J’veux mon Franc suisse

Que font les investisseurs en période d’incertitude ? Ils cherchent naturellement l’endroit le plus sûr pour placer leur argent. C’est le genre de soucis que l’on souhaite à tous en cette fin d’année, mais apparemment, l’exercice n’est pas si facile. Il est clair que l’euro n’a plus du tout la faveur des investisseurs, alors que de nombreux pays européens, aux déficits budgétaires incontrôlables, s’enfoncent dans la crise de leur dette. Acheter du dollar ? Cela ne paraît pas raisonnable non plus au vu du déficit américain actuel et de l’utilisation plutôt intensive de la planche à billets par les autorités. L’or pourrait être une bonne idée, car en plus du statut psychologique de valeur refuge, il permet aussi de se prémunir contre l’inflation. Mais le métal jaune a déjà atteint des sommets (60% de hausse en 2 ans !), et un retournement pourrait être dangereux. Investir dans la pierre ? Nul n’a oublié que l’immobilier était à l’origine de la crise financière, et on commence à se méfier des bulles spéculatives. Reste… le Franc suisse. Depuis quelque temps, les opérateurs en quête de sécurité se l’arrachent. Il vole de record en record contre les autres devises, et il ne faut plus que 1,25 franc suisse pour acheter un euro. De fait, il est devenu le nouveau «Deutsche mark», un refuge sûr pour placer son argent. Le seul bémol est que l’économie suisse est trop petite pour faire figure d’abri sans risque. Son PIB, à 490 milliards de dollars, représente moins d’un sixième de celui de l’Allemagne, et les Suisses, dont les exportations s’érodent, voient d’un très mauvais œil cet engouement. Est-ce la nouvelle bulle spéculative du moment ?