Influences
Violence à l’égard des femmes : La mobilisation se poursuit…
Lancée le 25 novembre, la 21e campagne de lutte contre la violence vise la sensibilisation de l’ensemble de la société au phénomène de la violence à l’égard des femmes. Avec un taux de prévalence national de 57%, la violence touche davantage les filles de 15 à 19 ans…
«La violence contre les femmes est condamnée, mobilisons-nous pour la signaler en tous lieux». C’est le slogan de la 21e campagne de lutte contre la violence à l’égard des femmes. Le choix du thème de la campagne de cette année s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le ministère de la Solidarité, de l’insertion sociale et de la famille pour sensibiliser l’opinion publique à la protection des femmes contre toutes les formes de violence les affectant dans tous les espaces, d’une part, et, d’autre part, pour promouvoir la culture de la dénonciation.
Celle-ci permet de garantir les droits des victimes de violence et leur accès à une prise en charge à la fois institutionnelle et associative. Chaque année, la campagne porte sur l’organisation d’un ensemble d’activités de communication au niveau national, régional et local, et également dans les milieux scolaire et universitaire, avec l’implication de tous les acteurs institutionnels, associatifs et les médias.
Ce qui permet, selon le département de Aawatif Hayar, de sensibiliser au phénomène de la violence qui reste très important, à en croire les conclusions d’une étude du HCP, avec un taux de prévalence de 57%. Et il est très prononcé chez les jeunes filles âgées entre 15 et 19 ans, puisqu’il se situe à 70,1%. Le Maroc a adopté, en 2018, la loi 103.3 relative à la lutte contre la violence à l’égard des femmes, qui constitue une révolution dans l’arsenal juridique marocain.
Elle a permis au pays de disposer d’un cadre juridique complet pour lutter contre la violence à l’égard des femmes sous toutes ses formes. Elle définit et criminalise tout acte de violence portant préjudice aux femmes et met en place des mécanismes de prise en charge des victimes, notamment dans les services de la justice, de la santé et de la protection sociale.
La violence conjugale reste importante avec 52%
Des victimes qui, faut-il le souligner, restent encore nombreuses à ne pas poursuivre en justice leurs agresseurs et préfèrent, pour des raisons sociologiques, taire les actes de violence perpétrés à leur égard aussi bien dans l’espace public que privé. Selon une enquête de terrain réalisée par le ministère de tutelle, il apparaît que l’environnement conjugal demeure le plus marqué par la violence où elle est facilement banalisée et assimilée à des disputes.
Ainsi, les violences faites aux femmes et aux filles restent principalement perpétrées au sein de l’espace conjugal et familial, avec une prévalence de 52%. D’autre part, l’enquête démontre que 1,7 million de femmes ont subi un acte de violence. Dans 12,6% des cas, la violence est subie dans l’espace public.
La répartition typologique révèle que les violences psychologiques restent les plus fréquentes, avec un taux de prévalence de près de 47,5%, soit 6,4 millions de femmes qui en souffrent. Elles ont baissé de 9 points depuis 2009. Quant aux autres formes de violence, 1,8 million de femmes ont subi une violence sexuelle, soit un taux de prévalence de 13,6%, dont 1,7 million de femmes qui ont été victimes de violence physique (12,9%).
La violence électronique ou la violence numérique, quant à elle, touche près de 1,5 million de femmes à hauteur de 13,8% avec le développement des technologies de l’information. Si l’on considère le lieu de l’acte de violence, le milieu éducatif vient en 2e rang, soit 22,4% des élèves ou étudiantes y ont subi un acte de violence. Par ailleurs, 15,1% des femmes ont été victimes de violences dans le cadre de l’exercice de leurs activités professionnelles.
Pour permettre un accompagnement et une prise en charge de qualité à toutes ces victimes de la violence, le ministère de tutelle a mis en place un partenariat avec les centres d’écoute. Des structures gérées par plus d’une cinquantaine d’associations dans plusieurs villes du pays accueillent les femmes et leur fournissent soutien psychologique, hébergement et assistance médicale et juridique. Pour améliorer les services de ces centres d’écoute, une subvention est octroyée par le ministère sur une durée de trois années, à condition de répondre au cahier des charges élaboré dans ce sens.
