Les sociétés cotées qui communiquent le mieux

Le marché se dote enfin d’un instrument de rating de la communication financière.
Six gagnants dans trois catégories.
BMCE Bank est première du top- ten toutes catégories confondues.
L’initiative revient à la SMAF.

C’est fait ! L’identité des lauréats du 1er palmarès de la communication financière a été dévoilée mardi 14 février dans les locaux de la Bourse de Casablanca. Et ce n’est pas un hasard du calendrier, car les organisateurs ont volontairement fait coïncider la date de l’évènement avec la fête des amoureux. «C’est la Saint-Valentin des entreprises cotées», fait remarquer Haddi Gharib, président de la SMAF (Société marocaine des analystes financiers), initiateur de ce palmarès. Saint-Valentin ou pas, la salle de cotation de la Bourse de Casablanca était comble ce soir-là et l’animateur de la soirée avait fait durer le suspens avant de distiller les résultats. Des résultats dont le secret a été, soit dit en passant, jalousement gardé jusqu’à leur annonce officielle.
Et il y avait de quoi ! Car les résultats ont été différents de ce que l’on attendait. Des mastodontes comme ONA et SNI, par exemple, n’ont pas été appelés sur les deux premières marches du podium dans le groupe des grosses capitalisations. Mais elles ont eu une consolation non négligeable : non seulement elles figurent dans le top-ten des sociétés qui communiquent le mieux avec la communauté des investisseurs et des analystes financiers, mais quatre de leurs filiales ont été primées. Sur un autre plan, la frustration fut grande pour ceux qui étaient certains de voir l’un des prix de la SMAF aller à de très petites capitalisations qui réussissent, tant bien que mal, à émerger sur le plan de la communication financière… Mais les chiffres sont têtus. La consolidation des notes des différents évaluateurs (voir encadré «Comment s’est fait le classement» en page suivante) en a décidé autrement.

Les grosses capitalisations

Attijariwafa bank et Maroc Telecom sont les deux récipiendaires du prix SMAF pour cette catégorie.
Il faut dire que les deux «champions» ont été constamment présents sur le terrain de la communication financière en 2005. Et cela continue ! Ils ont par ailleurs une immense responsabilité en la matière puisque, ensemble, ils pèsent près de 43% de la capitalisation globale de la Bourse de Casablanca (33,2% pour Maroc Telecom et 9,6% pour Attijariwafa bank).
L’opérateur télécoms et, dans une moindre mesure, Attijariwafa bank sont surtout appréciés pour la fréquence, le contenu et la qualité de leurs publications. La cotation du premier sur la Bourse de Paris le pousse, en plus, à aller dans les détails et à être ponctuel en ce qui concerne la tenue des organes sociaux. Il obtient également un très bon score sur les plans de la qualité des réunions avec les analystes et des communications «one to one».

Les capitalisations moyennes

BMCE Bank et Lafarge sont les deux sociétés couronnées de cette catégorie. Si elles ne semblent pas «aussi moyennes» que cela, c’est parce que l’adjectif est quelque peu trompeur dans ce contexte. La SMAF a en effet procédé à une classification non pas sur la base de l’ensemble de la cote, mais uniquement parmi le top-ten (voir encadré en page suivante). Cela étant dit, elles sont toutes deux bien positionnées, même parmi les «grands». Au top-ten, BMCE Bank est d’ailleurs classée première, que ce soit sur le plan des réunions avec les analystes (fréquence des présentations de résultats, couverture de l’information importante, qualité des réponses fournies lors de ces réunions) ou de la communication «one to one». Elle est même deuxième en matière de publications.
Quant à Lafarge, les analystes semblent avoir été charmés par les réunions «one to one» (Lafarge est classé 3e au top-ten sur ce volet). Mais sans pour autant démériter sur les deux autres critères de notation (publications et réunions des analystes).

Là aussi, elles ne sont pas si petites ! Lesieur et Sonasid se voient décerner les deux prix prévus pour cette catégorie. Point fort de Lesieur : la réunion des analystes (la société est classée 3e au top-ten sur ce plan). Sonasid devance par contre Lesieur au niveau de la qualité des publications.
Un prix spécial : le coup de cœur de la SMAF
En plus des 6 prix initialement prévus, la SMAF a décidé d’en accorder un septième. C’est son «coup de coeur» et c’est Afriquia Gaz, filiale de Akwa Group, qui l’emporte. «Afriquia Gaz n’est certes pas dans le top-ten, mais elle frôle la 10e place à 38 points de base près. Elle est même septième en termes de communication “one to one”». Nous avons tenu à lui rendre hommage et à l’encourager sur cette voie», justifie Haddi Gharib.
Autre événement significatif de la soirée, la SMAF s’est vu attribuer un bon point par Jean-François Balmary qui représente à la fois la SFAF (Société française des analystes financiers) et l’ACIIA (Association of certified international investment analysts). L’institution marraine de la SMAF a tenu ainsi à féliciter les analystes marocains qui ont pu mobiliser la place casablancaise et la représenter au niveau d’une structure internationale. La SMAF est d’ailleurs le seul représentant de l’Afrique au niveau de l’ACIIA.
Le palmarès n’est d’ailleurs qu’un moyen pour doter le marché d’un instrument de rating de la communication financière afin d’en améliorer la qualité, la pertinence, l’accessibilité et la transparence. Le tout dans l’objectif d’améliorer l’efficience du marché financier. Il n’est donc pas étonnant que la SMAF ait pu bénéficier de l’appui du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM), de la Bourse de Casablanca et des associations des sociétés de Bourse et des gestionnaires de fonds…

Qu’est-ce-que la SMAF ?

Association créée en septembre 2003, la Société marocaine des analystes financiers (SMAF) regroupe les professionnels des métiers de la finance de marché, les analystes financiers, mais aussi les gestionnaires de fonds, les ingénieurs financiers, les traders, les cambistes… et ce, en tant que personnes physiques. Elle a pour mission d’«accompagner la maturité de la place financière de Casablanca et contribuer, aux côtés des acteurs majeurs du marché financier, à la hisser au rang des meilleures places régionales et internationales».
La SMAF vise également à «développer l’indépendance intellectuelle des analystes financiers» et à «renforcer les liens de confiance entre les différents acteurs du marché».
Elle compte pour cela sur deux moyens puissants : la formation et l’information.
La SMAF ne veut pas rester cantonnée dans son environnement géographique immédiat puisqu’elle dispose d’une vision internationale. Elle est d’ailleurs alliée à la SFAF (française) et à l’ACIIA (Association of certified international investment analysts).