La Bourse fait du charme aux épargnants

Le placement en actions cotées a permis aux épargnants de gagner plus de 12 % par an durant
les dix dernières années.

La Bourse de Casablanca lance une offensive de charme. Son objectif n’est, ni plus ni moins, que d’attirer le maximum d’épargnants et de les inviter à placer leur épargne dans des produits boursiers. Le message est clair : parmi tous les produits de placement, c’est la Bourse qui offre la meilleure rentabilité à long terme. Elle met donc en avant le chiffre exceptionnel qui illustre cela. Sur les dix dernières années, la Bourse a offert à ceux qui l’avaient choisie pour faire fructifier leur patrimoine un gain de 215 % net d’impôt, soit une moyenne de 12,14 % par an en moyenne et ce, malgré les quatre années de performances négatives étalées de 1999 à 2002.
Si la Bourse de Casablanca met en avant le taux de rentabilité plutôt que d’autres arguments comme son professionnalisme ou encore la sécurité des sommes qui y sont investies, c’est parce qu’elle se fonde sur les conclusions d’une enquête qualitative qu’elle a menée auprès de 1 500 épargnants. L’étude, qui a grandement aidé à mesurer le profil de l’épargnant marocain, ses comportements, perceptions, motivations ainsi que ses insatisfactions et freins a fait la lumière sur l’importance de la rentabilité. Ce critère est cité par 38 % des sondés, loin devant la qualité des services (17 %) et la sécurité des biens (17 %).

Une ligne téléphonique pour se faire conseiller
Les conclusions de l’étude ont poussé la Bourse de Casablanca à faire le choix d’orienter les épargnants vers leurs conseillers financiers, les banquiers en tête. Car, un épargnant sur deux fait confiance à son banquier. 75 % des sondés se basent sur les amis pour faire leur choix et comme la même proportion des épargnants affirme « ne rien savoir » sur la Bourse, la décision a été prise de lancer une ligne verte. «Allô épargne» (022) 44 40 90) a pour ambition de mieux conseiller les épargnants et de les orienter vers le réseau bancaire qui commercialise les SICAV. Le service a été internalisé afin de prodiguer les meilleurs conseils et d’utiliser les mots qu’il faut en fonction du profil de l’appelant.
Précisons que les responsables de la Bourse conseillent aux épargnants de choisir plutôt l’investissement à travers les OPCVM à l’investissement direct en Bourse. C’est pour cela qu’il n’y a pas d’ambiguïté dans le message diffusé à la radio et les affiches qui l’accompagnent. On oriente directement vers les SICAV.
La campagne est loin d’être conjoncturelle. Elle s’inscrit dans la durée et la cible identifiée (les épargnants) n’est que la première d’une longue série, intégrant également les émetteurs, les institutionnels, le grand public, les professionnels du marché et les prescripteurs. Objectif : doubler le nombre de sociétés cotées et multiplier par vingt le nombre des épargnants faisant appel à la Bourse dans un horizon de dix ans.
Le timing, quant à lui, n’est pas fortuit. La Bourse entend bien surfer sur la vague que ne manquera pas Maroc Telecom de créer. A elle seule, l’introduction en Bourse de l’opérateur historique devrait attirer plus de 100 000 boursicoteurs. Autant se positionner rapidement, laisser mûrir l’idée dans la tête des épargnants et être présent au moment opportun

La Bourse entend bien surfer sur la vague que ne manquera pas de créer Maroc Telecom. A elle seule, l’introduction en Bourse de l’opérateur historique devrait attirer plus de 100 000 boursicoteurs.