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Banques

Banques participatives : L’activité maintient le cap

Le secteur a affiché une croissance remarquable depuis le lancement de l’activité six années auparavant. Le manque de moyens de refinancement plombe toujours leur fonctionnement.

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Les banques participatives gardent la cadence, en dépit de toutes les difficultés rencontrées liées à leur fonctionnement. En six années d’activité, le bilan global est certes satisfaisant avec des réalisations commerciales appréciables, une dynamique d’ouverture d’agences qui se tient, des recrutements de clients toujours en hausse. En effet, depuis 2017, où les premières banques participatives ont été installées, le secteur a affiché une croissance fulgurante, plus de financements que de dépôts.

Une progression à deux chiffres, d’année en année. Alors qu’en 2022 l’encours du financement mourabaha a augmenté de 22%, il s’est amélioré de 18,5% jusqu’à fin novembre de cette année, pour atteindre près de 28 milliards de dirhams. Ils sont constitués à plus de 80% par le financement immobilier. Le reste est réparti entre le financement à la consommation et à l’équipement.
Pareil pour les dépôts qui ont affiché sur ces deux périodes une hausse de 22% et 20%. Sauf que l’encours en soi est faible, 8,4 milliards de dirhams. Ce qui ne représente même pas le tiers des financements accordés. C’est que les banques n’arrivent toujours pas à drainer suffisamment de ressources. L’on peut même s’aventurer à dire que les clients s’orientent à ce type de banques essentiellement par besoin de financement. Ces banques ne sont toujours pas assimilées à des structures en tant que telles, mais plus comme des établissements de financement.
Depuis le début de leur activité, et en l’absence d’un marché monétaire et interbancaire spécifique pour assurer leur refinancement, les banques ont donc fait face aux demandes de financement en ayant recours aux «wakala bil istithmar». Ces conventions liaient la banque participative à sa maison mère, avant d’être élargies à toutes les banques du secteur. Ce moyen de financement, moyennant rémunération servie à la banque mère, cumule un encours de 9,2 milliards de dirhams, en hausse de 11% en 2023.
En cours de route, bien des produits de financement et de dépôts ont reçu l’aval du Conseil supérieur des oulémas.

C’est le cas, entre autres, des dépôts d’investissement (l’équivalent des comptes sur carnet des banques conventionnelles) qui ont vu le jour en 2019. Actuellement, les banques ont collecté près de 3 milliards. Ces deux produits réunis (wakala bil istithmar et dépôts d’investissement) permettent, un tant soit peu, aux banques d’assurer une légère manne financière pour faire face à la demande de financement.

Sortie du rouge en 2023
Il y a eu également la première émission de Sukuk en 2018, d’un montant de 1 milliard de dirhams, qui avait permis aux banques de diversifier leurs sources de financement. Amortissable sur 5 ans, sa date d’échéance est arrivée en octobre 2023. Une autre émission de ce genre serait la bienvenue ! En dépit de ces difficultés, le secteur s’en tire bien. À fin juin (dernières données disponibles), le Produit net bancaire s’est amélioré de 25%, pour atteindre ainsi 376 MDH. Sauf que toutes les banques ne sont pas logées à la même enseigne. Sur les huit établissements (5 banques et 3 fenêtres) qui composent le paysage bancaire participatif, trois se démarquent. D’ailleurs, leur PNB représente plus de 65% du chiffre d’affaires global. Il s’agit d’Umnia Bank avec 104 MDH, représentant ainsi un poids de 28%, de Bank Assafa avec 88MDH, soit une part de 23%, et de Bank Al Yousr avec 56,4 MDH, correspondant à une part de marché de 15%.
Du côté de la rentabilité, le tableau est moins rose. Le secteur bancaire est toujours déficitaire, quoiqu’en nette amélioration. Le résultat net est ainsi passé de -75,5 MDH à -29 MDH. Il est à préciser que le déficit concerne plus les banques que les fenêtres. Ces dernières sont rentables, puisque tout ou une partie de leurs charges d’exploitation est supporté par la banque mère.
En tout cas, les professionnels s’attendent à ce que 2023 soit un exercice bénéficiaire pour le secteur. Al Akhdar Bank a déjà annoncé la couleur, réalisant un bénéfice de 913 KDH à fin juin de l’année dernière, contre un déficit de -2,6 MDH. Les autres ne tarderaient pas à lui emboîter le pas à partir de l’année écoulée. Ce qui devra permettre aux banques de mettre en place des stratégies de croissance ou encore d’investir d’autres segments de clientèle, de manière plus sereine.

 


Takaful : Stock couvert une année après son démarrage
Au démarrage de l’activité des banques participatives, les financements étaient octroyés sans assurance Takaful. Ce n’est que cinq ans après leur lancement que le financement est assorti d’une assurance. L’urgence était d’abord de couvrir le stock.
Et les banques ont fini par réussir ce pari. À fin juin 2023, les primes émises ont totalisé 29MDH. C’est la catégorie Takaful famille qui accapare près de 90% du volume, réparti entre l’assurance-décès, l’investissement Takaful et les contrats à capital variable. Elle est suivie par l’assurance incendie, avec une part de 9,6% et la couverture contre les évènements catastrophiques avec 0,8%. Rappelons que sur le marché, quatre compagnies Takaful sont opérationnelles et une autre de réassurance Takaful.