Au Royaume
Politique : Élections, gouvernement et recensement
Rétrospective des moments clés illustrant les avancées de la politique gouvernementale 2024 : Le fait marquant sans conteste aura été la nomination, en octobre, du gouvernement Akhannouch II. Soit quelques mois après le bilan mi-mandat. Un bilan qui viendra consolider « la légitimité des urnes » par « la légitimité des réalisations ». Et en novembre, on apprendra que nous sommes 36,8 millions sous le ciel marocain.
19 MARS
Armement : Stratégique et à la pointe de la technologie
Le département d’État américain a approuvé un contrat d’armement avec le Maroc portant sur 612 missiles Javelin (anti-char) et 200 unités de lancement de commandement légères (LWCLU).
«Cette vente proposée soutiendra la politique étrangère et la sécurité nationale des États-Unis en contribuant à améliorer la sécurité d’un allié majeur non membre de l’OTAN qui continue d’être une force importante pour la stabilité politique et le progrès économique en Afrique du Nord», est-il précisé auprès de l’Administration américaine.
Ce contrat permettra également d’améliorer la capacité de défense à long terme du Maroc pour défendre sa souveraineté et son intégrité territoriale et pour répondre à ses besoins de défense nationale. Quelques mois plus tard, en juillet, le groupe industriel Lockheed Martin avait annoncé avoir commencé à produire pour le Maroc des missiles balistiques tactiques ATACMS, destinés à armer les lanceurs HIMARS.
Le Maroc avait passé une commande, l’année dernière, de 18 HIMARS cités, 40 systèmes de missiles tactiques M57 (ATACMS), 36 M31A2 systèmes GMLRS et 36 ogives alternatives M30A2, entre autres équipements. En septembre, le gouvernement américain a approuvé la vente de 40 missiles guidés AGM-154C JSOW au Maroc.
Cette opération vise à moderniser les capacités de défense du Royaume, en en faisant l’un des rares pays à disposer d’une capacité dissuasive aussi moderne et disruptive. Les HIMARS tout comme les JSOW, dont seule une poignée de pays sont dotés, sont considérés comme des «game changer».
Un détail, les missiles Javelin équipent les hélicoptères de combat Apache AH-64E V6, dont le Maroc a commandé 24 unités en 2020 et qu’il s’apprête à intégrer dans son arsenal.
23 AVRIL
L’épopée électorale se poursuit
Des élections partielles ont eu lieu à Fès-Sud pour occuper le siège déclaré vacant après que la Cour constitutionnelle eut déchu son titulaire, un député socialiste.
L’élection a été remportée à l’écrasante majorité des votes par le RNI, qui, jusque-là et bien après, a remporté tous les scrutins partiels auxquels il a participé, depuis les législatives du 8 septembre 2021. Trois ans après ces élections, la popularité du RNI, chef de file de la majorité, est toujours intacte.
C’est le premier enseignement à retirer de ce vote. Ensuite, ce nouveau test électoral parmi toute une série a confirmé, encore une fois, la solidité et la cohésion de la coalition gouvernementale. Les trois partis s’étant toujours entendus pour ne pas se faire marcher sur les pieds.
C’est toujours l’une des trois formations qui présente son candidat, les deux autres lui apportent leur soutien inconditionnel. Le troisième enseignement, c’est que ce scrutin signe le déclin définitif du PJD au terme de deux mandats au gouvernement.
Sa défaite est d’autant plus frappante que son secrétaire général a pesé, personnellement, de tout son poids pour soutenir le candidat du parti pour qu’au final ce dernier ne recueille que trois fois moins de voix que le vainqueur, le candidat du RNI. Le 12 septembre, ce sera le coup de grâce, à Rabat cette fois et dans la «circonscription de la mort» (l’Océan).
Là où se trouve le domicile du secrétaire général du PJD, le siège de sa matrice idéologique, le MUR, et celui de ses nombreuses organisations parallèles. Le RNI rafle la mise avec un score sans appel avoisinant les 49% des voix, soit pratiquement quatre fois plus que le candidat du PJD.
24 AVRIL
Bilan de mi-mandat, la «légitimité des réalisations»
Les réalisations du gouvernement à mi-mandat ont dépassé toutes les prévisions et attentes. Devant les deux Chambres du Parlement, le chef de l’Exécutif en a apporté la preuve, chiffres à l’appui.
Consécration des fondements de l’État social, réforme de l’enseignement, amélioration du pouvoir d’achat, dialogue social, dynamisation de l’économie nationale et création d’emplois, gestion de la rareté de l’eau et des catastrophes naturelles, développement du monde rural, réforme politique et des droits de l’Homme, gouvernance administrative…
Entrente mois, les réalisations sont exceptionnelles, sachant que le gouvernement a été investi dans un contexte économique difficile sous différentes pressions internationales de diverses natures, sanitaires, économiques et climatiques. Malgré cela, dans le secteur de la santé, le changement était déjà perceptible pour le simple citoyen : le nombre de lits est passé par exemple de 854 à 1.380.
Avant sa généralisation, plus du tiers des citoyens n’étaient pas couverts par une assurance maladie. Le budget du ministère de la Santé a été augmenté de 35% par rapport à 2021. Celui de l’Éducation nationale a connu une hausse de 15%. Un exemple parmi d’autres.
En même temps, il fallait faire face à la pression inflationniste, avec des aides ciblées et des augmentations des salaires, et entreprendre de déployer le programme des aides sociales directes, en décembre 2023, avec ce que cela suppose comme effort budgétaire. Ce faisant, l’Exécutif a réussi la prouesse, qu’aucun gouvernement n’a pu atteindre par le passé, de ne toucher à aucun centime du budget d’investissement. Au contraire, cette ligne budgétaire a même été revue à la hausse.
23 OCTOBRE
Le gouvernement Akhannouch II entre en scène
Vendredi 18 octobre, Chakib Benmoussa, jusque-là ministre de l’Éducation nationale, du préscolaire et des sports, est nommé par le Roi Haut-commissaire au plan. Une nomination annonciatrice d’un remaniement ministériel imminent. La confirmation tombe cinq jours plus tard.
En effet, mercredi 23 octobre, le Souverain nomme le gouvernement AkhannouchII. Huit ministres s’en vont, huit les remplacent, dans la parité entre les partis composant la majorité. Dans la foulée, six secrétaires d’État font leur entrée dans la composition gouvernementale.
Tout se passe dans la fluidité sur fond de cohérence, éprouvée, dont se distingue la coalition gouvernementale, mue par la volonté d’insuffler une dynamique lancée au cours de la première moitié du mandat. Mais pas que. En effet, au-delà des noms, c’était aussi l’occasion de donner des signaux, en en appelant à du renfort politique avec des profils aguerris.
Pour Aziz Akhannouch, outre la détermination d’élever la cadence de l’action de l’Exécutif avec un rythme plus soutenu, le choix des profils est aussi porteur d’un message politique, notamment à l’endroit des jeunes avec l’arrivée de Lahcen Essaadi, des Marocains du monde avec l‘option Karim Zidane et du monde des affaires avec la nomination de Mohamed Saad Berrada.
7 NOVEMBRE
36,8 millions de Marocains recensés
Les premiers résultats du Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) sont publiés. La population légale du Maroc s’élève à 36,8 millions d’habitants, ce qui représente un taux de croissance annuel moyen de 0,85%, nettement inférieur à celui enregistré entre 2004 et 2014 qui était de 1,25%.
Pour sa part, le nombre de ménages a atteint 9,2 millions, en progression moyenne annuelle de 2,4%. Les données détaillées révélées le 17 décembre indiquent une réduction de la taille moyenne des ménages, exprimée par le nombre de personnes moyen par ménage, à 3,9 en 2024 contre 4,6 personnes en 2014, et une baisse de la fécondité, puisque le nombre moyen d’enfants par femme est passé de 2,2 à 1,97, se plaçant ainsi à un niveau inférieur au seuil de remplacement des générations, qui est de 2,1 enfants par femme.
Le recensement dévoile aussi une tendance à l’inversion de la pyramide des âges et une accélération du vieillissement. En ce sens, la part des jeunes de moins de 15 ans a diminué de 28,2% à 26,5 et celle en âge d’activité (15 à 59 ans) de 62,4% en 2014 à 59,7% en 2024.
En revanche, la proportion des personnes âgées de 50 et plus a augmenté, passant de 9,4% à 13,8%. Parallèlement, les conditions d’habitation ont également connu une transformation. L’orientation est vers des logements d’une à deux pièces et aussi vers le rajeunissement du parc de logements.
