Les billets de 200 DH représentent 45% des coupures en circulation au Maroc

Les Marocains toujours portés sur le «liquide» : le montant de la monnaie fiduciaire a augmenté de 75% en six ans. La coupure de 100 DH représente 42% en nombre et 31% en valeur. La pièce de 2 DH ne pèse que 3% dans le volume des pièces, loin devant celle de 1 DH qui représente 25% du total.

Les Marocains restent toujours très portés sur  la monnaie fiduciaire, autrement dit les billets de banque et pièces de monnaie. Bank Al-Maghrib le confirme dans son dernier rapport sur les systèmes et moyens de paiement : la circulation fiduciaire représente l’instrument de paiement le plus répandu et demeure très prisé par les utilisateurs dans le cadre de leurs paiements.
En effet, à fin 2010, le montant total de la monnaie fiduciaire s’est établi à 152 milliards de DH. Il est en hausse de 6,2% par rapport à fin 2009, sachant que sa progression en six ans s’élève à plus de 75%. Rien qu’en 2010, Dar As-Sikkah a produit plus de 550 millions de nouveaux billets de banque, contre 490 millions en 2009, soit une hausse de 13,7%. Le nombre de billets et pièces en circulation a ainsi augmenté respectivement de 4,7% et 4,3%. Il correspond à 33 billets et 64 pièces de monnaie par habitant en 2010, contre 31 billets et 61 pièces en 2009.

Notons toutefois que la part de la monnaie fiduciaire dans l’agrégat monétaire M1 (qui inclut également les dépôts à vue) n’a pas connu d’évolution notable au cours des quatre dernières années. Elle s’est maintenue en effet à 28% du total des moyens de paiement.
En ce qui concerne les billets de banque en circulation, leur nombre était de 1 105 milliards de coupures à fin 2010 pour un montant de 149,7 milliards de DH. La part de la coupure de 200 DH ne cesse d’augmenter, passant à 45%, alors que celle du billet de 100 DH recule et n’est plus que de 42%. Parallèlement, la proportion des billets de 50 DH et 20 DH se maintient respectivement à 4% et 8%.

Exprimée en valeur, la part de la coupure de 200 DH continue de progresser, passant de 62% en 2008 à 66% en 2010, et ce, au détriment de la part de la coupure de 100 DH qui a baissé à 31% en 2010 contre 35% en 2008. Les parts des coupures de 20 et 50 DH se sont, elles, maintenues au même niveau, soit respectivement 1% et 2% des billets en circulation.
Notons par ailleurs que les versements de billets aux guichets de Bank Al-Maghrib ont donné lieu à des opérations de tri qui ont porté sur 966 millions de coupures en 2010, toutes dénominations confondues, ce qui a abouti au retrait définitif de près de 500 millions de billets ne remplissant plus les conditions requises de remise en circulation.

Pour sa part, le volume des pièces en circulation s’est établi à 2,17 milliards d’unités à fin 2010. La structure de la circulation métallique reste marquée par la prédominance des pièces de 1 DH (25%), 1/2 DH (15%), 20 centimes (15%), 10 centimes (19%) et 5 centimes (12%), qui totalisent environ 85% de la circulation divisionnaire. Les parts en volume de toutes les catégories de pièces sont restées stables, hormis pour la pièce de 2 DH qui se renforce graduellement (3%).
En valeur, la répartition de la circulation métallique révèle le maintien des parts pour l’ensemble des pièces, notamment de 10 DH, 5 DH et 2 DH qui représentent respectivement 31%, 23% et 5%. De même, la proportion des pièces de 1 DH s’est maintenue à son niveau de 23%. Ainsi, les pièces de 10 DH, 5 DH et 1 DH concentrent plus des trois quarts du montant global des pièces en circulation.
Finalement, à 152 milliards de DH, la circulation fiduciaire occupe toujours une place importante au sein de l’ensemble des moyens de paiement. Mais il ne faut pas oublier l’importance des échanges scripturaux (chè-ques, virements, lettres de change) qui pèsent aujourd’hui le plus gros du système des paiements. En effet, le nombre de moyens de paiement scripturaux échangés via le Système interbancaire marocain de télé-compensation (SMIT) s’est établi en 2010 à 47,5 millions d’opérations, pour une valeur globale cumulée de 1 580 milliards de DH, soit 10 fois le montant de la circulation fiduciaire. Les chèques  représentent 54% de ce montant, les virements 35%, et les lettres de change normalisées 10%. Et pour ce qui est du paiement par cartes bancaires, il a totalisé 14,3 millions d’opérations en 2010, correspondant à une valeur de 7,2 milliards de DH.