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Les participatives ont le vent en poupe

Les banques participatives ont, depuis leur lancement, affiché un dynamisme ininterrompu, comme l’atteste la hausse continue des indicateurs de leur activité commerciale. Les bénéfices, eux, sont au rendez-vous.

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L’on se souviendra de 2024 comme étant la première année où les banques participatives ont dégagé des bénéfices au premier semestre. D’abord, du côté de l’activité commerciale, les banques poursuivent leur dynamisme. En effet, à fin juin 2024, elles ont généré un produit net bancaire global de 468 millions de dirhams, en hausse de 20,5% par rapport à la même période de l’année précédente.

Le trio de tête, à savoir Umnia Bank, Bank Assafa et Bank Al Yousr raflent près de 65% de parts de marché. Cela dit, près du tiers du PNB est réalisé par la filiale du CIH avec 127 MDH. Elle est suivie par Bank Assafa avec 94 MDH, soit une part de marché de 20%, et de Bank Al Yousr avec 82 MDH, s’adjugeant un poids de 17%.

Alors que seule Al Akhdar Bank était sortie du rouge en 2023, toutes les autres lui ont emboîté le pas le semestre suivant. Ainsi, après un déficit de 13,5 MDH à fin juin 2023, Umnia Bank a réalisé un bénéfice de près de 4 MDH, à la même période, l’année suivante. Pareil pour Bank Assafa, dont le résultat est passé de -12 MDH à 90.000 DH.

C’est le cas également pour Bank Al Yousr qui a migré vers le vert avec un résultat de 2,8 MDH contre un déficit de 5,1 MDH une année auparavant. Les autres, ayant la forme de fenêtres participatives, ont déjà été bénéficiaires et s’y sont maintenues, tout en poursuivant l’amélioration de leurs résultats nets.

Ainsi, la banque Dar Al Amane, filiale de la SGMA, a affiché un résultat de 22,3 MDH, en croissance de 26%, Arreda, filiale du CAM, a totalisé 11,1 MDH, en progression de 2,8%, et Najmah, filiale de BMCI, a réalisé un bénéfice de 4 MDH, en hausse de 29%.

Dans ce secteur, Bank Al Karam (ex-BTI), reste toujours dans le rouge avec un déficit de 20 MDH. Ce qui n’a pas empêché tout le secteur bancaire participatif de sortir du territoire déficitaire pour réaliser un résultat net global de 30,6 MDH, au lieu de -10,4 MDH au terme des six premiers mois de l’année 2023.

Les perspectives de développement du secteur restent toujours prometteuses, comme l’atteste l’évolution continue des financements et des dépôts. Le financement Mourabaha a atteint, à fin novembre 2024, 33,4 milliards de dirhams, en hausse de 19,4% en comparaison avec la même période de 2023.

Plus de 82% de cet encours est constitué de la Mourabaha immobilière, au moment où le financement participatif à la consommation ne totalise que 1,7 milliard et celui à l’équipement 3,6 milliards de dirhams.

En face, l’encours des dépôts a atteint 15,3 milliards de dirhams, en croissance de 27%. Cet encours représente à peine 45% des financements. C’est dire que ces banques n’ont toujours pas réussi à développer leur capacité à mobiliser les dépôts. Il faut dire aussi que la plupart d’entre elles comptent essentiellement des particuliers parmi les déposants.

Autrement dit, la clientèle des professionnels et des entreprises n’y est que faiblement représentée. Ce qui pose toujours le problème du refinancement des banques, qui recourent toujours à la Wakala bil Istithmar comme moyen de refinancement par excellence, pour un encours de 9,7 milliards de dirhams, et aux dépôts d’investissement qui ont atteint 3,6 milliards de dirhams.

Il faut noter à ce stade que Bank Al Yousr a bien développé le segment des entreprises. L’encours des financements à l’équipement a atteint 2,4 milliards de dirhams. Il est même ex aequo avec celui destiné au financement de l’immobilier.

Cependant, une bouffée d’oxygène serait apportée à la trésorerie de ces banques, avec le lancement de la 2e émission de sukuks, comme prévu dans la Loi de finances de cette année. Rappelons que la première émission d’un montant d’un milliard de dirhams et d’une durée de cinq années est arrivée à échéance en 2023.

En tout cas, Bank Al-Maghrib s’attèle à un diagnostic et une analyse globale du secteur des banques participatives, en partenariat avec la BID (Banque islamique de développement). Le but est d’analyser les freins à la croissance de ce secteur et proposer des solutions adaptées au contexte national.

Parmi les défis identifiés figurent notamment les contraintes liées à la collecte des dépôts, la diversification des ressources des banques participatives, ainsi que la gestion de la liquidité.


Des efforts à fournir encore
Les banques participatives recèlent un potentiel de développement important. Encore faut-il que tout l’écosystème soit disponible.

Allusion faite à un marché monétaire et interbancaire participatif, à la capacité des banques à émettre des sukuks, à la disponibilité de différents produits d’investissement et de financement à même de répondre à tout type de besoins de la clientèle.

Il s’agit aussi de mettre en place un indice boursier Sharia compliant pour donner davantage
de visibilité au secteur.

Les banques, de leur côté, ne doivent pas lésiner sur les moyens pour s’adresser à une clientèle autre que les particuliers et pour assurer une couverture territoriale assez vaste.