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Bourse: Stop ou encore ? Quelles tendances pour le Masi
Après une phase de forte hausse, puis une autre de consolidation, l’indice phare de la Bourse de Casablanca se cherche un nouvel élan. Entre contexte propice pour les actions et valorisations élevées, trois scénarios sont sur la table. Analyse.
Depuis la fin de l’année 2023, le marché actions est porté par une forte dynamique d’achat pour l’ensemble des valeurs de la cote casablancaise, les investisseurs anticipant les impacts positifs d’une série d’évènements, dont l’organisation de la CAN 2025, de la Coupe du monde en 2030, mais aussi le programme d’aide au logement. La hausse du Masi est par ailleurs toujours alimentée par la détente des taux sur le marché secondaire des bons du Trésor.
Cependant, depuis février, une phase de consolidation est constatée, s’étendant sur les mois de mars et d’avril. La baisse a toutefois été légère, bien que plusieurs grandes capitalisations aient connu des corrections attribuables à des mouvements de prise de bénéfices (par anticipation aux annonces de résultats et de dividendes), comme souligné par Valoris Securities dans une note analytique sur le marché boursier. Au plus fort de la phase de consolidation, qui a coïncidé avec la période de publication des résultats annuels, le Masi n’a ainsi perdu que 126,92 points entre le 28 février 2024 et le 1er avril 2024, oscillant entre 13.134,04 et 13.007,12 pts. Selon le broker, cette phase de consolidation s’est accompagnée d’un changement au niveau de l’orientation des investisseurs qui a influencé le marché : les mid-caps et les sociétés immobilières ont pris le relais des grandes capitalisations.
Cependant, après des attentes quant à une reprise de la hausse du Masi après le mois d’avril, dynamisée essentiellement par les grandes capitalisations, la réalité du marché semble proposer un schéma plutôt différent. «En examinant les contributions au MASI au cours des deux premières semaines d’avril, nous notons que la prédominance des mid-caps et des small-caps se maintient, avec une réapparition progressive des grosses capitalisations (hormis les bancaires) en tant que vecteur de croissance de l’indice», analyse Valoris Securities.
Trois scénarios se dessinent
Et maintenant ? Quelles tendances suivra le marché actions après cette phase de consolidation ? Un nouveau départ se dessine-t-il ? Pour répondre à ces interrogations, le broker a élaboré trois scénarios.
Le premier est le moins optimiste. Il anticipe une prise de bénéfice au niveau actuel du Masi, dont les niveaux de valorisation sont importants. Le marché cote en effet à un P/E (ratio cours sur bénéfices) 2023 supérieur à 20 fois les bénéficies, et un PE 2024 estimé à plus de 18 fois les bénéfices. Une situation qui pourrait, d’après Valoris Securities, inciter certains opérateurs «à craindre la limitation du potentiel de croissance encore disponible» pour le marché actions au niveau actuel de prix, privilégiant une politique de «wait and see», dans l’attente d’opportunités à bon prix.
Un comportement qui pourrait, du reste, être renforcé par la hausse rapide récente des valorisations sur une période très courte, notamment pour le secteur de l’immobilier, ce qui devrait ouvrir la voie à des séries de corrections ainsi qu’à de la volatilité durant les semaines à venir.
Un deuxième scénario, plutôt optimiste, élaboré par la société de Bourse, table sur une poursuite de l’accélération du Masi après la phase de consolidation des deux derniers mois, aussi bien au niveau des grandes capitalisations que des mid et small-caps. Cette hausse, qui demeure hypothétique, pourrait bénéficier d’un renforcement du sentiment d’optimisme en lien avec la conjoncture. Il s’agit notamment de l’évolution de l’inflation et du taux directeur, ainsi que des perspectives économiques, telles que l’amélioration et le redressement anticipé de la composante agricole du PIB, le renforcement des investissements directs étrangers (IDE), ou encore la croissance continue des recettes des Marocains résidant à l’étranger (MRE)… Autant de facteurs susceptibles de nourrir la hausse de l’indice casablancais.
Dans un troisième scénario, le marché pourrait profiter d’une stratégie d’arbitrage entre grandes et moyennes capitalisations, après la récente forte hausse sur une courte durée. Une rotation entre secteurs pourrait ainsi survenir, suivie par un renforcement des actions à potentiel de croissance. Une configuration qui favoriserait particulièrement les secteurs qui devraient bénéficier le plus de l’élan de croissance économique entre 2025 et 2030, ainsi que les actions en phase de reprise (comme Alliances ou Risma par exemple) dont la valorisation actuelle ne reflète pas l’ensemble du potentiel dont jouissent les valeurs.
Dans son analyse, le broker opte pour ce dernier scénario, qui prend en compte à la fois le contexte favorable au marché boursier et sa relative cherté. En effet, pour Valoris, «l’évolution du marché devrait être encore propice aux investissements en actions», en raison essentiellement de la poursuite de la baisse des taux sur les maturités longues qui pourrait bien orienter une partie des souscriptions vers des OPCVM actions, sans pour autant, insiste la société de Bourse, accepter le niveau de valorisation élevé de certaines valeurs.
Marché obligataire : Le calme règne
L’accalmie sur le marché obligataire se prolonge, compte tenu d’une offre du Trésor maîtrisée durant la première séance d’adjudication du mois de mai. Une situation qui continue de nourrir l’appétit des investisseurs pour le marché actions à la recherche de rendements plus élevés. Durant cette première séance, l’argentier de l’État a souscrit au cours de cette séance un montant de 2,6 milliards de dirhams face à une demande de 3,6 milliards de dirhams, soit un taux de satisfaction de 72%. De légères variations ont été observées sur le marché secondaire allant de -2 points base (pbs) à +1 pb, indique Attijari Global Research. Pour l’ensemble du mois de mai, le Trésor a annoncé un besoin prévisionnel compris entre 12 et 12,5 milliards de dirhams. Les analystes d’AGR estiment que l’offre du Trésor en BDT devrait rester «maîtrisée» durant le troisième trimestre de 2024, soutenue par «la situation confortable des finances publiques». La société de recherche est confortée dans son analyse par le fait que le Trésor a constitué un matelas important de ressources, à travers des placements de 30 milliards de dirhams sur le marché monétaire. Des niveaux qui devraient aisément satisfaire les tombées durant les trois prochains mois. D’autre part, AGR relève «une bonne maîtrise des équilibres budgétaires» grâce à l’amélioration des recettes ordinaires à fin mars 2024.
