1963, quelque 14.505t sont destinées à l’usage de l’alimentation et 4.914 à l’industrie pour un total de production de 30.756 t.

On enregistre une constante progression de la consommation domestique due au fait que la population consomme de plus en plus de sel blanc, traité, au détriment du sel gemme vendu tel qu’il est en blocs, ainsi que de la consommation industrielle qui passe d’environ 780 tonnes en 1961 à 2.550 tonnes en 1962 et à plus de 3.000 tonnes en 1965.

Compte tenu de l’augmentation de la population et du développement des besoins industriels, on peut estimer les besoins du Maroc en sel à un chiffre moyen de 84.300 tonnes.

La production locale est répartie en trois sources :
a) – Gisement de sel gemme
Localités dans le domaine rifain (Taza et Tissa) et atlasique (Amassine, Tazzert).
Les réserves à vue annulées sont estimées à une centaine de millions de tonnes. Le fonctionnement des mines de Taza et Tissa a subi quelques difficultés depuis 1961, mais il y a actuellement une reprise.

b) – Les marais salants
Les eaux de mer alimentent les nombreux marais salants situés sur les côtes :
– Méditerranéennes (marais salant de Nord)
– Atlantique (Larache, embouchure du Bouregreg, Agadir, El Oualidia, Oued Massa).
Les Marais salants fournissent environ 50% du sel produit par le Maroc. Les salines de Nador (Marchica) 10.000 t/an) alimentent quelques conserveries et l’énergie électrique du Maroc. La saline de Sidi Brahim (El Oualidia, 3 à 5.000 t/an) fournit un sel blanc de première qualité consommé par les boyauderies casablancaises. La saline de Biar et Assara (El Oualidia, 1.000 à 2.000 t/an) fournit un sel de même qualité.

c) – Les sebkhets
Les sebkhets ne sont pas toutes exploitées ni même inventoriées. Une d’entre elles, cependant, est de première importance dans la production salinière nationale, puisqu’on y extrait plus de 30% du tonnage de sel recensé: c’est la sebkha de Zima, plus connue sous le nom de «Lac Zima». Elle a produit ces dernières années 30.000 t de sel par an, mais sa capacité peut atteindre 80.000 t. En résumé, la production totale nationale en sel est estimée à environ 100.000 tonnes. Cette estimation est très approximative, compte tenu de la présence, à côté d’exploitations de conception moderne, d’un grand nombre de petites unités salinières de type artisanal, difficilement contrôlables, et qui, par leur juxtaposition, interviennent pour une large part dans la production globale. Il n’y a pas lieu d’établir un programme précis, étant donné qu’avec la multiplicité et la dispersion des gisements et la facilité d’extraction, l’offre sera en mesure de s’adapter immédiatement à la demande. En outre, la production salinière est caractérisée, d’une part, par son étroite dépendance des conditions naturelles (notamment de la pluviométrie), d’autre part, par le fait qu’elle est due pour une grande part à la juxtaposition d’un grand nombre de petites unités artisanales autonomes d’activité très fluctuante. Il est par conséquent impossible d’établir des prévisions dans ce domaine, Il n’est pas possible en conséquence d’établir des prévisions d’investissement, mais il faut attirer l’attention sur l’organisation de la production. En effet, les marais salants ne sont pas encore entièrement équipés d’une façon moderne, et les gisements de sel gemme exploités sont encore peu nombreux, souvent insuffisamment équipés pour produire les qualités adéquates (sel raffiné), et de ce fait le Maroc devait avoir recours à des importations d’appoint pour suffire à ces besoins, ces importations ont été fortement comprimées en 1964 (1.800 t en 1963, 850 t en 1964).

Pour réduire les importations tout en accroissant la production, il est nécessaire :
– d’intensifier les exploitations des gisements de sel gemme;
– de créer des coopératives salinières groupant les petites salines de type artisanal en vue d’assurer le contrôle et la continuité de leur production;
– d’achever la reconnaissance des gisements de sel gemme et d’envisager l’extraction du sel à partir des sources salées nombreuses au Maroc.

Ces mesures permettraient au pays, entre autres, de faire face à l’avenir aux besoins des futures industries prévues par le plan, notamment les industries chimiques.

CamScanner 14-11-2025 11.28