Les clés pour choisir un bon produit d’épargne-éducation

Il servira à financer en partie les études supérieures de vos enfants.
Des versements souples à partir de 200 DH par mois.
Comparez les taux proposés par les compagnies d’assurance sur
une période sufisamment longue.

Assurer un bon avenir à ses enfants est sans doute la préoccupation majeure de tout parent. Bien sûr, le plus souvent, on n’a pas d’emprise sur des facteurs aléatoires comme la possibilité de décrocher un bon boulot, une fois atteint l’âge adulte. Toutefois, un diplôme peut ouvrir bien des portes, à plus forte raison si l’école est cotée. Seulement voilà, une bonne école coûte cher, très cher même au regard des revenus du Marocain moyen. Aujourd’hui, un simple cursus (bac+4) dans une école de commerce digne de ce nom revient, en frais de scolarité, à 40 000 DH par an. A cela, il faut ajouter les frais annexes (livres, transport, argent de poche…). Au bas mot, donc, ce sont 50 000 DH par an qui sont nécessaires… soit 100 000 DH pour deux enfants (ce nombre étant la tendance nationale).
Rares sont ceux qui ont ces moyens-là, à moins de recourir au crédit, ce qui restreint d’autant les ressources que l’on peut allouer à d’autres nécessités (crédit-logement, habillement, loisirs…). La solution: être prévoyant.
Bien entendu, flairant le bon filon, les compagnies d’assurance ont créé des formules spécifiques pour ce besoin.Il s’agit de «l’épargne éducation» (qui n’est en fait qu’une sorte d’épargne forcée), commercialisée dans le réseau bancaire ou chez les courtiers en assurance.
Comment cela se passe ? Comme avec la CNSS ou la CIMR, vous cotisez périodiquement auprès de votre banque ou assurance une somme d’argent pour pouvoir disposer, à une date convenue, d’un capital ou d’une rente périodique qui vous aidera à financer une bonne partie des études de votre enfant.
Toutes les banques et les compagnies d’assurance de la place offrent ce type de produits, avec des similitudes, mais aussi avec quelques différences significatives. Voici un aperçu sur l’offre du marché.

Quel produit choisir ?

Les contrats d’épargne éducation sont des contrats de capitalisation par lesquels vous vous engagez à effectuer mensuellement, trimestriellement, semestriellement ou annuellement, des versements appelés «primes». En contrepartie, l’organisme s’engage à verser un capital ou une rente temporaire, ou un mélange des deux, au terme de ce contrat, au bénéficiaire ou aux ayants droit. Les primes à payer doivent être au minimum de 200 dirhams. Toutefois, vous pouvez changer à tout moment le montant de cette prime et effectuer des versements exceptionnels en parallèle. Ces derniers sont limités, chez certains assureurs, à 500 ou à 1000 dirhams, mais chez d’autres, il n’y a pas de plancher.
Cette épargne est rémunérée selon un taux d’intérêt appelé «taux technique». Il est appliqué chaque année, au cumul des primes constituées. Ce taux correspond au minimum réglementaire en vigueur, actuellement de 3,25%, auquel s’ajoute la participation aux bénéfices de l’organisme résultant du placement des primes perçues sur le marché, nette de tous frais. Cette participation est généralement de l’ordre de 90%.
Le taux réglementaire étant commun à tous les établissement, c’est le taux supplémentaire provenant de la participation aux bénéfices et le niveau de participation qui sont déterminants dans le choix du produit de telle ou telle compagnie d’assurance. En effet, les performances de placement de ces organismes diffèrent. Chaque année, ils revalorisent l’épargne constituée, par capitalisation mensuelle, avec le taux qui ressort de leurs résultats à l’arrêté des comptes au 31 mars. Cette année, il a été observé sur le marché, à titre d’exemple, des taux pour l’année 2004 de 5,02% pour le produit Evolution, commercialisé par la BMCE (3,25% + participation aux bénéfices), de 5,20% pour le produit Educatis d’AXA assurance, et même de 6,10% pour Al Moustakbal Chaâbi, le produit d’épargne éducation de la CNIA. D’où l’importance de bien prospecter le marché, en observant les taux servis par ces compagnies.
Mais attention, faire un choix sur la base d’une comparaison des taux servis sur une année n’est pas suffisant. Les produits rente-éducation étant constitués d’une épargne à long terme, il est plus judicieux de comparer la rentabilité des organismes sur un certain nombre d’années.

Quelles conditions et à quel moment

Un seul souscripteur peut s’engager dans plusieurs contrats d’épargne éducation, au profit de plusieurs bénéficiaires, avec ou sans lien de parenté. Ces bénéficiaires doivent être âgés, au terme du contrat, de 18 à 25 ans, et, au moment de la souscription, au maximum de 15 ou de 18 ans, selon l’organisme en question. Sachez tout de même que pour disposer d’un même capital à 25 ans en souscrivant à l’âge de 13 ans, il faut s’acquitter du double de la prime qu’il faudra payer si la souscription se fait à l’âge de 5 ans. Ce qui revient à dire que commencer tôt permet de payer moins pour la même somme à toucher à la fin du contrat.
Outre la limite d’âge du bénéficiaire, il en existe une autre pour le souscripteur. Des compagnies fixent l’âge maximum du contractant à 60 ans au moment de la souscription. D’autres franchissent cette limite, mais en supprimant certaines garanties liées au contrat, notamment la garantie décès, invalidité, et la rente dite «de train de vie».

Comment parer aux aléas ou profiter d’une rente avant le terme du contrat

Les contrats d’épargne éducation, de par leur objet, vous permettent de constituer au profit de votre enfant une épargne qui lui sera versée à 18 ans et/ou jusqu’à 25 ans, en contrepartie du paiement de primes. Toutefois, les aléas de la vie peuvent, malheureusement, faire que vous cessiez de vous en acquitter suite à une invalidité partielle, totale et définitive, ou un décès. C’est pour cette raison que, généralement, ces contrats sont assortis d’une garantie décès et invalidité absolue et définitive, dont les frais sont inclus dans la prime à payer périodiquement. C’est une garantie qui engage votre assureur à prendre en charge le versement des primes d’épargne à votre place jusqu’au terme du contrat. Si le montant de ces primes variait avant ces circonstances, l’organisme payera soit la dernière prime régulière, soit une moyenne sur un an des dernières primes versées, avec, toutefois, pour certains organismes, un plafond qui peut varier de 2 000 à 3 000 dirhams. Cette garantie cesse de vous être acquise une fois l’âge de 65 ans atteint.
Une autre garantie peut être accordée, suite à la souscription de ces contrats, appelée, dans le jargon des assurances, «la rente de train de vie». Celle-ci n’est proposée que par quelques organismes de la place, et uniquement en option. Elle permet au bénéficiaire de disposer d’une rente, généralement trimestrielle, temporaire, jusqu’au terme du contrat. C’est une rente additionnelle qui garantit à votre enfant un revenu périodique pour subvenir à ses différents besoins jusqu’à la date où il touchera l’épargne éducation. Mais dans le cas où le souscripteur décède après son 65e anniversaire, cette garantie n’a plus d’effet.
Outre le risque de décès du souscripteur, le bénéficiaire est aussi sujet à cet aléa. Si c’est le cas, malheureusement, les primes revalorisées sont remboursées au souscripteur, dans le cas ou le
bénéficiaire décède avant le terme du contrat. Si le décès intervient après, la rente, si cette option a été choisie,
revient également au souscripteur.
Et dans le cas où le bénéficiaire décède après le souscripteur, l’épargne va aux autres bénéficiaires désignés. En leur absence, les sommes sont acquises à l’assureur.

Les coûts axquels il faut faire attention

La souscription d’un contrat d’épargne éducation donne lieu à des frais que vous devez payer à votre organisme. Ils englobent, chez certains, des frais d’ouverture ou de mise en service, généralement d’un montant de 100 dirhams, et chez d’autres, uniquement les frais de souscription et de gestion. Pour les premiers, ils sont calculés sur la base d’un taux appliqué au montant de chaque prime ou versement exceptionnel. Il est généralement de l’ordre de 3%. Pour les frais de gestion, c’est un taux de 0,5%, applicable annuellement à l’épargne constituée revalorisée. Dans un certain nombre d’organismes, le taux baisse quand le montant de la prime devient important.
Le coût des garanties additionnelles (garantie décès et invalidité, rente temporaire) est inclus dans le montant des primes à payer périodiquement. C’est un pourcentage sur ces mêmes primes relatif à une assurance décès.

Avantages fiscaux

Côté fiscalité, les primes versées au titre de l’épargne éducation ne sont pas déductibles de la base imposable à l’IGR (Impôt général sur les revenus). Mais l’épargne constituée bénéficie d’une exonération de l’IGR, si elle n’est pas retirée avant 10 ans. Sinon, le différentiel entre la somme des primes versées et l’épargne constituée est imposable à l’IGR, selon le barème prévu par la législation.