L’effet harira ?

Les amateurs de curry le savent bien, l’oignon est un ingrédient essentiel dans la cuisine indienne. C’est l’un des légumes les moins chers et les plus consommés en Inde. Alors, quand son prix s’envole, la population réagit, et descend dans la rue pour protester, des colliers d’oignons autour du cou. Les indiens appellent ça «l’effet oignon». Cela peut prêter à sourire, mais nous n’avons probablement pas fini de voir des populations souffrir de la hausse des denrées de première nécessité, tant les matières premières agricoles ont vu leurs cours s’envoler cette année, et parfois même établir de nouveaux records. La hausse s’est même accélérée en décembre dernier, comme si les opérateurs se positionnaient pour une poursuite de la tendance haussière en 2011. Maïs, blé, colza, café, sucre… Peu de produits ont échappé à cette flambée des cours. Le maïs s’est apprécié de 45%, le soja de 30% et le blé de 70% en 2010. A l’origine de ces hausses spectaculaires, les caprices de la météo. Trop de pluie en Inde et en Asie du sud-est, sécheresse et incendies en Russie, manque de pluie en Argentine, gros producteur de soja. Mais le facteur déterminant reste que la production mondiale actuelle est incapable de satisfaire une demande qui ne cesse d’augmenter, comme le montre l’exemple de la Chine, où la forte croissance et la hausse du niveau de vie font que les Chinois commencent à changer leurs habitudes et consomment beaucoup plus de denrées alimentaires variées. La tendance pour 2011 semble malheureusement bien établie. Espérons qu’on évite quand même «l’effet harira»