Sociétés cotées : Comment se sont comportés les principaux secteurs en 2013

8 secteurs sur 14 ont tiré la masse bénéficiaire vers le bas.

Télécoms : un bénéfice plombé par le coût du redressement fiscal

Les bénéfices de la cote évoluent toujours au gré des réalisations de Maroc Telecom (contribution de 25% à la formation du résultat global). Et l’année 2013 a été particulièrement difficile pour l’opérateur, avec un résultat net part du groupe en baisse de 17,4%, à 5,5 milliards de DH. Il faut dire que la concurrence est de plus en plus rude dans le secteur, tirant les prix à la baisse. Heureusement que les filiales africaines n’ont pas encore épuisé leur potentiel de développement. L’activité du groupe est désormais portée par l’international, dont le poids s’améliore chaque année, atteignant 27% en 2013 contre 23,7% une année auparavant. Même la croissance du parc d’abonnés de 13,8%, à 37 millions de clients est redevable aux filiales qui ont affiché une augmentation du nombre de clients de 28,8%, à 16,8 millions. Cependant, cette montée en puissance des filiales (+9,5%) n’a pas été suffisante pour limiter l’effet de la baisse de l’activité au Maroc (-8%) sur les performances du groupe. Hormis cet environnement, Maroc Telecom a fait les frais d’un contrôle fiscal qui a davantage plombé les résultats. Il s’est soldé par le règlement d’une somme de 1,5 milliard de DH.

Banques : bilan mi-figue, mi-raisin

Mitigée. C’est ainsi qu’on peut qualifier la prestation du secteur bancaire qui ne parvient toujours pas à surmonter la morosité du contexte économique. En dépit de réalisations commerciales au rendez-vous avec un chiffre d’affaires (produits d’exploitation bancaire) en hausse de 7,4%, à 74 milliards de DH, le résultat net global s’est inscrit en retrait de 2%, à 8,7 milliards de DH. Aggravation du coût du risque pour certaines, incidence de contrôles fiscaux pour d’autres, les banques cotées peinent à retrouver les niveaux de croissance d’antan.
D’abord, le bénéfice d’Attijariwafa bank, qui pèse 50% du résultat du secteur, a reculé de 8%, à 4,5 milliards de DH. En cause, la conjonction de trois facteurs. Le premier est relatif à l’alourdissement du coût du risque de 52,8%, à 1,8 milliard de DH. Le second, lui, est lié au dénouement du litige fiscal de Wafa Assurance. Le troisième facteur concerne l’effet de la décote liée à l’augmentation de capital réservée aux salariés nationaux sur une année pleine contre 8 mois en 2012. Ensuite, BMCI et Crédit du Maroc ont réalisé des bénéfices en baisse de 20% chacune respectivement à 803,2 MDH et 348,7 MDH.
Cela dit, trois banques ont réussi à maintenir le cap. A leur tête BMCE Bank, dont le bénéfice est en croissance de 33%, à 923 MDH, grâce notamment à la bonne tenue des filiales qui représentent actuellement 47% du résultat. Aussi, la BCP a pu améliorer son profit net de 4% pour le situer à 1,8 milliard de DH, et ce, malgré la montée de ses impayés de 54,8%, à 1,9 milliard de DH. Quant au CIH, il a tiré profit de l’allègement de son coût du risque de 76%, à 126 MDH, consécutivement au règlement du contrôle fiscal de Sofac Crédit, pour établir son résultat net à 514,7 MDH, soit une croissance de 5,6%.

Immobilier : Addoha marque le pas

L’activité du secteur immobilier progresse, mais les bénéfices ne suivent pas. Entre un volume d’affaires qui stagne pour Addoha et le retraitement d’un produit exceptionnel pour Alliances, le résultat net des trois promoteurs cotées ressort en contraction de 12%, à 2,6 milliards de DH, alors que le chiffre d’affaires s’élève à 17,5 milliards de DH, en hausse de 6,2%.
Cette progression de l’activité est redevable notamment à la CGI (+24%, à 3,7 milliards de DH) qui a enregistré une amélioration des ventes aussi bien de la CGI SA, avec des revenus de 2,6 milliards de DH, que de sa filiale dédiée au logement social, Dyar Al Mansour. D’ailleurs, ceci s’est reflété sur son bénéfice qui a augmenté de 16%, à 367 MDH. Ce qui n’est le cas ni d’Addoha ni d’Alliances puisque les deux promoteurs ont vu leurs résultats nets respectifs baisser de 6,5%, à 1,7 milliard de DH et de 33,7% à 580,3 MDH. La baisse des bénéfices d’Addoha s’explique par une stagnation du chiffre d’affaires à 9,4 milliards de DH en dépit de la livraison de 26 034 unités, couplée à un repli du résultat d’exploitation de 9,6%, à 2,2 milliards de DH. Quant à Alliances, elle a pâti de la non-récurrence d’un élément exceptionnel survenu en 2012. Il s’agit du produit de cession de 6,97% de la participation détenue par le groupe dans Alliances Darna au RCAR.

Agroalimentaire : 4 sociétés sur les 7 cotées s’en sortent

Si les bénéfices qu’a dégagés le secteur agroalimentaire sont en baisse de 20%, à 1,7 milliard de DH, c’est essentiellement à cause de Centrale Laitière (-53,3%), de Brasseries du Maroc (-18,8%) et de Cosumar (-14%). Mais il faut dire que le secteur a été impacté dans sa globalité par la volatilité des prix des matières premières et le ralentissement de la consommation nationale. L’industriel laitier, qui a dégagé un résultat net de 220,5 MDH, a subi de plein fouet l’effet conjoint de l’inflation sur la poudre de lait et de l’augmentation des coûts de l’énergie. En revanche, le bénéfice de Brasseries du Maroc (268 MDH) a été laminé par le ralentissement des ventes suite à la répercussion de l’augmentation de la TIC sur les prix de vente et la fermeture de certains points de vente. Cosumar, elle, a tenté de maintenir le niveau de ses revenus malgré la baisse de ses ventes consécutivement à la politique de déstockage adoptée par les grossistes. Mais la non-récurrence d’un produit exceptionnel constaté en 2012 a enfoncé son résultat net à 628,7 MDH.
Lesieur aurait pu également pâtir des effets du contexte mondial. Mais l’introduction de nouveaux produits sur le marché (condiments surtout) a contribué à hisser son bénéfice de 18%, à 125 MDH. Dari Couspate et Oulmès, quant à elles, ont tiré profit de leurs investissements réalisés en acquisition de machines et en modernisation des installations pour augmenter tant leur activité que leur bénéfice. Ce dernier s’est élevé respectivement pour ces deux sociétés à 21,1 et 79,4 MDH, soit des hausses de 38,8% et 22,3%.

Energie : le déficit de la Samir pèse lourd

S’il y a une société qui subit de plein fouet la volatilité des cours des matières premières à l’international, c’est bien la Samir. Mais en plus de la baisse des prix de 6% en 2013, la société a assisté à une chute des volumes de ses ventes de 5%. Le développement de l’activité à l’export (+24%) n’a pas été suffisant pour redresser le chiffre d’affaires qui a baissé de 10,6%. Et avec un effondrement des marges de raffinage et un résultat financier toujours déficitaire à cause de l’endettement élevé du groupe, le bénéfice ressort dans le rouge avec -327 MDH contre un résultat excédentaire de 164 MDH une année auparavant.
Afriquia Gaz a, pour sa part, maintenu sa rentabilité au même niveau que l’exercice 2012, à 383,4 MDH grâce à la bonne tenue de son volume de ventes et à la contribution des résultats financier et non courant.
En tout cas, la masse bénéficiaire du secteur a fondu de 89,7% par rapport à 2012, pour atteindre 56,4 MDH.

Sale temps pour les sociétés de financement

Les sociétés de financement subissent de plein fouet le ralentissement de la demande et la concurrence des banques. En outre, elles font toujours les frais de l’envolée des impayés qui impliquent la constitution de grosses provisions, impactant ainsi la rentabilité à la baisse. Cette donne est visible sur les résultats d’Eqdom et de Maroc Leasing qui ont fondu respectivement de 29% et 12%, à 175 et 6 MDH. Ce qui s’est traduit par une baisse de 9,5% du résultat sectoriel qui s’est établi à 433,4 MDH, et ce, malgré la hausse de l’activité (produits d’exploitation bancaire) de 1,5%, à 9,4 milliards de DH.
Cette situation n’a pas impacté toutes les sociétés du secteur puisque Axa Crédit, Maghrebail, Salafin et Taslif s’en sont bien sorties au terme de l’exercice écoulé. Dans un contexte de fléchissement du financement destiné à l’acquisition d’automobile, Salafin a fortement misé sur le développement du crédit personnel au moment où Taslif a profité d’un allégement de ses dotations nettes de provisions pour créances en souffrance. Leur résultat net respectif est de 29 et 95 MDH, soit une croissance de 60,6% et 3%. Malgré le dénouement du litige fiscal d’Axa Crédit, la société a hissé son résultat de 83,8% à 14,7 MDH, et ce, grâce à la provision préalablement constituée à cet effet. Maghrebail, pour sa part, a vu son bénéfice s’envoler de 24%, à 66,7 MDH.

Holdings : Zellidja, le maillon faible

Les deux holdings cotés ont publié des résultats contrastés. Alors que Delta Holding situe son bénéfice à 144 MDH, en hausse de 18,5%, Zellidja, elle, vire au rouge avec un déficit de 48,5 MDH. C’est que ce holding subit l’arrêt de l’activité de sa filiale SFPZ depuis mars 2013. Cela, sans évoquer l’absence de dividendes de sa 2e filiale, Fenié Brossette, au titre de l’exercice 2012. Par contre, Delta Holding renoue avec des performances appréciables après la reprise progressive des activités sur les sites de Kénitra et la conclusion de nombre de contrats dans la métallurgie et l’environnement. Quoi qu’il en soit, le résultat net sectoriel chute de 32,8%, à 95,6 MDH.

Distributeurs : le bénéfice sectoriel chute de 20%

Avec une société déficitaire et trois autres qui affichent une dégradation de leur bénéfice, le secteur de la distribution n’est pas arrivé à se démarquer en 2013. D’abord, Auto Nejma fait du surplace au niveau de l’activité suite au recul du marché automobile. Avec une hausse des charges d’exploitation, le résultat net baisse de 8,3%, à 93,6 MDH. Label’vie a, elle, fait les frais de la non-récurrence d’une opération de lease-back immobilier survenue en 2012. Ce qui lui a coûté une baisse de 52,5% de son bénéfice de 2012, à 56 MDH. Fenié Brossette a pour sa part subi les contrecoups du ralentissement de l’activité du BTP, le poids des investissements engagés dans ses nouvelles activités ainsi que l’augmentation remarquable des provisions. Du coup, son résultat net vire au rouge, à -33,7 MDH.
Par conséquent, le bénéfice du secteur a vacillé de 20,5%, à 366,5 MDH. Cette dégradation aurait pu être plus prononcée si Auto Hall et Stokvis n’avaient pas sauvé la mise avec des bénéfices de 218 MDH et 21 MDH, s’appréciant de 8,7% et 20,8%.

Matériaux de construction : belle prestation opérationnelle

Les fabricants de matériaux de construction ont limité la casse cette année, malgré un contexte toujours difficile. Leur bénéfice s’est établi à 2,8 milliards de DH, en hausse de 14,2% pour un chiffre d’affaires en quasi-stagnation, à 17,7 milliards de DH. Une performance, compte tenu de la baisse de 6% de la consommation nationale du ciment en 2013. Lafarge a misé sur la commercialisation d’autres produits et sur la maîtrise de ses charges opérationnelles pour situer sa rentabilité à 1,4 milliard de DH, soit un bond de 10,6%. Adoptant la même stratégie, Cimar a hissé son résultat net de 23%, à 808,8 MDH. Elle a profité également de produits exceptionnels liés à une cession de terrains et de la comptabilisation d’une dotation aux provisions moins importante qu’en 2012. Seule Holcim affiche une baisse de 23% de son résultat net, à 377 MDH, en raison du repli de l’activité et de l’occurrence d’un déficit du résultat non courant (-69 MDH) et du résultat financier (-71,7 MDH).
De son côté, Sonasid est enfin parvenue à sortir du rouge, avec un résultat net positif de 86 MDH contre un déficit de 93 MDH en 2012. Non pas grâce à une hausse de la consommation du rond à béton, le sidérurgiste ayant réalisé un chiffre d’affaires en repli de 1,5%, à 4,7 milliards de DH. Mais, surtout, suite à un changement de stratégie visant la réduction des coûts opérationnels et la maîtrise des frais financiers.

Mines : la chute des cours contrecarrée par l’amélioration de la production

Le secteur occupe la 2e place des gros contributeurs qui ont limité la baisse de la masse bénéficiaire de la cote. Ses réalisations ont surpris les professionnels puisqu’ils tablaient sur un repli des résultats. Alors que les cours des métaux et du dollar allaient entamer les bénéfices des sociétés minières, Managem et sa filiale SMI ont pu s’en sortir grâce à la progression de leur production. Ainsi, les deux sociétés ont situé leurs bénéfices respectivement à 271 et 471 MDH, soit une croissance de 50% et 8%.
Cette situation ne prévaut pas pour CMT. La société a certes mis en place une stratégie favorable de couverture des métaux, mais celle-ci n’a compensé que partiellement la chute du cours de l’argent. Et malgré l’accroissement du résultat financier de 99,3%, le résultat net ressort en contraction de 10,9% à 363,5 MDH
Quoi qu’il en soit, le bénéfice sectoriel s’est bonifié de 11% pour totaliser près de 1,3 milliard de DH.

Assurances : bon cru pour les compagnies cotées

L’exercice 2013 a été satisfaisant pour les compagnies d’assurance cotées. Elles ont affiché un bénéfice agrégé de 1,2 milliard de DH, en accroissement de 6%. L’on peut dégager un premier constat dès la lecture des résultats : la branche Non-vie est nettement bien orientée par rapport à l’activité Vie. Le marché des particuliers et des entreprises a été porteur en cette année, contrairement aux produits d’épargne qui demeurent affectés par la raréfaction des liquidités. La reprise du marché boursier en fin d’année a par ailleurs permis d’atténuer les contre-performances réalisées sur les portefeuilles de placement. Ainsi, Wafa assurance a réalisé un bénéfice net de 780 MDH, en hausse de 6,3%. Saham Assurance (ex-CNIA Saada) a profité en plus de cela de l’assainissement de son portefeuille pour accroître son résultat net de 6,5%, à 280,6 MDH. Enfin, Atlanta ne semble pas avoir été impactée par le dénouement du contrôle fiscal. Elle a pu bonifier son bénéfice de 9%, à 110,3 MDH. Du reste, le courtier Agma a vu son résultat net baisser de 8%, à 49,4 MDH

Chimie : la SNEP se redresse progressivement

Bien qu’il ne soit pas un contributeur d’envergure à la formation de la masse bénéficiaire, le secteur de la chimie a réalisé une croissance exponentielle en 2013. Son bénéfice s’est élevé à 48,4 MDH alors qu’une année auparavant, il était à peine de 7,3 MDH. Cette prouesse est redevable notamment à la SNEP qui a réduit son déficit à 8,4 MDH contre 40,6 millions en 2012. D’un côté, la société a bénéficié d’un droit antidumping définitif sur les importations du PVC originaire des Etats-Unis mais, d’un autre, elle a été impactée par la constatation d’une dotation financière de 3,5 MDH sur ses titres auto-détenus dans le cadre du programme de rachat.
Colorado a pour sa part pâti du ralentissement du secteur du bâtiment qui s’est naturellement traduit sur le segment de la peinture et, de faXcto, sur les revenus de l’industriel. Cependant, grâce à la maîtrise des charges d’exploitation, le résultat net s’est apprécié de 21%, à 48 MDH. Maghreb Oxygène n’est pas en reste. Avec un niveau d’activité maintenu au même niveau que l’année précédente, à 203 MDH, malgré la recrudescence de la concurrence de l’informel, la filiale du groupe Akwa a dégagé un bénéfice de 88 MDH, en progression de 6%.

Informatique : des résultats en demi-teinte

Les sociétés informatiques ont affiché des réalisations en demi-teinte au terme de l’exercice écoulé, bien que le résultat net sectoriel soit en augmentation de 19,4%, totalisant 116,4 MDH. Un premier groupe de sociétés fait état d’une envolée des bénéfices avec +36% pour HPS et +73% pour Involys et Microdata.
S’il y a une stratégie commune qu’ont adoptée ces opérateurs pour faire face au recul des ventes de PC et des prestations y afférentes sur le marché national, c’est bien celle de la maîtrise des charges opérationnelles. C’est ainsi que HPS a réalisé un bénéfice net de 36 MDH quand Invoys a totalisé 10,2 MDH et Microdata 30,2 MDH. Ces performances ont été tirées vers le bas par les réalisations du deuxième groupe de sociétés, à savoir IBMaroc avec un repli de 22%, à 1,8 MDH, de M2M Group avec un retrait de 15%, à 7,5 MDH et de S2M avec un résultat net de 11 MDH, plongeant de 17%.