Stock-options : état des lieux et raisons d’un échec programméStock-options : état des lieux et raisons d’un échec programmé

Il n’existe pratiquement pas de statistiques sur l’importance des stock-options comme moyen de rémunération différé des salariés au Maroc.
Le seul chiffre disponible est donné par le cabinet Diorh qui a effectué une enquête sur les salaires des cadres, mais il est à prendre avec précaution. Et pour cause, l’enquête n’a concerné qu’une cinquantaine d’entreprises, dont 80 % sont des multinationales et 14 % sont des sociétés nationales, filiales d’un groupe marocain. Autant dire, le haut du panier. Il en ressort que ce mode est adopté par 31,8 % de l’échantillon étudié. 15,6 % des sociétés couvertes par l’étude en proposent même à des non-cadres.
Mais les chiffres globaux sont évidemment nettement inférieurs
à cela.
L’expérience des stock-options au Maroc n’a pas réellement pris. Plusieurs éléments expliquent cet échec. La mauvaise presse à l’international, à juste titre, d’ailleurs, après les scandales financiers aux États-Unis, la crise du marché boursier casablancais, le manque d’introductions en Bourse et la rareté des opérations d’augmentation de capital y sont pour quelque chose. Surtout qu’en 1999-2000, au moment de l’enthousiasme qui avait précédé l’adoption de la fameuse disposition fiscale en 2001 (cf.circulaire 709/2001), on spéculait beaucoup sur les introductions de sociétés technologiques et on surdimensionnait le «nouveau marché » qu’IB Maroc devait inaugurer. La crise des valeurs high-tech et internet et l’explosion de la bulle électronique qui s’en est suivie ont définitivement calmé les ardeurs. Mais déjà, à la base, les incitations fiscales proposées aux entreprises marocaines désirant de se lancer dans cette expérience n’étaient pas considérées comme encourageantes par les prescripteurs. Bien que nombreuses, elles n’étaient pas suffisamment claires et n’ont, surtout, pas bénéficié d’une vulgarisation conséquente. Lequel d’entre nous a déjà entendu un ministre des Finances, un ministre du Travail ou encore un syndicaliste parler des stock-options ? C’est apparemment, aussi, une question de priorités.
Rappelons que le stock-option est un droit attribué au salarié de souscrire à une augmentation de capital ou d’acheter un nombre précis d’actions de son entreprise, à un cours déterminé (prix d’exercice), fixé définitivement le jour où l’option est attribuée, et pendant une période déterminée au moment de l’attribution des options. Cette période est généralement de trois à cinq années, jamais plus de 8 ans.
Quand le salarié lève
son option, il achète l’action au prix d’exercice, quel que soit le cours de l’action en Bourse à cette date. Ce n’est qu’à ce moment-là qu’il paie ses actions. Le plus souvent, il les revend et empoche la plus-value
(la différence entre son prix d’exercice et le cours de l’action au moment de la cession)…
Le risque de perte n’existe pas : en cas de baisse du cours de l’action en Bourse, le salarié n’exerce pas son option. Bien entendu, le salarié n’a aucune obligation d’achat