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Evénement

Gouvernement Akhannouch II, la continuité dans l’action

Quatorze nouveaux profils viennent de renforcer l’équipe aux commandes. Dans certains départements, un nouveau souffle était nécessaire pour relancer la machine, d’autres ont été enrichis par l’arrivée de secrétaires d’État, qui sont au nombre de six.

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Le Souverain a reçu, mercredi 23 octobre 2024, au Palais royal de Rabat, le Chef de gouvernement et les membres de l’Exécutif dans sa nouvelle mouture après restructuration de l’architecture gouvernementale.

Le gouvernement Akhannouch II est né. Il devait tenir, selon l’agenda annoncé le même jour par le Secrétariat général, sa première réunion le lendemain, jeudi. «Le gouvernement de l’action», une réputation que l’équipe Akhannouch s’est faite et tient à pérenniser. Il faut dire aussi que l’agenda est très chargé. Nadia Fettah devrait revenir au Parlement pour présenter, cette fois en commission, le PLF 2025.

En parallèle, selon l’agenda de la première Chambre, Younes Sekkouri, maintenu lui aussi au poste, devrait retrouver les membres de la Commission des secteurs sociaux pour l’examen détaillé du projet de loi organique relative à la grève. La routine, en somme.
Sauf peut-être pour les nouveaux ministres, ministres délégués et secrétaires d’État, qui sont au nombre de 14, qui viennent de rejoindre l’équipe. Il s’agit de six ministres, deux ministres délégués et six secrétaires d’État.

Voilà pour les statistiques. Pour la forme, c’est un gouvernement un peu plus éclaté à l’image de certains gros ministères dont des départements ont été confiés à des secrétaires d’État. L’intégration de ces derniers avait été annoncée le jour de nomination du premier gouvernement Akhannouch. La nature, l’importance et la complexité des chantiers qu’il s’apprêtait à lancer exigeaient sans doute une équipe resserrée et réduite.

Une composition qui a manifestement aidé dans le processus de prise de décision, dont le circuit a été réduit, et donc dans la célérité du lancement de programmes et réformes. Aujourd’hui, nous sommes dans une nouvelle phase.

Celle du déploiement, déjà bien avancé pour certains, de ces politiques, réformes, stratégies et programmes engagés. Ainsi, on peut avancer sans hésitation que la réforme de l’Éducation nationale ne sera nullement affectée par le changement à la tête du ministère. Encore moins celle de la Santé ou celle de l’Enseignement supérieur. Dans les trois cas, le chantier a été lancé et la réforme est déjà sur les rails.

D’autant que c’est désormais les AREF, dans le cas de l’Éducation nationale, les universités, pour l’enseignement supérieur, et les Groupements sanitaires territoriaux pour la Santé qui se chargent de poursuivre le travail, dans le cadre du processus en cours de la déconcentration administrative déjà bien avancé. Évidemment, la mission des ministres reste essentielle.

Cela d’autant que Mohamed Saad Berrada, à la tête de l’Éducation nationale, un industriel ayant évolué dans le privé, est ingénieur des Ponts et Chaussées et lauréat de la Sorbonne. Pour les deux autres départements, la nomination de deux nouveaux ministres, Amine Tahraoui pour la Santé et la protection sociale et Azzedine El Midaoui pour l’Enseignement supérieur, la recherche scientifique et l’innovation, est de nature à mettre fin à la crise des étudiants de médecine qui dure depuis près d’une année. En tout cas, c’est la première mission qui exige toute l’attention des deux nouveaux ministres.

Un nouveau souffle
La nomination d’Ahmed Bouari à l’Agriculture, la pêche maritime, le développement rural et les eaux et forêts mérite une attention particulière. Elle renseigne sur le changement de paradigme dans le secteur.

Largement affectée par six années de sécheresse, l’Agriculture est en train de connaître un changement majeur imposé par le stress hydrique et le changement climatique. L’arrivée à la tête du ministère de ce directeur central, ingénieur en génie rural, qui chapeautait jusque-là, et depuis 2013, la Direction de l’irrigation et de l’aménagement de l’espace agricole, répond justement à ce changement.

Le Maroc a lancé le chantier de construction de dizaines de barrages et de stations de dessalement, ce qui implique l’aménagement de nouveaux espaces agricoles, y compris des périmètres irrigués créés dans le sillage des unités de dessalement. Si la Stratégie globale de l’agriculture, le PMV puis Génération Green ont été mis sur pied par ses prédécesseurs, l’actuel Chef de gouvernement et l’ancien secrétaire général devenu ministre, c’est à lui que reviendra la tâche de l’affiner en tenant en compte les nouvelles contraintes. C’est peut-être aussi le moment de passer d’une vision «macro» du secteur à une gestion plus «terre-à-terre». De toutes les manières, le nouveau ministre devra travailler en tandem avec une autre technicienne dans son domaine, Zakia Driouch, qui vient d’être nommée secrétaire d’État après avoir été pendant 20 ans secrétaire générale et dont le nom est associé au Plan Halieutis.
Parmi les nouveaux venus dans l’équipe Akhannouch II, Amal El Fallah Seghrouchni, nommée ministre déléguée, chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration. Elle n’est plus à présenter. Son nom est associé à l’IA au Maroc.

Experte mondiale dans le domaine, elle présidait jusque-là le Centre international d’intelligence artificielle du Maroc, appelé « AI Movement » , au sein de l’UM6P. Sa prise de fonction coïncide, à quelques semaines près, avec le lancement de la stratégie Maroc Digital 2030. Un tournant décisif dont les deux piliers sont l’accélération de l’e-gov et le développement de l’économie numérique, avec de l’IA, du big data et du cloud en trame de fond.

On peut en dire autant de Karim Zidane qui hérite du poste de ministre délégué, chargé de l’Investissement, de la convergence et de l’évaluation des politiques publiques. Ingénieur en mécanique, ce MRE qui a fait toute sa carrière dans le monde de l’automobile avant de se reconvertir dans le conseil en matière d’investissement, aura la charge de poursuivre le déploiement de la Charte de l’investissement et la promotion de «Morocco Now». Cela à un moment où, justement, le Royaume est en train de devenir une plateforme mondiale, la première en Afrique, de l’industrie automobile et que le secteur attire une grande partie des IDE.
Naima Ben Yahia, qui rejoint également l’équipe Akhannouch en tant que ministre de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille, ne va certainement pas évoluer en terrain inconnu. Juriste de formation, elle est spécialiste dans les questions du genre et des politiques publiques, surtout dans le volet lié à la femme. Les autres nouveaux membres ne déméritent sans doute pas.

Toujours est-il que le remaniement du gouvernement Akhannouch, contrairement à ses prédécesseurs, intervient dans un cadre de stabilité gouvernementale et de la coalition qui le dirige. C’est aussi un gouvernement un peu plus «politique», mais tout en gardant la même colonne vertébrale. Certes, des considérations partisanes ont sans doute été derrière le choix de certains profils, mais dans l’ensemble, l’équipe reste cohérente et solidaire et surtout prompte à entrer en action et poursuivre les chantiers ouverts.