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Dessalement. Comment la région de Souss-Massa renforce ses ressources en eau

Avancement du projet d’extension de la station de Chtouka, investissements prévus dans des stations monoblocs de dessalement, amélioration des rendements des réseaux d’alimentation…, la bataille de l’eau est livrée sur tous les fronts. Près de 3 MMDH d’investissements au programme.

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La station de dessalement de l’eau de Chtouka Aït Baha est salvatrice pour le Souss-Massa. Sans ce projet d’envergure destiné à la fois à la production d’eau potable et d’irrigation agricole, la région n’aurait pu étancher sa soif. Mieux encore, elle a permis de maintenir l’activité économique du périmètre de Chtouka où elle est située. Pour rappel, cette zone génère plus de 85% d’exportation de primeurs, dont plus de 97% d’exportation de tomates. L’usine de dessalement a ainsi permis de sauvegarder des investissements en milliards de dirhams, des milliers d’emplois, 20 millions de journées de travail par an et une valeur ajoutée de plus de 9 milliards de dirhams. Sur le plan environnemental, l’apport à travers l’unité de dessalement est de 70 millions de m3 injectés annuellement dans la nappe de Chtouka.
Aujourd’hui, l’extension de cette unité est déjà programmée. D’une capacité initiale de 275.000 m3/j dont 150.000 m3/j pour l’eau potable et 125.000 m3/j pour l’irrigation, il est prévu de porter ce volume à 400.000 m3/j, réparti à égalité entre eau potable et irrigation. Le coût de cette extension est d’environ un milliard de dirhams. Et sa mise en service, prévue en 2026, devrait profiter à quelque 1.500 exploitations au niveau de la région de Chtouka pour répondre aux besoins de quelque 1.100 ha.

Surmonter le déficit des réserves
Actuellement, la station de Chtouka couvre 70% des besoins en eau potable du Grand Agadir avec un débit de 1.736 l/s. Le reste est couvert par les barrages Moulay Abdallah et Abdelmoumen à hauteur de 10% (à travers 200 l/s) et par les eaux souterraines à hauteur de 20%. Le plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau (PDAIRE) du Souss-Massa estime les demandes en eau potable et industrielle ainsi qu’en eau agricole respectivement à 108 et 918 Mm3 /an. Les études réalisées ont établi que «même en mobilisant la quasi-totalité des apports en eau de surface, les besoins en eau ne pourront être satisfaits, à l’horizon 2050, qu’au prix du recours à la mobilisation des eaux non conventionnelles, notamment le dessalement d’eau de mer et la réutilisation des eaux usées épurées».
Ainsi, les actions phares actées au niveau du PDAIRE s’articulent autour de la construction de nouvelles stations de dessalement dans le Souss-Massa. Dans le cadre de cette stratégie, il est également prévu l’acquisition de stations monoblocs de dessalement d’eau de mer pour desservir le nord d’Agadir ainsi que d’autres localités du Souss-Massa.
Parallèlement à ces projets, il est question aussi d’investir dans la construction de nouveaux barrages et dans l’amélioration des rendements des réseaux d’alimentation en eau potable et industrielle. Dans ce programme d’actions et de projets proposés par le PDAIRE, ce sont près de 3 milliards de dirhams qui seront investis au total, et ce, pour dégager une offre en eau de 1.168 Mm3/an en 2050, contre 840 Mm3/an actuellement. Objectif : surmonter le déficit des réserves non renouvelables des nappes et atteindre un équilibre entre offre et demande.