Le palmarès des placements pour le premier semestre 2006

Les actions offrent des performances sans commune mesure avec les autres produits.
Moins risqués, les OPCVM offrent le meilleur compromis risque/rentabilité.
Les produits d’assurance perdent de leur attrait.

Encore une fois, ceux qui se sont dirigés vers la Bourse auront fait le meilleur choix. Au cours de ce premier trimestre, ils ont vu leur argent placé en actions afficher des gains de 30% en moyenne. Mieux. Ceux d’entre eux, qui ont fait preuve d’une gestion dynamique (en misant sur des valeurs précises, en prenant des positions et en se désengageant au bon moment) auront gagné plus de… 400% en l’espace de six mois. En mettant de côté les super coups de spéculation foncière, aucun investissement ne permet, pour le moment, de rapporter autant. Mais l’ampleur du gain se mesure également à  celle du risque. En ce sens, la Bourse n’a pas apporté que des bonnes nouvelles au terme du semestre passé. Des investisseurs y ont laissé des plumes en faisant leur entrée dans le marché quand il était au plus haut et ont vu leurs actions perdre de leur valeur au fil des séances boursières. Les baisses maximales ont été de l’ordre de 22%.

Sur l’échelle de la rentabilité, les OPCVM actions (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières) viennent en deuxième position. Voire en première si l’on associe leur performance au risque pris pour l’atteindre. Ces véhicules de placement ont vu leur valeur liquidative s’apprécier de 29% en moyenne depuis le début de l’année au 30 juin 2006, mais on n’a remarqué aucune performance négative. L’OPCVM actions qui a le moins progressé a tout de même réalisé un +8,2%. Soit mieux que la meilleure obligation et les autres instruments de placement que sont les comptes sur carnet, dépôts à  terme, contrats d’assurance vie ou bons de caisse…

Les OPCVM, d’une manière générale, amortissent le choc en cas de baisse puisqu’ils sont gérés par des professionnels qui n’ont qu’un métier : la gestion collective de vos fonds. C’est ce qui explique que leurs choix soient rarement catastrophiques, contrairement à  l’investissement direct en Bourse qui peut se transformer en un outil extrêmement destructeur de la valeur.

La performance ne peut être appréciée sans tenir compte du risque pris pour l’atteindre
Les places suivantes, sur le podium de la croissance absolue, sont occupées respectivement par les OPCVM diversifiés, les OPCVM obligations moyen et long terme, les OPCVM obligations court terme et les monétaires. C’est normal et, encore une fois, il ne faut pas apprécier la performance en tenant compte uniquement du risque pris pour l’atteindre. La vocation des OPCVM monétaires, par exemple, n’est pas de réaliser des taux de performance à  deux chiffres, mais de se limiter à  une croissance minimale, et surtout sans aucun risque de perte de la mise initiale.

Dans cette logique, les taux de rémunération des autres outils de placement, s’ils ne sont pas ridiculement bas, sont à  peine suffisants pour compenser l’inflation… officielle. Car au rythme o๠progressent les prix des biens sollicités par la catégorie des épargnants et investisseurs, on est loin du compte !

Assurance-vie et épargne retraite
Fini le taux minimum garanti…


Les épargnants regrettent déjà  le défunt «taux minimum garanti». Ce concept ayant été abrogé, les compagnies d’assurance ne sont plus dans l’obligation de servir aux souscripteurs de leur contrat un taux décent (qui dépassait les 4%) hors bonus. Désormais, on parle d’un taux minimum dégagé en fonction du taux moyen des bons du Trésor. Il est égal, au plus, à  70% du taux moyen des emprunts d’Etat, calculé sur une base semestrielle, et il ne peut dépasser 3,5%. Pour l’année 2005, le taux maximum de valorisation des contrats vie et capitalisation était de 3,25% et, mauvaise nouvelle pour les bénéficiaires de ce type de contrats, il est passé à  3% à  compter du 1er juillet 2006.

Heureusement que la loi oblige les compagnies d’assurance à  faire profiter leurs clients des bénéfices engrangés. Et le taux de participation ne peut être inférieur à  70% des bénéficies techniques et financiers réalisés. Ceci dit, ce taux reste naturellement tributaire du comportement technique du portefeuille de chaque compagnie et du rendement des placements financiers affectés à  la branche assurance-vie.

Bourse
22 valeurs ont fait mieux que le Masi qui, lui, a fait +30% !


Ceux qui ont investi en actions ont d’excellentes raisons de s’estimer heureux. Ils ont vu, en l’espace de six mois, leur mise de départ s’apprécier de 30% en moyenne si l’on se réfère au Masi, indice qui prend en compte toutes les valeurs cotées ( et +33% si l’on se base sur le Madex, l’indice des valeurs les plus liquides). S’ils font partie de ceux qui se sont retirés avant la deuxième semaine de mai, leur plus-value sera nettement supérieure puisque les indices affichaient près de 60% de gains à  cette date. Si encore ils ont fait les meilleurs choix, leur performance aura été autrement plus élevée car des valeurs comme Le Carton, LGMC, la Société chérifienne des engrais et Rebab Company ont vu leur cours progresser de plus de 80% depuis le début de l’année, plus de 400% pour certaines. Hormis ces valeurs très peu liquides, et à  évolution erratique, d’autres comme Sonasid, Crédit du Maroc, Afriquia Gaz, Samir et Ciments du Maroc se sont appréciées de 50 à  66 %.
Au total, ce sont 22 valeurs qui ont fait mieux que le Masi en terme de performance. Seule une douzaine de titres, sur les 57 que comptait le marché au 30 juin, ont vu leur cours dégringoler. A leur tête Zellidja, qui a perdu 24,7% de sa valeur en un semestre, suivie de CTM et des filiales agroalimentaires de l’Ona (Centrale Laitière, Cosumar et Lesieur), dont les cours se sont rétractés respectivement de 22,7, 20,6, 18,5 et 16,3%.
Le dynamisme du marché boursier durant ce premier semestre a naturellement entraà®né dans son sillage les fonds actions et diversifiés (voir encadrés ci-dessous) et ce, dans ses deux phases d’évolution.
Si vous préférez raisonner en termes sectoriels, la palme revient au « pétrole & gaz » et au « bâtiment & matériaux de construction », dont les indices ont gagné respectivement 52,87 et 50,8%. Ils sont talonnés par les « hôtels et loisirs » qui, grâce à  Risma, ont fait + 45,8% et les « banques », dont l’indice s’est apprécié de 41,45% en six mois. En bas de liste, le transport et l’agroalimentaire, avec -22,65 et -15,9%.
OPCVM Actions
Les avantages du marché actions, mais avec un risque amoindri


Les OPCVM actions (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières, investis essentiellement en actions) ont su profiter de l’euphorie boursière qui a caractérisé le premier semestre. Ils affichent tous, sans exception aucune, des performances positives au 30 juin. Leurs valeurs liquidatives se sont ainsi améliorées de 8,2% à  38,8%, avec une concentration plutôt aux alentours de 29%.

Les sept premiers taux de progression sont tous signés Wafa Gestion, avec un vaisseau amiral nommé Attijari actions, qui arbore fièrement un +38,8% en six mois. Loin derrière, à  la huitième position, on retrouve CFG Performance et CFG Valeurs, de CFG Gestion, et FCP Capital Imtiyaz Expansion de BMCE Capital Gestion, dont les valeurs liquidatives se sont bonifiées de quelque 34%.

Notons que cette catégorie de placement doit être jugée sur la durée. Moins risqués que l’investissement direct en Bourse, les OPCVM actions permettent d’amortir les crises et d’amplifier les gains puisqu’ils sont gérés par des professionnels qui savent limiter les dégâts et profiter des meilleures occasions sur le marché.

OPCVM OBLIGATIONS MLT
Des performances honorables

Jusqu’à  +7,42% : les performances des fonds investis dans les obligations moyen et long termes sont extrêmement satisfaisantes. Bien évidemment, elles sont largement inférieures à  celles affichées par les OPCVM actions et diversifiés, mais il faut comparer des choses comparables. Car les investisseurs qui optent pour cette catégorie de fonds privilégient plus la sécurité de leur capital que la rentabilité. Ils désirent rémunérer au mieux leur investissement, mais ne veulent pas prendre le risque de perdre leur mise de départ. Au terme du premier semestre, ils ont été doublement récompensés.
Au total, ce sont huit fonds qui ont vu leur valeur liquidative s’apprécier de plus de 6% en six mois. A leur tête figurent Patrimoine Obligations (de Wafa Gestion) et Upline Rendement (Upline Capital Management), FCP Maroc Valeurs (Marogest) et AFG Income Fund (Gestar) qui parviennent même à  franchir la bare de +7 % depuis le début de l’année.
OPCVM DIVERSIFIéS
Ils jonglent entre l’embellie boursière et le comportement du marché des taux

Avec des performances allant de +11,9 à  +32,9% (et une moyenne de 20%), les OPCVM diversifiés se comportent à  merveille. Ils ont su tirer le meilleur de l’embellie boursière compte tenu de leur formation qui se caractérise par un portefeuille comprenant aussi bien des actions que des titres de taux. FCP Medersat.com (+32,9%) et FCP Capital Imtiyaz Croissance (+29,97%) de BMCE Capital Bourse tirent le peloton de tête, suivis d’une dizaine de fonds de Wafa Gestion (avec des performances comprises entre +21,1 et +25,84%) et d’un fonds de Marogest, Maroc Croissance en l’occurrence, qui a vu sa valeur liquidative s’améliorer de 22,79% en six mois.
OPCVM MONéTAIRES & Obligations Court terme
Jusqu’à  2,2% pour une trésorerie disponible

S’adressant aux institutionnels qui pratiquent une gestion dynamique de leur trésorerie, les fonds purement monétaires et les fonds obligations court terme ont offert, au terme du premier semestre 2006, des performances allant de 1,06 à  2,19%. 1,06 à  1,75% pour les premiers et 1,13 à  2,19% pour les seconds pour être plus juste. Des rendements qui n’ont l’air de rien, mais que les trésoriers d’entreprise trouvent très intéressants car associés à  une liquidité totale, une gestion externalisée et professionnelle, une information régulière et transparente et des droits d’entrée et de sortie nuls dans l’écrasante majorité des cas.
BONS DE CAISSE & DEPôTS à  TERME
+16 points de base pour les BC et DAT à  6 mois

Les taux des bons de caisse et des dépôts à  terme se sont, d’une manière générale, améliorés durant le premier semestre 2006. Ceux des bons de caisse et des dépôts à  six mois sont passés de 3,29% en décembre 2005 à  3,45% en mai (derniers chiffres disponibles), soit une précieuse progression de 16 points de base. Dans le même temps, les bons et dépôts à  12 mois ont timidement gagné 1 point de base, se stabilisant à  3,62%, après un niveau plancher de 3,57% en février 2006. Sur une année glissante, l’amélioration a été de respectivement +14 et +4 points de base (cf. graphique).
Des niveaux supérieurs aux taux minimums appliqués par les banques aux comptes sur carnet, mais pour un mécanisme contraignant, par définition peu liquide et qui entraà®ne, pour toute sortie avant terme, majorations et pénalités.
BONS DU TRéSOR à  6 MOIS
Le taux gagne quelques points de base

Ces bons, dits «sur formule», même s’ils sont inscrits en compte depuis la dématérialisation des titres et la mise en place de Maroclear, sont taillés sur mesure pour les particuliers. Et pour cause, ils sont disponibles auprès des trésoreries du royaume, agences de Bank Al Maghrib et guichets de banque au prix unitaire de 1 000 DH, alors que le prix unitaire des bons du Trésor classiques est de 100 000 dirhams. Ils présentent également l’avantage de devenir liquides à  l’expiration des 3 premiers mois, avec la possibilité, en plus, de pré-escompter 50% des intérêts trimestriels. Le taux de cet instrument est indexé sur le taux moyen pondéré (TMP) des bons du Trésor à  26 semaines, auquel on ajoute une prime de 25 points de base. Le taux de rémunération de ces bons était, jusqu’au 30 juin 2006, de 2,90% l’an. A partir de juillet, il est passé à  3,05%.
OBLIGATIONS
Un placement pépère dont les rendements s’effritent d’une année à  l’autre

La tendance des rendements sur le marché obligataire est à  la baisse d’une année à  l’autre. C’était le cas également pour ce premier semestre de 2006 o๠la courbe des taux a connu un aplatissement entre le 1er janvier et le 30 juin, plus accentué au niveau de sa partie longue.
Cette tendance est favorable dans la mesure o๠les anciennes obligations sont mieux valorisées quand les taux sont à  la baisse, mais ne l’est pas quand les nouvelles arrivent à  échéance, offrant de ce fait un niveau de rendement moins intéressant.
Cette situation est le fruit de deux phénomènes qui ont marqué le marché obligataire durant ce premier semestre 2006. Le premier concerne le Trésor public, unique demandeur de fonds sur ce marché. Ce dernier s’est retrouvé avec une situation budgétaire confortable. Ses avoirs dans les comptes de Bank Al-Maghrib sont en effet de l’ordre de six milliards de dirhams. Ceci, combiné à  des besoins en remboursement de la dette publique en baisse par rapport à  2005 et à  une diversité des sources de financement, a limité les levées du Trésor, surtout à  partir du 2e trimestre 2006.

Le deuxième phénomène concerne cette fois-ci les investisseurs, pourvoyeurs de fonds. Avec un niveau de liquidités très important et une confiance dans le contexte macroéconomique du pays, ils n’ont pas manqué de répondre aux appels du Trésor, avec même une disproportion flagrante. Ces investisseurs ont en effet exprimé une offre de 204 milliards de dirhams durant le premier semestre de l’année, contre uniquement des levées du Trésor de 27 milliards, soit un faible taux de satisfaction de 13,2%.
Ces conditions ont donc tiré les rendements à  la baisse, surtout les maturités longues qui sont les plus prisées par les investisseurs. A titre indicatif, les bons à  maturité 20 ans ont chuté de près d’un point en six mois.

Par contre, les maturités courtes ont connu une légère hausse suite à  la politique de reprise de liquidités de Bank Al-Maghrib.
Pour le reste de l’année, on prévoit la poursuite de cette tendance.

LIVRET D’éPARGNE nationale
Accessible… mais c’est tout !

C’est désormais une véritable tendance, le taux de rémunération de l’épargne gérée par Poste Maroc (Barid Al Maghrib) baisse chaque semestre de 5 points de base. Ainsi, il est passé de 1,55 (S1 2005) à  1,50 (S2 2005) pour s’inscrire finalement à  1,45% (S1 2006). Des avantages malgré ce taux ridiculement bas ? Oui, tout de même et c’est probablement l’une des raisons qui pousse ses adeptes à  le préférer à  d’autres placements plus rentables : gratuité totale des opérations, exonération des gains pour les personnes physiques (les personnes morales sont soumises à  une TPPRF de 20% sur les intérêts perçus), large couverture du territoire (les guichets sont partout, ce qui pousse d’ailleurs plusieurs banques à  nouer des relations de partenariat avec la poste) et la garantie par l’Etat du remboursement des dépôts à  la CEN ainsi que du service des intérêts.
Autre avantage, l’accessibilité : les dépôts démarrent à … 5 DH.
Comptes sur carnet
8 points de base en moins par rapport au semestre précédent

Après une légère hausse au semestre dernier, le taux minimum appliqué par les banques aux comptes sur carnet retrouve le chemin de la baisse. Il se rétracte ainsi de 8 points de base, passant de 2,57% entre le 1er janvier et le 30 juin 2006, à  2,49% à  partir du 1er juillet jusqu’à  fin décembre prochain.
Il fallait s’y attendre, puisque l’évolution de ce taux est directement liée à  celle des bons du Trésor. En effet, le taux de rémunération minimum des comptes sur carnet est égal au «taux moyen pondéré des bons du Trésor à  52 semaines, émis par adjudication au cours du semestre précédent, diminué de 100 points de base».
Ce taux s’entend en plus hors TPPRF (taxe sur les produits de placement à  revenu fixe) qui s’élève à  30% des intérêts versés.
Ces taux sont qualifiés de «minimum», mais cela ne veut pas dire que les banques surenchérissent pour attirer leur clientèle vers ce produit, la situation de surliquidité l’en dissuadant.