La SNI tire un trait sur les huiles

L’offre publique de vente porte sur 22,8% du capital, soit plus de 6 millions de titres d’une valeur de 580 MDH. La société prévoit un chiffre d’affaires et un résultat net en hausse, respectivement de 4,5% et 10,3% en moyenne par an d’ici 2017. Cosumar et Centrale Laitière feront l’objet d’une opération du même genre incessamment.

Le désengagement total de la SNI de ses filiales matures se poursuit. A partir du 12 juin, le holding d’investissement ne détiendra plus aucune participation dans Lesieur Cristal, première de ses filiales dont elle avait cédé le contrôle en 2012. Centrale Laitière et Cosumar devraient bientôt suivre, comme le confirme la SNI.

Le désengagement total de Lesieur est une promesse faite par la holding en 2010, quand elle avait amorcé sa restructuration. A l’époque, elle avait déclaré son intention d’élargir l’actionnariat de ses filiales matures à travers la cession d’une partie de ses participations en bourse. Avec l’OPV sur Lesieur, la SNI va ainsi renforcer le flottant en bourse de la société en y injectant les 22,8% de capital qu’elle détient actuellement, soit plus de 6 millions de titres pour un montant dépassant les 580 MDH. De quoi animer, ne serait-ce que pour un moment, un marché qui se morfond dans la morosité. De même, en renforçant le flottant de Lesieur, la SNI donne un coup de pouce à la liquidité de la valeur, ce qui devrait avoir comme incidence une meilleure valorisation du titre. C’est du moins ce que prédit Idriss Berrada, DG d’Attijari Finance Corp.

Tous les souscripteurs seront servis

La particularité de l’opération initiée par la SNI s’illustre principalement par l’ouverture des souscriptions à l’ensemble des investisseurs intéressés. «Contrairement à ce que l’on a pu constater dans les opérations du genre initiées sur le marché, la présente OPV sera ouverte à la fois aux particuliers et institutionnels, sans une répartition des titres à céder en tranches», insiste Idriss Berrada. En fait, le schéma de l’opération tel que validé par le CDVM prévoit que le paquet mis en vente sera d’abord alloué à raison d’une action par souscripteur, avec priorité aux demandes les plus fortes.

L’actionnariat salarié encouragé

L’attribution se fera par itération, jusqu’à atteindre un maximum de 100 actions par souscripteur. A la suite de la 1ère allocation, le reliquat des titres offerts sera distribué au prorata de l’excédent des demandes de titres dépassant les 100 actions. A travers ce mécanisme, les initiateurs de l’OPV donnent un maximum de chances aux petits porteurs d’être servis, même si la demande des institutionnels est importante.
Au niveau des prix de vente, là encore la SNI frappe fort. La note d’information prévoit deux niveaux de prix plutôt alléchants. Le premier est de 85 DH par action appliqué aux 534 755 actions exclusivement réservées aux salariés. Le second est de 93 DH pour le reste des titres. Ce niveau de prix devrait, selon les premières estimations, faire en sorte que l’opération connaisse un engouement de la part des investisseurs. Et pour cause, il offre une décote importante à la fois sur le cours de l’action au 19 mai (106,90 DH), sur la valorisation du titre retenue pour la note d’information (123,80 DH) ainsi que sur les prix de vente appliqués lors de la cession des 41% du capital à Sofiprotéol (115 DH) et des 24,7% aux autres institutionnels (110 DH).

Ceci étant, bien que le prix de cession soit attractif, le top management de Lesieur s’attarde davantage sur les perspectives prometteuses de la société comme argument pour convaincre. Selon le business plan présenté en marge de l’annonce de l’opération, la société devrait renforcer considérablement ses indicateurs financiers sur les quatre années à venir.
Le spécialiste des huiles alimentaires et des savons devrait considérablement tirer profit de la stratégie qu’il est en train de déployer: le renforcement du positionnement de ses marques phare, l’excellence opérationnelle et l’augmentation de ses exportations. Ainsi, d’ici 2017, le chiffre d’affaires devrait en moyenne croître de 4,5% par an et le résultat net de 10,3%. Ceci mènerait donc Lesieur vers une amélioration de sa marge net d’un point, celle-ci devant passer de 4,2% actuellement à 5,2% nY.T.