Les bons plans du deuxième semestre 2003

Retournement de tendance sur le marché actions.
Les OPCVM profitent de la situation.
Baisse des taux d’intérêt sur le marché obligataire.
Baisse des rendements des produits de bancassurance.

En début d’année, nous vous proposions un dossier  pour vous permettre de vous faire une idée sur les différents placements possibles pour l’année en cours, leur rendement, leur rentabilité, leur niveau d’exposition au risque, leur fiscalité… Six mois après, nous avons jugé utile de procéder à une mise à jour. En effet, durant le semestre écoulé, certains événements imprévus ou certains placements dont l’évolution a été inhabituelle ont changé la donne.
A commencer par le renversement de tendance qui s’est opéré à la Bourse des valeurs de Casablanca. Avec un taux de progression de 18% (Masi), le marché semble retrouver une vigueur perdue depuis trois ans. Et cette croissance n’est pas artificielle : elle est ponctuée par des hauts et des bas. L’embellie du compartiment actions a eu un effet direct sur les performances des fonds dédiés, entraînant un léger rééquilibrage des portefeuilles, qui devrait s’accentuer si la tendance se confirme.
Par ailleurs, les pronostics établis par les analystes obligataires et monétaires devront à leur tour prendre en considération des événements majeurs qui se sont déroulés à la fin du premier semestre (privatisation de la Régie des tabacs, campagne agricole…).
Autre facteur à prendre en compte : le rendement de l’investissement immobilier continue de s’apprécier surtout depuis que les banques ont affiché leur volonté d’accompagner la reprise du secteur.
Enfin, l’année 2003 sera certainement importante au niveau de la bancassurance. Les rendements sont certes en baisse, mais les professionnels s’attendent, grâce au nouveau code des assurances, à une amélioration qualitative du package offert par les banques et les compagnies d’assurance.Tour d’horizon.

1- Actions :
– Rémunération moyenne : +18% (performance du Masi depuis le début de l’année)
– Plus-values : exonérées
– Dividende : TPA de 10 % retenue à la source libératoire de l’IGR
L’année 2003 marquera-t-elle la fin de la crise de la Bourse des valeurs de Casablanca? Si l’on s’en tient à l’évolution des différents indices et indicateurs, la réponse est «oui». Mais au vu de la frilosité des investisseurs, on serait tenté de dire : «pas encore». Pourtant, les faits sont là : le Masi a gagné presque 18 % depuis le début de l’année. Cette évolution a pourtant été freinée par les récentes opérations de distribution de dividendes qui ont fait légèrement baisser le cours de certaines valeurs. Comme le répètent les professionnels, il ne manque à la reprise de la Bourse que l’élément psychologique : la confiance des investisseurs.
En attendant le retour de celle-ci, certaines valeurs cotées présentent un profil assez intéressant : fondamentaux solides, rendements de dividende élevés (jusqu’à 10 %), niveaux de cours assez bas, perspectives de développement prometteuses… Sous les projecteurs, on retrouve souvent les cimenteries et les sociétés évoluant dans le BTP, certaines entreprises agroalimentaires et les mastodontes de la Bourse de Casablanca (ONA, BCM, SNI…). Notons au passage la radiation de deux valeurs : BNDE et Général Tire.

2- OPCVM actions :
– Rémunération : de 15 % à 25%
– Fiscalité : fonction de la part d’actions détenue dans le fonds.
Si > à 85 % : exonération, sinon 10 % au titre de la taxe sur la plus-value
Les gestionnaires des fonds actions n’ont pas eu grand-chose à faire cette année pour doper les performances de leurs fonds. Ils sont certainement les premiers à avoir profité de la reprise de la Bourse de Casablanca. Les performances affichées par les OPCVM actions depuis le début de l’année se situent entre 15 % et 25%. Certains fonds atteignent même 30%.
Les fonds actions offrent peut-être l’un des meilleurs rendements, mais demeurent des instruments hautement risqués. La reprise de la Bourse n’étant toujours pas consolidée, tout épargnant qui choisit de mettre ses économies chez des gestionnaires de fonds actions s’expose à des risques difficiles à estimer à l’heure actuelle.
On distingue désormais deux catégories de fonds : ceux investis à 60 % en actions et ceux investis à 85 %. La raison de cette différenciation est purement fiscale, les premiers subissant une imposition sur la plus-value de 10% et les autres étant complètement exonérés depuis janvier 2002.

3- Obligations :
– Rémunération : variable selon les maturités. 3,22 % sur le 52 semaines
– Fiscalité : 20 % ou 30 % au titre de la TPPRF
Le ministère des Finances a fini par tenir sa promesse de privatiser la Régie des tabacs au courant de cette année, au grand bonheur du Trésorier du Royaume qui se retrouve financièrement très à l’aise. Plus de 14 milliards de dirhams ont ainsi renfloué les caisses de l’Etat. Le Maroc a par ailleurs réussi à lever plus de 4 milliards de dirhams sur le marché international. L’aisance financière du Trésor s’est fait ressentir au niveau du marché intérieur de la dette. En effet, depuis qu’il a encaissé le chèque d’Altadis, le Trésor ne fait presque plus appel aux adjudications des bons du Trésor. Ce déséquilibre entre l’offre (besoin de financement du Trésor) et la demande (besoin de placement des investisseurs) entraînera inéluctablement une nouvelle détente des taux, du moins durant les six prochains mois, et ce ne sont pas les gestionnaires de fonds obligataires qui se plaindront. Un mouvement baissier des taux d’intérêt dope les performances de leurs fonds.

4- Bons du Trésor à six mois :
– Rémunération : 3,90 % jusqu’au 30 septembre
– Fiscalité : 30 % libératoire au titre de la TPPRF
Les bons sur formules proposées par le Trésor au grand public ont profité de la hausse des taux observée pendant les premiers mois de 2003. Le Trésor offre du 3,90 % à quiconque investira dans cet instrument entre le 1er juillet et le 30 septembre de l’année. Le taux sera recalculé le 1er octobre sur la base des taux observés sur le marché des adjudications, et il risque fort d’être revu à la baisse.

5- OPCVM monétaire :
– Rémunération : entre 1,5 % et 3%
– Fiscalité : 20 % ou 30 % au titre de la TPPRF
Si la privatisation de la Régie des tabacs a fait beaucoup de bien aux finances du Trésor, elle n’a pas eu l’effet escompté sur le marché monétaire. En effet, Altadis a opté pour un montage financier insolite puisqu’il a choisi de financer une partie de son acquisition via le marché intérieur. Il a ainsi mobilisé plus de 3 milliards de dirhams auprès du système bancaire local. Cette importante opération de financement a asséché les liquidités de la place et les taux sur le marché monétaire sont au plus haut. Cette tension sur le marché dopera les performances des fonds monétaires et obligataires à court terme, grâce à la hausse des rendements des placements à très court terme.

6- Immobilier :
– Rémunération : variable
Les tendances se confirment sur ce marché. De l’avis des professionnels, les prix continueront à augmenter durant les prochains mois. Cette reprise est soutenue par l’effort consenti par les banques au niveau du crédit immobilier. Les taux d’intérêt sont tirés à la baisse (en dessous de 6%) et les conditions deviennent de plus en plus avantageuses: financement à 100%, durée de remboursement pouvant aller jusqu’à 25 ans…
L’investissement locatif est aussi un filon intéressant, surtout dans les grandes villes. Même s’il n’existe pas de données précises dans ce domaine, plusieurs agences nous ont confirmé que la demande se fait de plus en plus forte, du moins à Casablanca. Il faut toutefois prendre beaucoup de précautions avant de louer votre maison. Malgré les aménagements de la loi, le propriétaire n’est pas complètement protégé des abus du locataire.

7- Bancassurance:
– Rémunération : entre 4,5 % et 6%
Les compagnies d’assurance hésitent encore à communiquer les taux de rendement de leurs produits d’épargne, mais une tendance baissière se dessine. Les taux de rendement devraient en principe se situer entre 5 et 6 % pour l’année 2003. Les choses ne risquent pas de s’améliorer durant les prochaines années. En effet, l’autorité de tutelle a ramené le taux minimum garanti de 4,5% à 3,25 %.
Que ce soit pour l’épargne retraite ou la rente éducation, les produits de bancassurance sont par définition des placements de très longue durée. Ils permettent aux assurés de constituer progressivement une épargne pour garantir une rentrée d’argent à un moment donné (départ en retraite) ou en cas de besoin (financement des études des enfants)