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Tarik Oualalou, le dessinateur des grands projets

Au cours de ces dernières années, l’architecte rbati, à travers son cabinet Oualalou+Choi, fondé en 2002 avec sa compagne américano-coréenne Linna Choi, signe des œuvres emblématiques et titanesques.

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Diplômé en architecture de l’École nationale supérieure d’architecture Paris Malaquais et du Rhode Island School of Design, Tarik Oualalou a également décroché des diplômes en art et histoire de l’architecture de l’École du Louvre et en ingénierie de l’École nationale des arts et métiers de Paris.

Le fils du dirigeant socialiste, Fathallah Oualalou, est aussi enseignant d’architecture, ayant mené des studios dans plusieurs universités de renommée: Rice University, MIT, American School at Fontainebleau, Rhode Island School of Design, École spéciale d’architecture.

C’est le cas aussi de son épouse et associée, Linna Choi : cette diplômée en architecture de Yale Université et de Harvard University Graduate School of Design est enseignante et critique d’architecture, comme elle est inscrite à l’Ordre des architectes de l’État de New York aux États-Unis.

Individuellement ou en duo, ils ont été récompensés de nombreux prix dans le domaine. Les deux partenaires qui ont fondé l’agence Oualalou+Choi en 2002, dont les bureaux sont basés à Casablanca et Paris, ont signé le Village des Assemblées annuelles FMI-BM (2023) à Marrakech et le pavillon Maroc lors de cet événement ainsi que le Village de la COP22.

Plusieurs infrastructures culturelles portent également leur empreinte, notamment le Centre culturel marocain à Paris, le pavillon Maroc aux expositions internationales Dubaï 2015 et 2020, le Musée du Sahara de Dakhla, ou encore le Musée de Volubilis (2013) qui a valu au duo le «Prix des architectes arabes 2022». Dans leur riche catalogue culturel, on retrouve la rénovation des quatre Caravansérails de la médina, datant du XIVe au XVIIe siècle.

On doit également au fils de l’ancien maire de Rabat et ex-ministre des Finances, Fathallah Oualalou, le pôle urbain de Mazagan, la reconstruction de l’hôtel Lincoln à Casablanca (inscrit au répertoire du patrimoine national), le monastère de Toumliline, ou encore le campus UM6P à Foum El Oued (Laâyoune).

Un grand stade à 5 milliards de dirhams
Le cabinet a aussi décroché ces dernières années des équipements publics aussi emblématiques que titanesques. Dans le lot figure évidemment le Grand Stade Hassan II de Benslimane (5 MMDH), dont la conception lui a été confiée en mars 2023, en groupement avec le cabinet d’architecture anglais Populous, pour un taux honoraire de 5,7%.

Bâti sur un terrain de 100 ha, le complexe, qui sera desservi par la future LGV Kénitra-Marrakech, se caractérise par sa tente monumentale de 250.000 m2, soutenue par 36 mâts, chacun portant une charge équivalente à une tour Eiffel. Un design inspiré du Moussem traditionnel, comme pour ancrer l’identité marocaine dans ce toit majestueux.

«Ce qui nous intéresse, c’est d’explorer des figures très anciennes pour parler de nécessités complètement nouvelles. On se centre dans le passé pour parler du futur, puisque le futur de l’architecture, il n’est plus dans des bâtiments qui sont des carapaces, mais il est dans des bâtiments membranes qui respirent et qui créent un nouveau rapport plus intime avec la nature et les éléments», nous explique Tarik Oualalou.

L’enceinte footballistique pourra accueillir jusqu’à 115.000 spectateurs lors du Mondial 2030, ce qui en fera le plus grand stade de football au monde. Ce sera aussi un espace où l’émotion se conjuguera aux sensations. «Un match de football, ce n’est pas 90 min de jeu. C’est une expérience complète, avant, pendant et après le coup de sifflet final», soutient-il pour expliquer son choix architectural.

«Inventer des choses qui sont profondément marocaines»
Oualalou+Choi concevra aussi la future gare LGV Casa Sud (700 MDH), dont les travaux ont été lancés le 24 septembre dernier par SM le Roi Mohammed VI.

D’une capacité d’accueil annuelle de 12 millions de passagers, le site comportera six quais, dix voies ferrées pour l’accueil des trains à grande vitesse Al Boraq, des trains de grandes lignes, des trains métropolitains de proximité, des trains régionaux et le train «aéro-express» devant desservir l’aéroport Mohammed V au départ de la gare de Casa-Port.

Le secret pour rafler ces grands projets? «Nous construisons des bâtiments qui sont incroyablement spécifiques aux lieux dans lesquels on les fait. On s’inscrit dans une très longue histoire de l’architecture marocaine, donc on fabrique une architecture contemporaine, critique, mais qui n’est pas déconnectée de la grande histoire et de la grande tradition», révèle-t-il.

«On ne veut pas juste recopier des formes et simplement copier des revues, mais essayer d’inventer des choses qui sont profondément marocaines et inscrites dans un discours critique contemporain», insiste l’architecte.

Le projet qui le rend si fier : le Musée de Volubilis, dans les alentours de Meknès. «C’est le premier projet que nous avons conçu et qui a vraiment marqué notre manière de voir le monde et d’approcher ce métier. C’est vraiment un bâtiment incroyablement important pour nous parce qu’il installe notre démarche».

Pour Oualalou, l’architecture, c’est le rapport que l’homme crée entre le sol et le ciel. «Chacun de nos bâtiments parle du sol et crée un rapport au ciel», résume-t-il.