La surliquidité du marché ne peut qu’empirer

Les professionnels sont parvenus depuis assez longtemps à la conclusion que le marché monétaire marocain est structurellement excédentaire et que les banques ne savent plus quoi faire avec le cash qu’elles ont. La situation actuelle du marché est le résultat d’une succession d’opérations de privatisation et d’une forte appréciation des virements des MRE et des recettes de voyages qui ont drainé des sommes importantes. En contrepartie, l’économie marocaine n’a jamais su résorber cet excédent de cash qui a alors envahi les trésoreries des banques.
Les taux d’intérêt sur le marché interbancaire se situent aujourd’hui aux alentours de 2,25 %. Un niveau qui reflète tout l’effort fourni par la banque centrale pour réguler le marché. Même si BAM n’a pas encore trouvé la formule magique pour faire disparaître tout cet excédent de cash qui encombre le système bancaire, elle a tout de même réussi, en faisant jouer tous les instruments de régulation mis à sa disposition (appels d’offres, réserve obligatoire, avances, reprises de liquidités, opération d’open market, swaps de change), à réduire fortement la volatilité des taux et à lisser leur évolution. «Aujourd’hui, il n’y a quasiment aucun risque de voir les taux passer de 0,5 % à 3,5 % en l’espace de quelques séances. BAM parvient, tant bien que mal, à faire évoluer les taux monétaires dans la fourchette des taux directeurs», confie un gestionnaire. Ce qui permet aux fonds monétaires et obligataires court terme d’afficher des performances assez stables, se situant sur une année glissante entre 2,5 % et 3,5 %.
A l’approche de la saison estivale, durant laquelle le marché bancaire connaît traditionnellement des pics de surliquidité (recettes de voyages et transferts des MRE), et dans l’expectative de la cession des 16 % de Maroc Telecom à Vivendi, la situation sur le marché monétaire devrait empirer. Le marché aura sans doute beaucoup de mal à digérer une injection supplémentaire de plusieurs milliards de dirhams