Les prix des denrées alimentaires flambent !

• L’indice FAO atteint son plus haut historique depuis 8 ans, à fin avril.
• L’organisation corrige ses prévisions à la baisse de 805 millions de tonnes concernant les stocks mondiaux de céréales de 2021.

Pour le 11e mois consécutif, l’indice FAO des prix des produits alimentaires poursuit sa hausse, en s’établissant à 120,9 points en avril 2021 (1,7 % par rapport à mars et 30,8% de plus qu’à la même période de 2020). Le baromètre atteint ainsi son niveau le plus haut depuis mai 2014. Cette tendance observée durant le mois d’avril est principalement alimentée par l’augmentation des prix du sucre, puis de ceux des huiles, de la viande, des produits laitiers et des céréales. A noter qu’au mois de mars, ce sont les prix des huiles végétales qui ont enflammé l’indice, en enregistrant un plus haut niveau depuis 10 ans.
Dans le détail, l’indice FAO des prix du sucre a augmenté de 60% par rapport à avril 2020. Il faut dire que la lente progression des récoltes au Brésil, combinée aux dégâts provoqués par le gel en France, ont amplifié les craintes d’un resserrement des disponibilités mondiales.
Le baromètre de prix des huiles végétales, lui, a quasiment doublé, en passant de 81,2 points en avril 2020 à 162 points une année plus tard. Sous l’effet de craintes d’une croissance de la production plus lente que prévu dans les principaux pays exportateurs, les cours internationaux de l’huile de palme sont montés en flèche. Les valeurs des huiles de soja et de colza ont également poursuivi leur progression, tandis que les prix de l’huile de tournesol se sont contractés modérément.
A un rythme nettement moins élevé, l’indice FAO des prix de la viande ressort en progression de 5% par rapport à sa valeur en 2020, suite à une forte demande en provenance de l’Asie de l’Est ayant soutenu les cours des viandes de bovins, d’ovins et de porcins. En face, les prix de la viande de volaille sont restés stables, du fait de l’équilibre des marchés mondiaux dans leur ensemble.
Après un bref repli en mars, le baromètre des prix des céréales a pris 26% depuis avril 2020. Et pour cause, les prix du maïs qui ont augmenté, car les superficies plantées sont moins importantes que prévu aux États-Unis d’Amérique et les conditions de culture en Argentine, au Brésil et aux États-Unis d’Amérique ont suscité certaines inquiétudes.
Enfin, l’indice FAO des prix des produits laitiers a progressé de 24 en un an, sous l’effet d’une forte demande asiatique (à l’importation) du beurre, du fromage et du lait écrémé en poudre.

Des prévisions revues drastiquement à la baisse
En termes de prévisions, la FAO estime la production mondiale de céréales en 2020 à 2 767 millions de tonnes, en hausse annuelle de 2,1%. L’utilisation mondiale des céréales pour 2020-2021 devrait s’établir à 2 783 millions de tonnes (+2,7%), portée par les céréales secondaires devant être utilisées de manière plus importante que prévu dans l’alimentation animale en Chine et aux États-Unis d’Amérique.
L’organisation a, par ailleurs, abaissé à 805 millions de tonnes ses prévisions concernant les stocks mondiaux de céréales à la clôture des campagnes de 2021. Et ce, compte tenu des prélèvements qui devraient être effectués sur les stocks de maïs en Chine et aux États-Unis d’Amérique. Le rapport stocks/utilisation de céréales au niveau mondial devrait, quant à lui, s’établir à 28,3% (le plus bas depuis 7 ans). Les échanges mondiaux de céréales en 2020-2021 devraient atteindre 467 millions de tonnes (+5,9% en glissement annuel) : La croissance la plus forte étant prévue pour les céréales secondaires, puis le riz et, enfin, le blé.
La FAO a également présenté ses premières perspectives concernant l’offre et la demande mondiales de blé pour la campagne à venir (2021-2022), qui indiquent que la production devrait atteindre 778,8 millions de tonnes, soit 0,5% de plus que le niveau estimé pour 2020, en raison d’une hausse annuelle de 6%de la production dans l’Union européenne.
Les échanges mondiaux de blé en 2020-2021 (juillet/juin) devraient se contracter de 1,8 %en glissement annuel et s’établir à 185 millions de tonnes. La baisse des expéditions attendues en Australie, au Canada, aux États-Unis et en Fédération de Russie devant plus que compenser la hausse des exportations en Argentine et dans l’Union européenne.
Concernant les premières prévisions de la production mondiale de céréales secondaires en 2021, FAO s’attend à une probable 3e année consécutive de croissance, en raison d’un rebond des rendements dans l’Union européenne, et d’une hausse des superficies ensemencées prévue au Brésil, en Chine, aux États-Unis d’Amérique et en Ukraine.


Café : L’Afrique va se démarquer en 2021

En 2020/2021, le surplus de café sur le marché mondial sera plus important que prévu. Dans son dernier rapport sur le marché, l’Organisation internationale du café (ICO) indique que l’excédent de fèves devrait désormais s’établir à 5,27 millions de sacs contre un stock de 4,14 millions de sacs prévu précédemment. Pour expliquer cette révision à la hausse, elle met en avant une production mondiale de 171,89 millions de sacs, soit 1,9 % de plus qu’un an plus tôt. Si la consommation devrait afficher un léger rebond de 1,3 % à 166,63 millions de sacs, cela restera encore insuffisant pour stimuler un marché qui a été mis à rude épreuve en 2020.
Avec la pandémie et les mesures de restrictions de déplacement, les ventes de café hors domicile ont chuté dans plusieurs régions, contribuant à une baisse de 2,9 % de la demande globale durant l’année écoulée.
Malgré ce tableau peu reluisant, l’ICO indique que l’Afrique émergera en 2021 comme la région qui enregistrera la plus forte croissance de la consommation d’une année à l’autre. Le continent africain devrait consommer 12,2 millions de sacs de café, soit une hausse de 1,8 % devant les grandes zones comme l’Europe (1,2 %) et l’Amérique du Nord (1,4 %).