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Agadir Atlantic Hub : Un projet pour repositionner la région du Souss
Le projet de port sec permettra à la région de se positionner en hub africain, avec de fortes retombées économiques attendues en termes de diversification des marchés à l’export. Plus de 10.000 postes d’emploi à la clé à terme.
Centralité, atlanticité et africanité, la communauté des décideurs économiques du Souss-Massa veut au plus vite s’aligner sur la vision royale, et cela passe, de leur avis, par le développement de la logistique. Le projet régional de port sec aujourd’hui sur les rails s’inscrit justement dans ce sens. Pour accompagner l’essor économique du Souss-Massa, Agadir Atlantic Hub (ainsi est baptisée cette future infrastructure) devrait en effet avoir un fort impact sur le désenclavement et l’attractivité de la région. «Les retombées économiques de cette infrastructure seront très importantes. Le volume d’activité du port d’Agadir devrait tripler en cinq ans», avance Driss Boutti, président de la CGEM Souss-Massa.
La proximité du port sec avec le port commercial d’Agadir est en effet un atout certain pour une logistique optimale. Prévu pour traiter le trafic des différentes zones de production régionales et nationales, il constituera à terme de son aménagement un espace d’extension de l’espace portuaire et permettra le groupage et la distribution des marchandises, ainsi que leur stockage et entreposage, sans oublier bien sûr d’autres services. Des prestations et services qui permettront la réduction des coûts des marchandises.
Pour voir sortir de terre cette infrastructure, il faudra investir auparavant une enveloppe de 1,2 milliard de dirhams. Inscrit parmi les nouveaux projets du programme de développement régional (PDR), ce chantier structurant qu’accompagne et défend la CGEM Souss-Massa est porté en partenariat par l’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), la Caisse de dépôt et de gestion et le Conseil régional Souss-Massa. Après la signature d’un mémorandum d’entente en novembre dernier, ce dossier devrait par la suite faire l’objet d’une convention de mise en valeur.
La société Agadir Atlantic Hub qui naîtra de ce partenariat sera en charge de la gestion du port sec. Outre l’exploitation, cette joint-venture gérera la commercialisation et le développement du projet. Dans le déta
il, le projet sera réalisé en tranches.
Une superficie de 50 ha sera la première surface à être aménagée. À travers ce chantier d’avenir, la capitale de Souss-Massa est en passe de confirmer son positionnement atlantique.
Les deux lignes maritimes, reliant Agadir à Dakar et Abidjan, qui seront mises en place par l’Agence spéciale Tanger Méditerranée (TMSA), conforteront ce positionnement. Gérées par une société marocaine battant pavillon national, elles relieront le Souss-Massa au reste du continent africain. Pour acheminer les marchandises en provenance de ces contrées vers le reste du monde via Tanger, une ligne de cabotage complétera ces deux liaisons maritimes. Pour l’heure, ces dossiers sont à un stade bien avancé, indique un acteur économique.
Trait d’union entre Tanger Med et Agadir
Le port sec sera ainsi un trait d’union entre le hub portuaire et logistique de Tanger Med et Agadir. Ainsi, ce projet est d’une grande importance pour le Souss-Massa et sa zone d’accélération industrielle (ZAI). C’est la voie vers une vocation africaine. Les entreprises qui s’installeront dans la ZAI seront encouragées à exporter vers l’Afrique de l’Ouest. Outre la diversification des marchés à l’export, pour le Souss-Massa, le projet de port sec aura également de fortes retombées en termes d’emplois dans la région. Pour sa première phase, il devrait générer un nombre de 1.500 emplois directs pour atteindre à terme 10.000 postes. En attendant, plus que quelques étapes administratives à franchir pour voir ce projet entrer en phase d’aménagement.
Prévu sur un terrain de 100 ha, le futur port sec devrait être composé de 20 ha pour les dépôts sous douane. Un nombre de 5 ha sera dédié aux services de différentes administrations, entre autres la douane, le scanner. En outre, 25 ha abriteront un parc TIR et des parkings. Une superficie de 50 ha est réservée au développement des zones industrielles et d’activité. Selon les responsables de la CGEM Souss-Massa, une trentaine de multinationales ont déjà manifesté leur intérêt pour cette zone logistique sous douane. Ainsi, la demande existe et le projet est un grand pas en avant pour le Souss-Massa. «La région a besoin de 500 ha minimum de zones logistiques pour son développement», renchérit le président de la CGEM Souss-Massa.