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Tourisme interne : Une dynamique positive à consolider

Après avoir enregistré une légère baisse en 2024, le nombre de nuitées des touristes nationaux a bondi de 4% à fin mai. Une dynamique positive pour cette niche sous-exploitée, qui pourrait être consolidée à travers des mesures spécifiques. Explications.

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Chaque été, c’est la même rengaine. De nombreux Marocains, désireux de passer leurs vacances dans le pays, dénoncent les prix exorbitants des établissements hôteliers. Une cherté qui les pousse souvent à explorer d’autres destinations jugées plus abordables.

En couple, famille ou entre amis, bon nombre d’entre eux déposent leurs valises en Égypte, Espagne, Portugal ou, de moins en moins, en Turquie.

En recul depuis la pandémie de Covid-19 où il avait atteint des records, sous l’effet du confinement, le tourisme interne a repris du poil de la bête en 2024. Au total, 8,5 millions de nuitées ont été enregistrées dans les hôtels classés, soit 30% du total des nuitées comptabilisées dans le Royaume, selon le ministère du Tourisme.

Hausse de 4% des nuitées de touristes nationaux à fin mai
Une embellie qui semble se poursuivre puisqu’à fin mai 2025, l’Observatoire du Tourisme a dénombré plus de 11,88 millions de nuitées dans les établissements classés, en hausse annuelle de 14%. Une performance tirée par l’augmentation de 4% des séjours des touristes nationaux et de 17% des visiteurs étrangers.

Suffisant pour confirmer une reprise de cette niche sous-exploitée ? «C’est une amélioration par rapport à 2024, année durant laquelle les nuitées des touristes étrangers avaient augmenté de 18%, alors que celles des touristes nationaux avaient régressé de 0,4%», explique Zoubir Bouhoute, expert et consultant en tourisme.

Dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, très prisée grâce à ses belles plages, cette reprise est bien ressentie. «Nous constatons un afflux important de touristes nationaux dans notre région en cette saison estivale.

La destination séduit de plus en plus de Marocains en quête de fraîcheur, de détente et d’authenticité», nous affirme Rkia Alaoui, présidente du Conseil régional du tourisme de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. Les hébergements les plus prisés restent les hôtels-clubs, les résidences balnéaires, les maisons d’hôtes.

Des tarifs de location élevés dans l’informel
En dépit de l’amélioration notée à fin mai et cette dynamique positive observée au Nord, force est de constater que de nombreux Marocains de la classe moyenne préfèrent se détendre à l’étranger, particulièrement durant cette saison estivale où les prix des hébergements hôteliers montent en flèche.

«Cette période est caractérisée par une grande demande, un faible pouvoir d’achat des touristes locaux et une faible capacité d’hébergement. Les prix augmentent sous l’effet du déséquilibre entre l’offre et la demande», reconnaît Bouhoute.

Découragés par ces tarifs prohibitifs, des touristes locaux optent pour les appart’hôtels, maison d’hôtes ou autres appartements classiques. Sauf que là aussi, les tarifs décollent, d’après une petite simulation que nous avons réalisée sur deux plateformes de réservation.

Sur Airbnb, les prix de location d’appartement à Tétouan pour un couple avec deux enfants varient en moyenne entre 7.000 dirhams et 16.000 dirhams pour 22 nuitées. Pour un séjour de la même durée à Martil, il faut débourser entre 7.000 et 10.000 dirhams.

Quant aux offres sur Tripadvisor, elles débutent à partir de 3.360 dirhams la semaine pour un hébergement à Tétouan. Des prix qui diffèrent en fonction du nombre de lits et de la superficie des appartements.

Hébergements dédiés aux touristes nationaux
Contactés par nos soins, des courtiers exerçant dans la région confirment cette tendance haussière. «Nous proposons actuellement des appart’hôtels entre 700 et 800 DH la nuitée à Cabo Negro.

Auparavant, les tarifs avoisinaient les 600 DH la nuitée, aujourd’hui ils augmentent sous l’effet de l’inflation, sachant qu’on touche des commissions de 100 à 300 dirhams», confie un réceptionniste, qui pratique ce métier depuis 20 ans.

Deux autres courtiers, basés à Martil, nous proposent deux appartements de trois chambres à 750 et 1.000 DH la nuitée. L’un d’entre eux loue également des appartements de deux chambres entre 600 et 800 DH en juillet et à partir de 1.100 DH en août. Pour ceux avec piscine, le tarif débute à partir de 1.300 DH.

«Nous pratiquons des prix spéciaux au mois d’août. Les tarifs varient en fonction de la proximité des appartements avec la corniche», confie-t-il. À Agadir, un courtier nous indique avoir loué tous ses appartements à deux chambres et qu’il ne lui restait juste qu’un duplex à 750DH la nuitée et un studio à 500 DH pour la période fin juillet mi-août.

D’après Bouhoute, pour casser les prix et stimuler le tourisme interne, la solution est simple : il faut mettre en place des produits touristiques et des hébergements spécifiquement dédiés aux touristes nationaux qui, selon lui, ont un pouvoir d’achat six fois inférieur à celui des visiteurs européens.

Et cela passe impérativement par l’augmentation de la capacité litière. «Nous avons quelque 320.000 lits, presque les trois quarts de la station balnéaire d’Antalya en Turquie», compare l’expert.