Sociétés cotées : activité en hausse, résultats stagnants

Le chiffre d’affaires du marché s’est amélioré de 7,2 milliards de dirhams mais le résultat net n’a progressé que de 200 MDH.
Niveau d’activité historique : 61 milliards de ventes et un résultat
(agrégé) d’exploitation de 11 milliards de DH en un semestre.
Tous les chiffres des cotées dans ce dossier.

S’il y a une conclusion à retenir des réalisations des sociétés cotées au terme du premier semestre 2005, c’est que, encore une fois, le rythme de la croissance bénéficiaire n’a pas été aussi soutenu que celui de l’extension de l’activité.
Alors que le chiffre d’affaires agrégé de l’ensemble des sociétés inscrites à la cote – à l’exception de celles dont l’exercice social ne coïncide pas avec l’année civile et qui n’ont donc pas publié de comptes arrêtés à fin juin 2005 – s’est amélioré de plus de 7 milliards de dirhams en un semestre, leur résultat d’exploitation n’a progressé que de 500 millions. Dans le même temps, la croissance absolue de leur résultat net a frôlé, à peine, les 200 millions de dirhams. Bien sûr, ce sont des chiffres qui cachent d’énormes inégalités. D’excellentes performances sectorielles d’un côté et des flops tout aussi vertigineux de l’autre.
Télécoms, pétrole et gaz tirent le chiffre d’affaires vers le haut
Commençons par le principal indicateur de l’activité, à savoir le chiffre d’affaires. La meilleure performance est à mettre à l’actif du secteur «Pétrole et gaz» qui parvient à vendre pour 11,86 milliards de dirhams, contre 7,9 milliards au 30 juin 2004, soit près de 50% ou, conjugué en unités monétaires, près de 4 milliards de dirhams de plus. Ceci a été possible grâce essentiellement à la reprise normale du régime d’activité de la Samir, mais aussi au dynamisme particulier d’Afriquia Gaz, le nouveau champion national du GPL.
Vient ensuite le secteur télécoms. Son unique représentant à la cote, Maroc Telecom, apporte au chiffre d’affaires semestriel agrégé du marché un surplus de 1,5 milliard de dirhams comparativement au 1er semestre de l’année dernière. A eux deux donc, les secteurs «Pétrole et gaz» & «Télécommunication» boostent le chiffre d’affaires agrégé de la cote de près de 5,5 milliards et contribuent ainsi à hauteur de 75% à sa croissance.
La troisième contribution est à mettre à l’actif des holdings ONA et SNI (+857 MDH), suivis, par ordre d’importance, du secteur «Ciment et matériaux de construction» qui a profité d’un 2ème trimestre meilleur que le 1er ; du secteur «Banques» dont le PNB a crû d’une façon homogène ; et les «Mines» aidés par le démarrage de la production de nouvelles unités de Managem. Côté performances négatives, le secteur agroalimentaire marque le pas, concurrence, pannes techniques et quelques modifications des périmètres d’activité obligent.
Venons-en aux résultats. On constatera que le résultat opérationnel global s’est élevé à 11,45 milliards de dirhams, contre 10,95 une année auparavant, soit 4% de mieux. La marge d’exploitation perd de ce fait 1,6 précieux point.
Deux secteurs ont apporté près d’un milliard de dirhams de résultat d’exploitation additionnel. Les banques d’a-bord, avec plus de 640 MDH (hors CIH), et les télécoms, avec 402 MDH. Mais 60% de ce montant a été englouti à cause des mauvais résultats des assurances (379 MDH de moins), des holdings (164 MDH de moins) et de l’agroalimentaire (98 MDH de moins).
Le résultat net n’est pas en reste. Sa croissance est encore plus modeste : moins de 200 MDH de plus, par rapport à fin juin 2004.
Un rythme lourdement affecté par les importantes dotations aux provisions constituées par le CIH, dont le montant a atteint, conformément au projet de convention avec l’Etat, un niveau forfaitaire de 850 millions de dirhams. Le secteur agroalimentaire, souffrant à la fois du resserrement des marges, du renchérissement des prix des matières premières et du poids des distributions répétées de dividendes exceptionnels, recule à son tour. Mais le rythme modéré de la croissance bénéficiaire est également dû à un repli de 387 MDH du résultat net du secteur «assurance». Et pour cause, le résultat semestriel 2004 de Wafa Assurance tenait compte d’une plus value réalisée sur l’offre publique d’échange BCM / Wafabank et qui n’est, par nature, pas récurrente.
En quasi-stagnation donc, le résultat net du marché progresse néanmoins de 10% quand on n’y inclut pas celui des sociétés déficitaires.

Sociétés de financement
Le secteur du Crédit à la consommation, on le sait, est fortement concurrentiel. Ceci a naturellement amené les sociétés du secteur à resserrer leurs marges, mais celles qui sont cotées à la Bourse de Casablanca auront enregistré un premier semestre plutôt satisfaisant. Pour preuve, le produit net bancaire (PNB) agrégé a progressé de 5,8%, le résultat brut d’exploitation s’est amélioré de 14,6%, tandis que le résultat net a carrément explosé. Il a en effet plus que doublé, passant de 51,6 MDH au 30 juin 2004 à 110,2 à fin juin dernier. Ceci est d’autant plus satisfaisant qu’il constitue le fruit d’une série de restructurations salvatrices et qui ont notamment débouché sur la régression des créances en souffrance. Au terme du premier semestre 2005, les dotations nettes pour créances en souffrance ont atteint 52 MDH, soit 43% à peine du niveau enregistré une année auparavant et qui s’élevait à 119,6 MDH. Quand on regarde dans le détail, on remarque que c’est Eqdom qui a le plus tiré le marché vers le haut (sauf pour les créances en souffrance). Puisqu’elle a amélioré son PNB de 10,2% (à 250,5 MDH, soit 67,3% du PNB du secteur coté), son RBE de 13,8% et son résultat net de 12,4%, à 78,4 MDH, ce qui représente pas moins de 71% du résultat net agrégé du secteur coté. Sofac Crédit se démarque par ailleurs, grâce à l’implication active de son actionnaire de référence, le groupe CDG. De leur côté, les deux sociétés de crédit-bail (Maghrebail et Maroc Leasing) ont pu améliorer de 6,3% leur PNB et de 36,2% leur résultat net, le tout en passant moins de dotations pour créances en souffrance. Si Maghrebail booste la progression du PNB, Maroc Leasing accélère le rythme d’évolution des résultats

Banques
A l’exception de la BCP, toutes les banques cotées à la Bourse de Casablanca ont pu améliorer leur produit net bancaire (PNB). Les taux de progression vont de 5,6% pour le Crédit du Maroc, à 21,2 % pour le CIH. Mais en volume, la palme revient à Attijariwafa bank dont le PNB s’est amélioré de plus de 175,5 MDH pour atteindre 2,7 milliards de dirhams, suivie de la BMCI (+103 MDH, à 852 MDH) et de BMCE Bank (+99 MDH, à 1,34 milliard). L’on remarque également une amélioration des résultats bruts d’exploitation. De 24,2% hors CIH. Le premier semestre a été bénéfique également en terme de dotations nettes pour créances en souffrance. Hors CIH -qui a constaté, conformément au projet de convention avec l’Etat marocain, une dotation forfaitaire de 850 MDH-, la progression de ces dotations a été limitée à des taux convenables. Cet indicateur a sensiblement reculé chez Attijariwafa bank qui avait, rappelons-le, consenti un important effort d’assainissement au cours des deux dernières années. Côté résultats, le système bancaire coté progresse globalement de 11%. Mais ce taux cache en effet une envolée des bénéfices d’Attijariwafa bank (qui passent de 111 à 827 MDH) et une perte sèche du CIH de l’ordre de 746 MDH. Notons également l’excellente performance de BMCE Bank qui poursuit son bonhomme de chemin avec brio, 10 ans après sa privatisation. Avec un résultat net semestriel de 370 MDH, de 81 MDH ou encore de 28,2% supérieur à celui du 1er semestre 2004, BMCE Bank peut entamer sa deuxième décennie à la Bourse en toute sérénité. L’aggravation, de 2 points, de son coefficient d’exploitation est due aux recrutements massifs opérés cette année et qui sont censés donner leur fruit dès le deuxième semestre. Elle est suivie par la BMCI qui a vu son résultat net progresser de 57 MDH, soit 30,5% de plus en un an.

Assurance
Autant l’activité a été bonne pour Wafa Assurance, autant les résultats ont été ternes. La compagnie a pu émettre des primes Vie pour 249 MDH et des primes Non-Vie pour 648 MDH, soit respectivement 13,2 et 2,5% de mieux comparativement à fin juin 2004. Mais sur le plan des résultats, la tendance est plutôt à la baisse. Aussi, son résultat technique Vie s’est-il replié de 64,7% tandis que le résultat technique Non-Vie a été divisé par… quatre. Ce dernier est en effet passé de 479 millions de dirhams à 117 millions. Au bout de la chaîne, le résultat net a chuté de 75%, passant de 522 millions de dirhams à 131 millions. La baisse trouve son origine dans la plus-value réalisée sur l’offre publique d’échange BCM / Wafabank intervenue en 2004 et qui avait dopé le résultat de l’année dernière. Hors impact de cette plus-value, le résultat net s’inscrirait en progression de 42%, à 131 MDH.
Quant à la Marocaine-Vie, le deuxième représentant du secteur à la Bourse de Casablanca, la tendance est inversée. Si l’activité est en recul, la croissance bénéficiaire est au rendez-vous.
Quant à la Marocaine-Vie, la hausse a été autrement plus importante. La compagnie a pu presque doubler le volume des primes émises. Bien évidemment, la hausse a été plus spectaculaire pour la branche Vie que pour la Non-Vie. Normal, c’est sa spécialité et elle en a porté le montant des primes émises de 141 MDH à fin juin 2004 à près de 285 MDH un an plus tard.
Côté résultat, la Marocaine-Vie parvient à sortir la tête de l’eau. Son résultat technique vire au vert (de -4,3 MDH en juin 2004, il passe à 5,2 millions) alors que le résultat non technique s’améliore considérablement (il passe de 0,6 à 5,2 MDH).
En raison d’un résultat non technique en régression, le résultat net ne traduit pas la forte amélioration du résultat technique. Il évolue tout de même de 27%.

Télécommunications
En attendant l’introduction en Bourse de Méditelecom, le secteur Télécommunications coté à la Bourse de Casablanca se résume à une seule société : Maroc Telecom. Mais la société pèse lourd, très lourd même puisqu’il s’agit tout simplement de la plus grosse entreprise inscrite dans les tablettes de la place casablancaise. Avec près de 86 milliards de dirhams, elle représente à elle seule 36% de la capitalisation totale du marché boursier marocain. Ses résultats semestriels ont été, naturellement, à l’image de son positionnement : extraordinaire !
Maroc Telecom a en effet réalisé un chiffre d’affaires de l’ordre de 9,75 milliard de dirhams à fin juin dernier, soit 18,5% de mieux que le premier semestre de 2004. Ce qui lui a permis de dégager un résultat d’exploitation frôlant les 4 milliards de dirhams, en progression de 11,4%. De quoi épater tous les analystes et investisseurs. De quoi satisfaire plus encore son actionnaire majoritaire, le groupe Vivendi Universal, qui met en avant les performances de sa filiale marocaine sur tous ses communiqués d’informations financières en France. La France où, rappelons-le, l’action Maroc Telecom est cotée.
Le résultat net part du groupe ressort enfin à 2,64 milliards pour ce premier semestre 2005. En hausse de +10%. Et encore, des dépenses non récurrentes liées au départs volontaires de près de 900 salariés environ, ont tiré ce taux vers le bas. Il aurait été de +22,6% sinon !
Sur un autre plan, et avec 4 milliards de trésorerie, Maroc Telecom aura les moyens de financer, rapidement, tout projet de développement.
Le deuxième semestre s’annonce très bien. Le management de la société a d’ailleurs revu ses prévisions à la hausse. Tout comme la plupart des sociétés de Bourse qui n’hésitent pas une seconde avant de recommander l’action à l’achat. Mieux, elles la conseillent comme valeur de fonds de portefeuille.

Services aux collectivités
A l’image du secteur Télécommunications, celui des «Services aux collectivités» n’a qu’un seul représentant à la Bourse de Casablanca, à savoir la Lydec. Guy Canavy a dû présenter ses comptes semestriels pour la première fois (Lydec n’a été introduite en Bourse qu’en juillet dernier), mais aussi pour la dernière (il a été remplacé le 1er octobre par Jean Pierre Ermenault).
Avant d’analyser ces comptes, signalons d’abord que la Lydec est une entreprise «atypique» à la Bourse de Casablanca puisque son business model rompt avec celui d’une entreprise classique. Cette concession de service public, dont le contrat de gestion arrive à échéance en 2027, dispose d’une assise financière saine et de niveaux de rentabilité carrément assurés. Ce qui pousse tous les analystes financiers à la qualifier de «valeur de fonds de portefeuille»
Au terme du premier semestre 2005, les volumes vendus étaient en croissance de 5,4% pour l’électricité, 1,7% pour l’eau et 2,6% pour l’assainissement. Ce qui a engendré une hausse du chiffre d’affaires «fluides» de 4,1%. La progression baisse à 2,4% (2,13 milliards de dirhams) compte tenu de la régression du chiffre d’affaires «autres» impacté par la baisse de l’activité du fonds de travaux ainsi que par la baisse de la demande en travaux remboursable. Les marges de distribution de la Lydec ont connu une amélioration de 0,1 point (à 25,8%) pour l’électricité et un recul de 1,7 point (à 20,9%) pour l’eau. La baisse de cette dernière marge s’explique par la saisonnalité qui déforme la structure de la consommation vers les tranches basses.
Côté résultats, Lydec a vu son résultat semestriel net reculer de 3,2% pour s’inscrire à 92 MDH. Conséquence de la baisse des autres produits d’exploitation (réduction des peines et soins sur Fonds de travaux et travaux remboursables) et de l’impact défavorable des charges financières, en raison du décalage sur la réalisation des investissements. Le 2e semestre sera bien meilleur, été oblige

Agroalimentaire
Les mauvaises performances au terme du premier semestre 2005 de Lesieur Cristal et, dans une moindre mesure, de Cosumar ont largement contribué à la baisse du chiffre d’affaires (-2,7%), du résultat d’exploitation (-12,3%), du résultat net
(-9,5%) et, partant, des marges opérationnelle (-1,2 point) et nette
(-0,6 point) du secteur agroalimentaire coté. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Ces deux filiales de l’ONA ont vu leur volume d’affaires reculer de respectivement 10,2% (190 MDH de moins qu’au 30 juin 2004) et 3% (50 MDH de moins). Oulmès (+55,4 MDH) et Dari Couspate (+10,3 MDH) sont venues légèrement atténuer l’ampleur de la chute. Leur résultat net s’est quant à lui replié de respectivement 33,3% (-33 MDH) et 18,8% (-26 MDH). Là aussi, Oulmès -tout en restant dans le rouge- vient quelque peu soutenir le résultat net du secteur en apportant près de 13 MDH de plus par rapport à fin juin 2004.
Les raisons sont connues pour Lesieur Cristal. Côté chiffre d’affaires: une forte concurrence induisant autant de pression sur les marges de l’huile de table et une orientation vers la sauvegarde des parts de marchés… Côté résultats : des investissements massifs à impact naturel sur les comptes (nouvelle unité de raffinage physique à l’usine de Aïn Harrouda, prise de participation dans le capital d’une raffinerie, création d’une unité de conditionnement en Tunisie, construction d’une unité spécialisée dans la production et commercialisation des produits de charcuterie…). Quant à Cosumar, elle a réalisé la première phase de son projet d’extension de capacité de traitement de l’usine de Sidi Bennour, effectué une série d’interventions pour améliorer le fonctionnement et la fiabilité du pilote pain de la même usine, poursuivi la construction de la plate-forme de stockage aujourd’hui achevée à hauteur de 60% et augmenté les superficies emblavées.

Holdings
Cesecteur compte deux holdings, l’une filiale de l’autre : ONA et SNI.
A 11,9 milliards de dirhams, le chiffre d’affaires consolidé du groupe ONA progresse de 7,5% sous l’impulsion des pôles Distribution (Marjane, Acima, Optorg et Sopriam : +710 MDH) et Mines (Managem : +260 MDH). L’agroalimentaire ampute la croissance du chiffre d’affaires de quelque 146 MDH.
Mais si les ventes s’améliorent, les résultats s’inscrivent plutôt en régression (-3,6% pour l’excédent brut d’exploitation, à 1,31 milliard de dirhams ; -17,6% pour le résultat d’exploitation consolidé à 667 MDH) ou, au mieux, en stagnation (-0,7% pour le résultat net part du groupe -RNPG- qui n’atteint plus que 352 MDH).
Les gains additionnels des activités financières (+245,5 MDH), immobilières (+18 MDH), distribution (+4 MDH) et médias
(+3 MDH) ont été englouties par les régressions de l’agroalimentaire (-124 MDH), holdings (-100 MDH) et mines (-50 MDH).
La rentabilité des fonds propres de l’ONA s’inscrit désormais à 6,8% et son Gearing (endettement net financier retraité) à 35,8%. Sa hausse par rapport à fin 2004 (+7,6 points) s’explique par les investissements du groupe et par la distribution de dividendes exceptionnels par Lesieur, Cosumar et Centrale laitière.
Quant à la SNI, la maison-mère de l’ONA, elle voit son chiffre d’affaires progresser de 3,7% grâce à la bonne performance de ONA, SNI S.A., Longométal Afrique, Leader Food, mais aussi du groupe Lafarge qui est directement logé au niveau de la SNI. L’amélioration de la contribution de «SNI et Portefeuilles», elle-même alimentée par les dividendes reçus de Attijariwafa bank et Cosumar (non consolidés) compense le recul de la contribution de Lafarge et Sonasid. `
En résulte un RNPG de l’ordre de 272,4 MDH, en hausse de 5,3% par rapport au premier semestre 2004. Le Gearing de SNI gagne, lui, 1,6 point et s’inscrit à fin juin 2005 à 11,3%.

Ciment et matériaux de construction
Ce secteur a évolué, durant le premier semestre 2005, dans un contexte qualifié de «morose» en raison des mauvaises conditions climatiques et des congés prolongés des employés des BTP. Mais dès le mois de mai, la reprise a été au rendez-vous grâce aux multiples projets d’infrastructures et de logements sociaux. Le dynamisme des banques et l’octroi de crédits immobiliers a également soutenu la reprise.
Le secteur s’en sort finalement sans trop de dégâts avec un CA en hausse de 5,4%, mais un REX en baisse de 0,3% et un RN d’à peine 2% meilleur que celui du 1er semestre 2004. Mais ce sont Ciments du Maroc qui affiche les meilleures réalisations : un chiffre d’affaires en hausse de 120 MDH, soit +10,6%; un REX de 40 MDH supérieur (ou encore de 9,3%) par rapport à fin juin 2004 et un résultat net de 10,8% (soit un gain additionnel de 31 MDH) plus important.Lafarge, le leader du marché, n’a amélioré son CA que de 1%, subissant de plein fouet le froid glacial sur ses marchés naturels (Meknès et le Nord) mais aussi les incidents techniques rencontrés sur son outil industriel. Quant à Holcim, la hausse s’est élevée à 5,8%. Côté résultat net, Lafarge régresse de 6%, à 355 MDH alors que Holcim progresse de 4,2%, à 169 MDH.
Sonasid et Aluminium du Maroc ont dû évoluer dans le contexte, mais leurs résultats sont meilleurs. Le premier améliore son CA de 233 MDH (+12% ) et son RN de 104,5 MDH (+53%), même si son résultat d’exploitation est en retrait de 4,5%, à 404,4 MDH.
Le second enregistre une plus forte progression du chiffre d’affaires (+40%), à 187 MDH, mais son résultat ne suit pas aussi rapidement. A 24 MDH, il est en hausse de 5,2%. Sa marge nette s’en trouve affectée. Elle baisse de 4,2 points pour s’établir à 12,9% .

Pétrole et gaz
Voilà deux secteurs qui ont beaucoup fait parler d’eux cette année, tant sur le plan national qu’international. Commençons par le pétrole, représenté à la cote casablancaise par la Samir. Le raffineur a pu améliorer son chiffre d’affaires de près de 48% pour atteindre un niveau historique de 11,17 milliards de dirhams en un semestre. Ce saut s’explique naturellement par les tensions sur les prix des produits pétroliers sur le marché international mais aussi par «l’amélioration des performances au niveau de l’exploitation», explique-t-on auprès de la société. Il s’est bien évidemment ressenti au niveau du résultat d’exploitation qui a plus que triplé, passant de 120 à 415 MDH. In fine, le résultat net de la Samir ressort à 315 MDH au bout du premier semestre, en hausse de 135%. Il s’explique entre autres par l’incorporation d’une plus-value exceptionnelle sur la cession de ses parts (40%) dans le capital de Somirgy à Akwa Group.
La transition est ainsi toute faite et explique en partie les performances extraordinaires d’Afriquia Gaz, filiale du groupe Akwa, au titre du 1er semestre 2005. Et encore, tous les bienfaits de la croissance externe ne sont comptabilisés dans les comptes du 1er semestre ! La nouveau visage d’Afriquia Gaz reflète désormais un chiffre d’affaires semestriel consolidé de l’ordre de 607,2 MDH, soit le double du niveau affiché à fin juin 2004. Idem pour le résultat d’exploitation qui passe de 33 à 62,3 MDH, soit 88,4% de plus en un an. Quant au résultat net part du groupe, il est désormais de 43,4 MDH, contre 16,6 millions une année plutôt. Outre l’effet croissance externe (augmentation des tonnages vendus entre autres), ces évolutions extraordinaires s’expliquent par un effet prix sur la distribution vrac et par la poursuite de la politique de rationalisation de la structure des coûts.
Magreb Oxygène continue, pour sa part, à progresser : +15,2% pour le chiffre d’affaires et +26% pour le résultat net. Ce qui lui permet de gagner 0,8 précieux point en termes de marge nette .

Automobile
Belles performances pour les représentants du secteur automobile à la Bourse de Casablanca. Ils ont pu améliorer leur chiffre d’affaires de 25,3% en moyenne pour atteindre, ensemble, 1,27 milliard de dirhams en un semestre. Mais si on regarde de plus près, on constatera une progression plus rapide pour Auto Nejma et Berliet dont le volume d’affaires a crû de plus de 41% chacun, pour atteindre respectivement 310,3 et 325 millions de dirhams. Auto Hall, qui fait presque le double de ce montant (638 MDH), a enregistré une croissance de 12,6%.
La croissance du résultat d’exploitation a été encore plus forte que celle du chiffre d’affaires et ce pour les trois sociétés. Les taux ont atteint 46,7% pour Berliet (à 12,9 MDH), 46,0% pour Auto Nejma (à 47,5 MDH) et, 25,8% pour Auto Hall (à 91,3 millions de dirhams). A ce niveau, Auto Hall améliore sa marge opérationnelle de 1,5 point, pour la porter à 14,3%, contre 0,5 point pour Auto Nejma (à 15,3%) et 0,2 point pour Berliet (à 4%).
Ceci s’est naturellement ressenti sur les résultats nets des trois opérateurs. Plus sur ceux d’Auto Hall et d’Auto Nejma que sur celui de Berliet qui n’a pas vraiment capitalisé sur la croissance de son résultat d’exploitation et qui a finalement vu sa marge nette se dégrader de 1,1 point à 2,8%. En passant de 20,3 à 31,2 MDH, le résultat net semestriel d’Auto Nejma évolue de 53,4% et lui permet de dégager une marge nette de l’ordre de 10,1% (+0,8 point). Auto Hall améliore quant à lui son résultat net de quelque 21 MDH, ou encore de 41,1% pour le fixer à 71,8 MDH. Un niveau qui lui permet non seulement d’afficher la plus forte marge nette du secteur coté (+11,3%), mais aussi le meilleur rendement du dividende (6,7%, contre 3,9 pour Auto Nejma et 4,0 % pour Berliet) et le PER le plus alléchant (10,3x, contre 14,8x pour Auto Nejma et 11,7x pour Berliet).

Mines
Les mines sont représentées à la Bourse de Casablanca par deux sociétés : la SMI (Société métallurgique d’Imiter) et Managem, sa maison-mère, elle-même filiale de l’ONA. Le contexte général s’est caractérisé par la hausse, sur le marché international, des cours de l’ensemble des métaux exploités, à l’exception du cobalt dont le prix de vente moyen est passé de de 22,6 $/Lb au premier semestre 2004 à 14 dollars à fin juin dernier. Managem a constaté également la baisse des teneurs exploitées de l’or au niveau de Akka Glod Mining. De l’autre côté, elle a observé une amélioration des teneurs exploitée de l’argent à Imiter (ce qui a profité à SMI), du zinc à Guemassa, de l’or à Kiniero et de la fluorine à Samine.
Par ailleurs, de nouvelles réserves ont été découvertes à Akka (0,9 tonnes d’or métal environ) et à SMI (173 tonnes d’argent métal).
Résultat, le chiffre d’affaires de Managem a progressé de 35,3% pour atteindre 1,05 milliard de dirhams, alors que celui de SMI s’est amélioré de 28% pour se fixer à 156 millions de dirhams. La hausse du chiffre d’affaires s’est fortement ressentie sur les résultats (d’exploitation et net) de SMI qui ont été multipliés par 16 et 2,7 fois, respectivement. Managem n’a pas réellement profité de l’amélioration de son C.A. et encore moins de celle de l’Excédent brut d’exploitation (EBE). Le Rex reste grevé par le poids des amortissements, notamment ceux relatifs aux mines de Draa Sfar et de Samira Hill. La baisse du résultat financier (de près de 22 MDH) est justifié par les charges concernant les emprunts de Draa Sfar, Samira Hill et Akka Gold Mining. In fine, le résultat net part du groupe se détériore. La perte de 14,6 MDH s’aggrave de quelque 33 millions autres en un an. Mais les perspectives semblent être bonnes. Managem est décidée à renforcer l’effort de prospection aussi bien au Maroc qu’à l’international. Elle compte également finaliser la rationalisation du portfeuille de couverture des métaux en le mettant en cohérence par rapport à la production.