Diplomatie
Sahara : Le réseau consulaire en consolidation permanente
Qu’ils soient d’Afrique, du monde arabe ou des Amériques, ils sont nombreux les pays qui ont ouvert leur consulat général dans les provinces du sud du Royaume. 29 au total sont installées. Deux autres sont sur la voie de la concrétisation.
Pas plus tard que le 29 octobre, le Paraguay, tout en réaffirmant le plein soutien à la souveraineté marocaine sur le Sahara, a annoncé sa décision d’ouvrir prochainement un Consulat général dans les provinces du Sud.
Un pas de plus qui s’inscrit, en fait, dans la continuité du retrait, en 2014, de la reconnaissance de l’entité fantoche par Asunción. Un acte qui vient consacrer la dynamique des installations des représentations diplomatiques au Sahara.
Il vient, aussi, se greffer à la décision, moult fois réitérée, tout récemment, par Washington de disposer d’un consulat au Sahara. En effet, dans quelques mois, ou quelques semaines, on devra assister à un coup de tonnerre.
En effet, Massad Boulos, conseiller pour l’Afrique et le Moyen-Orient du président américain Donald Trump, a confirmé l’intention de l’Administration US d’ouvrir un consulat dans les provinces du sud du Royaume.
C’était lors d’une interview, accordée à la chaîne saoudienne «Asharq» où le responsable américain soulignait que «le projet d’ouverture d’un consulat à Dakhla est maintenu».
Une intention, faut-il le rappeler, qui ne date pas d’hier, mais renvoie à l’annonce faite par le locataire de la Maison-Blanche, le 10 décembre 2020, dans sa «proclamation officielle reconnaissant la souveraineté du Maroc sur ses provinces du Sud».
Quelques jours plus tard, c’est l’ancien Secrétaire d’État américain Mike Pompeo, qui reviendra à la charge en annonçant la mise en place d’un «Poste de présence virtuelle» (PPV), considéré comme «une première étape importante dans le processus de création d’une nouvelle mission diplomatique américaine», pour reprendre les termes énoncés dans un document officiel américain.
Une intention qui sera confirmée, voire confortée, en janvier 2021, par l’ancien ambassadeur américain à Rabat, David T. Fischer, à l’occasion de sa visite à Dakhla. Ses déclarations ont été on ne peut plus claires lorsqu’il disait: «C’est un tel honneur pour moi de visiter cette région du Maroc (…) et d’entamer le processus de mise en place d’une présence diplomatique américaine ici».
Ce qui s’est traduit par l’installation du «consulat virtuel», le PPV, annoncé par le Secrétaire d’État.
Lequel PPV, lit-on dans un document officiel américain, «fournit d’importantes informations sur les services consulaires, les opportunités pour les échanges culturels et les annonces du gouvernement des États-Unis concernant les nouveaux programmes visant à promouvoir les investissements économiques et commerciaux dans la région».
De même, ajoute le document, ce PPV «permet de prendre le temps nécessaire afin de répondre aux exigences réglementaires et de sécurité nécessaires à l’ouverture d’un consulat».
Dynamique irréversible
Or, avec la toute récente annonce du conseiller du président Trump, tout porte à croire que ce processus, minutieusement mené, touche à sa fin. Et ainsi se profile l’ouverture imminente du consulat général américain à Dakhla.
Aux dernières nouvelles, on apprend qu’une délégation consulaire américaine était en visite à Dakhla pour rencontrer les autorités locales et initier, chemin faisant, les premières démarches en vue de l’inauguration officielle de cette représentation diplomatique.
La concrétisation est en marche. C’est dire qu’il s’agit d’un «moment charnière» dans le renforcement du réseau diplomatique international dans les provinces du sud du Royaume, qui ne manquera pas d’entraîner, dans son sillage, d’autres ouvertures ou annonces d’ouverture de représentations diplomatiques étrangères, notamment des nombreux pays et puissances qui, quand ils ne reconnaissent pas encore la souveraineté du Royaume sur ses provinces du Sud, soutiennent son Plan d’autonomie.
Les «hésitants», aussi, pourraient bien emboîter le pas.
Force est de rappeler, par ailleurs, que le processus d’installation des représentations diplomatiques étrangères, que ce soit à Dakhla ou Laâyoune, qui comptent respectivement 17 et 12 consulats généraux, remonte à décembre 2019, avec l’inauguration du premier consulat honoraire de la Côte d’Ivoire à Laâyoune.
La dynamique, irréversible, prendra cette même année un nouvel élan avec l’ouverture du consulat général de l’Union des Comores. D’autres «pays frères et amis» suivront.
Et avec l’inauguration, en août 2024, du consulat général du Tchad à Dakhla, le nombre des États ayant une représentation diplomatique dans les provinces du Sud s’élève dorénavant à 29, dont 22 pays africains (voir infographie).
Des leviers économiques
Outre la dimension diplomatique que revêtent ces consulats, qui appuient l’indiscutable souveraineté marocaine sur ses provinces du Sud, la présence massive des pays de l’Afrique subsaharienne dans les deux villes constitue également et sans conteste des leviers économiques à fort impact.
Notamment en matière de développement des échanges commerciaux, bilatéraux et multilatéraux. Et, à coup sûr, l’Initiative Atlantique du Maroc qui a pour objectif de donner accès aux pays subsahariens enclavés à la façade atlantique s’en ressentira.
Plus encore, cette dynamique ne manquera pas non plus à renforcer l’attractivité des provinces du Sud sur le volet de l’investissement étranger. Sans perdre de vue que ces représentations diplomatiques assurent d’importants services administratifs aux communautés africaines établies dans la région, dont des étudiants subsahariens qui sont de plus en plus nombreux à choisir les provinces du Sud pour y poursuivre leurs études.
En définitive, il s’agit de percées diplomatiques qui sont venues couronner d’inlassables efforts consentis pour asseoir une vision marocaine qui engrange les succès. Qui plus est, cela ne concerne pas que le Maroc, mais participe aussi au développement de toute l’Afrique et dont devront bénéficier les populations africaines.

