Les fonds actions et obligataires font mieux que leurs marchés

L’actif global des OPCVM a crû de 21,5% du début de l’année au 11 décembre courant pour atteindre 188,5 milliards de DH
C’est surtout l’adhésion de nouveaux clients qui est à  l’origine de cette hausse.
La majorité des fonds continue de faire mieux que les benchmarks de leurs catégories.

Avec l’atonie du marché boursier et l’absence d’une tendance claire pour les placements monétaires et obligataires, les professionnels de la gestion collective trouvent un contexte idéal pour amener plus d’investisseurs à miser sur les OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières).   
Ces véhicules de placement ont-ils fait leur preuve en 2009 ? Oui, l’argent investi dans les OPCVM a pris de la valeur depuis le début de l’année. Selon les statistiques de l’Asfim (Association des sociétés et fonds d’investissement marocains), l’actif sous gestion collective s’élevait à 188,5 milliards de DH le 11 décembre courant, soit une croissance de 21,5% par rapport à fin 2008 (31,95 milliards de DH en plus).
Mais cette hausse est-elledue aux performances des fonds ou plutôt au fait qu’ils aient attiré plus de souscripteurs ? Il faut en effet savoir que l’actif net des OPCVM peut être alimenté autant par l’augmentation de la valeur de marché des actifs qu’ils détiennent que par les mises de la clientèle qu’ils recrutent. Et c’est manifestement ce dernier facteur qui explique pour l’essentiel l’élargissement d’actif des OPCVM : pour plus de 70%, estime une société de gestion de la place.
Pas surprenant, puisque, côté performance, la prestation  des OPCVM aura été correcte cette année, sans plus. Tous les types de fonds ne sont toutefois pas à loger à la même enseigne. L’obligataire moyen et long terme (OMLT), qui continue de peser pour plus de 50% dans l’actif global des OPCVM, se dégage notamment du lot.  C’est que «l’année 2009 aura été favorable pour ces actifs», informe Karim El Hnot, directeur de la gestion à CDG Capital Gestion. Mais étonnemment, la clientèle n’a pas suivi sur ce type de fonds.         En effet, les 7 milliards de DH engrangés jusqu’au 11 décembre par les OPCVM OMLT proviennent pour la majorité d’un effet performance. «Ce qui est d’autant plus étonnant que la méforme du marché boursier profite généralement au marché obligataire, faisant passer les souscripteurs du premier au second», fait remarquer M.El Hnot. Il faut croire que les investisseurs sont allés chercher encore plus sécurisant que l’obligataire pour se diriger vers les fonds monétaires. Ce qui induit au final qu’avec des performances pourtant plus modestes, les OPCVM monétaires font plus d’émules. Ces fonds ont vu leur actif s’accroître de 39,40% jusqu’au 11 décembre, soit près de 16,4 milliards de DH mais dont 14 milliards proviennent des nouvelles soucriptions.
Pour les fonds actions, notons d’emblée que l’actif en gestion de cette catégorie s’assure une croissance honorable de 57,87% depuis le début de l’année, soit un supplément de 7,36 milliards de DH. Mais comme l’ont bien relevé les professionnels, un événement exceptionnel justifie cette situation. Il s’agit du lancement par la compagnie d’assurance RMA Watanya de plusieurs fonds actions, dans le cadre de l’externalisation de la gestion de ses réserves. Déflatés de cet événement, les fonds actions cumuleraient plutôt une régression de leur actif, ce qui s’avère plus en ligne avec les rachats massifs observés par les gestionnaires de fonds, et opérés notamment par les particuliers.
Concernant les OPCVM diversifiés, enfin, la tendance baissière de leurs actifs en gestion, bien qu’elle se soit résorbée depuis quelques semaines, persiste toujours. Ils auront de fait perdu sur les 11 premiers mois de l’année près de 840 MDH (-10,43%). Une déperdition à lier surtout au fait que les particuliers, qui se positionnaient fortement sur cette catégorie d’OPCVM, l’ont désertée dès que les mauvaises performances de la Bourse sont apparues.
Pourtant, côté performances des valeurs liquidatives, plusieurs fonds diversifiés s’en sortent bien. En tout cas, au 11 décembre courant, aucun des 33 fonds de la catégorie ne descendait en dessous de la contre-performance du Masi à la même date: -4,5%. Cette contre-performance, justement, seul 4 fonds actions sur les 44 répertoriés auront fait pire. Quant aux OPCVM OMLT, dans l’ensemble, ils s’en sortent tout aussi bien comparés à leur benchmark, le Morrocan Bond Index (MBI), qui affichait au 11 décembre une hausse de 5,6% depuis le début de l’année. Le pari de la gestion collective reste donc gagnant.