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Crédit du Maroc «boost» sa croissance
La banque poursuit sa stratégie de développement lancée l’année dernière. Une transformation visant l’élargissement des partenaires et la diversification des métiers donne des résultats probants, matérialisés par les réalisations au premier semestre de cette année.
Nouvelle gouvernance, investissements soutenus, partenariats ciblés… Crédit du Maroc accélère son rythme de croissance et affirme son ambition de devenir un acteur bancaire de référence à l’horizon 2028, conformément à son plan d’action.
La banque a récemment procédé à une émission obligataire subordonnée d’un montant d’un milliard de dirhams, d’une maturité de 10 ans. Son principal objectif est de renforcer ses fonds propres afin d’accompagner le développement de son activité, notamment en accroissant sa capacité de distribuer les crédits.
Les deux années précédentes, elle a émis, dans le même objectif, un emprunt obligataire subordonné perpétuel avec mécanisme d’absorption de pertes et d’annulation de paiement des coupons d’un montant de 500 MDH.
À fin 2024, l’encours de la dette subordonnée s’élève à 2,4 milliards de dirhams, en hausse de 26,8%. Ces levées lui ont permis de disposer de ratios réglementaires confortables, se traduisant par un ratio de solvabilité de 14,2% et un ratio sur fonds propres de base de 12,7%. La banque est également active sur le marché des titres de créances négociables, avec un encours des certificats de dépôts de plus de 3 milliards de dirhams.
En plus du financement sur le marché interne, la banque diversifie ses sources, pour ainsi servir tous les types de clientèle, à l’instar de l’accord conclu avec l’IFC pour la mise en place d’une ligne de financement de 100 millions de dollars (soit un milliard de dirhams), destinée à promouvoir le financement des PME, de l’entrepreneuriat féminin et des projets verts dans le pays.
Des indicateurs au vert
Ces financements s’inscrivent dans la stratégie de la banque visant à renforcer sa présence dans le tissu économique, spécialement après l’offre de vente au public initiée par Holmarcom Finance Company, en octobre 2024, de 11,3% du capital et des droits de vote de la banque, pour un montant de plus d’un milliard de dirhams. Le flottant de la banque est passé, rappelons-le, de 10,54 à 21,84%.
Un plan de transformation a été déployé depuis, matérialisé par la mise en œuvre d’une stratégie ambitieuse, «CDM Boost 2028». À travers ce plan, la banque prévoit de renforcer les synergies entre les différentes lignes de métiers et les marchés, d’améliorer l’efficacité opérationnelle sur l’ensemble des activités et de garantir une meilleure expérience client.
En termes de réalisations, le top management compte atteindre un bénéfice d’un milliard de dirhams d’ici 2028 et élargir sa base de clients à 900.000. L’effort d’investissement reste soutenu, avec une enveloppe budgétaire au premier semestre de 121 MDH, dont l’essentiel a porté sur le renforcement des performances de la plateforme technologique.
En tout cas, la trajectoire prise par la banque s’est manifestée par des résultats appréciables au terme du premier semestre de cette année. L’encours des crédits s’est élevé à 60 milliards de dirhams, en hausse de 9,3%, au moment où celui des ressources a augmenté de 6% à 58 milliards de dirhams. Ainsi, le PNB s’est établi à 1,8 milliard de dirhams, en croissance de 10,8% par rapport à la même période de l’exercice 2024.
Le résultat d’exploitation, lui, s’est renforcé de 17,2% à 965 MDH, traduisant une baisse de 311 points de base du coefficient d’exploitation à 46%. Enfin, le résultat net part du groupe s’est envolé de 14%, pour atteindre 445 MDH.
Il demeure que la banque capte une part de marché assez faible devant le trio de tête, à savoir Attijariwafa bank, la Banque populaire et Bank of Africa. En effet, elle collecte à peine 4,4% du total des ressources, contre 5% de l’ensemble des crédits distribués.
Une valeur attrayante
En Bourse, la banque attire la faveur des analystes, non seulement pour le virage stratégique qu’elle a amorcé depuis 2022, marqué par la diversification de sa clientèle, mais aussi en raison du potentiel de croissance du secteur bancaire consécutivement au financement en cours et à venir des différents chantiers lancés par le Royaume.
Son cours a enregistré une performance depuis le début de l’année de 8,5% à 1.009 DH et de 26,7% depuis début 2024, avec un plus haut historique enregistré le 18 février, de 1.180 DH. Le titre présente une valorisation intéressante. En effet, le PE se situe autour de 12x et le taux de distribution des dividendes autour de 5%, en 2026.
Ce qui en fait la banque la plus intéressante du secteur. À titre comparatif, le secteur bancaire est valorisé à 13x de PE et 3,5% de dividend yield, alors que la moyenne du marché est de 20,5 x et 2,9%.
Diversification des partenariats et des métiers
Dans le cadre de sa stratégie adoptée visant la diversification des métiers et le renforcement de ses partenaires, le Crédit du Maroc avait scellé un partenariat avec Atlantasanad, pour que cette dernière devienne son partenaire exclusif pour la distribution des produits d’assurance et d’épargne, tout en résiliant son contrat d’exclusivité avec Sanlam Maroc depuis 2016.
Parallèlement, la banque s’est alliée à Finéa pour renforcer leur collaboration en faveur des TPME attributaires de marchés publics au Maroc. En outre, elle a lié un partenariat avec Ynexis Group (ex-Yamed) qui porte sur une prise de participation de 50% de Nema Capital, société de gestion d’OPCI, à hauteur de 50%.
Elle a également lancé son établissement de paiement, CDM Pay, après l’obtention de l’autorisation de Bank Al-Maghrib.
