Immobilier : les prix se consolident à  leurs niveaux

C’est le moment d’acheter, selon les professionnels contactés. A Casablanca et Rabat, les prix n’augmentent plus mais la pression se maintient. Tendance à  la stabilisation à  Tanger, Fès et Agadir après des baisses de près de 20%.

Le marché de l’immobilier tourne toujours au ralenti. Hormis le segment social, les transactions portant sur des logements neufs se font au compte-gouttes. Les professionnels contactés confirment la persistance de la demande dans les grandes villes mais les concrétisations se font toujours rares. L’offre est également abondante mais «ne trouve pas preneur face à une clientèle plus exigeante et qui s’attend à une éventuelle baisse des prix», affirme un agent immobilier. Plusieurs raisons expliquent le maintien des prix à leur niveau, dont la hausse des coûts de production et la rareté du foncier.

Toutefois, la situation diffère selon les villes. Au moment où les promoteurs immobiliers à Casablanca et Rabat ne veulent concéder aucune baisse des prix, ceux à Tanger, Marrakech, Agadir ou Fès se montrent plus flexibles. De fait, la rareté du foncier et l’attractivité des deux premières villes font en sorte que la pression sur les prix se maintienne depuis plusieurs années. Dans les autres villes, qui sont à caractère touristique ou dont le poids économique est moins important, les prix ont baissé ces dernières années suite au ralentissement de l’activité, et l’on peut toujours obtenir des remises face à des promoteurs pressés de liquider leurs stocks. Mais globalement, les professionnels contactés assurent que le potentiel de baisse est quasiment consommé. Ainsi, ils estiment que les prix devraient continuer à stagner sur l’axe Rabat-Casablanca et ne devraient plus baisser davantage dans les autres villes.

Casablanca : les promoteurs cèdent dans certains quartiers

Le marché de l’immobilier à Casablanca est à part. Malgré le ralentissement des transactions, les prix ne baissent pas car la demande est grandissante. Le prix du mètre carré se maintient à 20 000 DH au Maârif et peut aller jusqu’à 25 000 DH à Gauthier ou au Triangle d’or. A bourgogne, il atteint toujours 18000 DH alors qu’au Quartier des Hôpitaux, il démarre à 15000 DH. Au centre-ville, l’on peut trouver des logements entre 10000 DH et 12 000 DH/m2. Dans ce contexte, les acquéreurs potentiels continuent de manifester leur intérêt, mais sans conclusion de contrat. «L’offre existante ne répond pas exactement à la demande des acquéreurs. Mais, il viendra un jour où ces derniers devront s’y faire, vu le manque de nouvelles mises en chantier», explique un promoteur. Et d’ajouter : «La classe moyenne est plus exigeante. Elle est en quête de biens immobiliers avec les standards du haut standing, mais sans pour autant disposer du budget adéquat. En découle le tassement des transactions».

Rabat : la capitale manque de nouveaux projets

En revanche, la clientèle du haut standing trouve facilement chaussure à son pied vu la multitude des projets lancés, surtout dans la périphérie de Casablanca.
Cela dit, les promoteurs font baisser les prix dans certains quartiers où ils avaient atteint des niveaux similaires à ceux de zones plus réputées. A Belvédère, par exemple, un promoteur a réduit son prix de 20%, à 10000 DH/m2.
La même situation prévaut à Rabat. Adil Rahmoune, directeur de l’agence immobilière Immoclair Service, note actuellement quelques transactions dans certains quartiers du Haut Agdal ou de Hay Riad. Mais il précise que ce regain de dynamisme n’est pas général. Pour leur part, les prix des logements neufs n’ont pas baissé. Ils restent soutenus par une demande qui dépasse l’offre. En effet, la capitale manque de nouveaux projets immobiliers et les chantiers en cours sont mis en stand-by en attendant la reprise du marché.

Marrakech : la suroffre persiste

Toutefois, un promoteur réalisant des programmes au quartier Al Wifaq à Témara commence à accorder des remises de près de 10% pour pouvoir liquider son stock. Ainsi, il propose le mètre carré à 10 000 DH actuellement contre 11 000 DH au début de l’année. Par ailleurs, les prix des biens de seconde main s’inscrivent sur une tendance baissière dans certains quartiers, «baisse pouvant atteindre 30% mais seulement dans les résidences mal entretenues, sans syndic…», précise M.Rahmoune.
En tout cas, au quartier Hassan, le prix du mètre carré dans le résidentiel neuf peut démarrer à 8 000 DH et aller jusqu’à 12 000 DH. Il frôle les 25 000 DH au Haut-Agdal et à Hay Riad.
L’offre de logements à Marrakech est abondante mais la demande ne suit pas. «Le stock d’appartements vides est encore conséquent car l’on n’enregistre que quelques transactions pour le compte de la clientèle locale», explique Noreddine Belbachir, DG de l’agence immobilière Marrakech Connexion. Cette situation n’est pas étonnante car le gros des transactions dans la ville ocre était réalisé par des clients européens qui, après la crise, ont fui le marché. Ce qui a eu pour effet une chute générale des prix. A l’intérieur de la ville, ils ont baissé de 30% contre plus de 40% à l’extérieur.

En effet, aux quartiers Guéliz et l’Hivernage, le prix du mètre carré est passé de 14000 à 10 000 DH actuellement. Pareil pour le centre-ville ou même l’avenue Mohammed VI où le prix se négocie actuellement respectivement à 11 000 DH et 14 000 DH. Toutefois, M. Belbachir fait remarquer que les appartements neufs situés au 5e étage, par exemple, donnant sur une avenue principale et disposant d’une terrasse, ne se vendent pas à moins de 16 000 DH. A côté de cela, certains promoteurs qui ont lancé de nouveaux projets immobiliers ont suivi la tendance actuelle et proposent le mètre carré à 12500 DH. Dans ces conditions, même les terrains ont enregistré de fortes baisses sans pour autant trouver preneur. Par exemple, un terrain à Victor Hugo qui coûtait 25000 DH/m2 en 2008 vaut actuellement 12 000 DH !

Tanger : un statu quo qui dure depuis des années

La ville du détroit a les mêmes caractéristiques que Marrakech, avec une abondance de l’offre et une demande qui ne se manifeste pas. Abdelhai Sbai, promoteur immobilier, s’alarme : «Même les appartements acquis ces dernières années par les MRE sont mis en vente actuellement». Si la clientèle principale du marché immobilier tangérois, les MRE, s’en désengage, les locaux, eux, demeurent dans l’expectative. En tout cas, les prix se sont enfoncés de plus de 20% sur les dernières années. Mais actuellement, la tendance est à la stagnation avec des prix du mètre carré oscillant entre 10 000 et 12000 DH pour le moyen standing. Le haut standing, lui, destiné à une clientèle locale aisée varie de 14 000 à 18000 DH, au parc Brooks par exemple.

Fès et Agadir : les prix stagnent après des baisses allant jusqu’à 20%

L’immobilier à Fès et à Agadir tourne aussi au ralenti, et ce, malgré une importante baisse des prix enregistrée au cours des dernières années. Dans la capitale spirituelle, la suroffre persiste dans le segment du moyen standing. Dans ce contexte, les promoteurs préfèrent écouler leur stock avant de lancer de nouveaux projets, même si les terrains sont proposés à des prix très abordables. Ainsi, par rapport à il y a 2 ans, les prix ont enregistré des baisses de 15%, voire 20%, comme c’est le cas sur la route de Sefrou où les appartements sont proposés à 8 000 DH/m2 alors qu’ils étaient à 9 500 DH. Pareil au quartier Narjiss ou sur la route d’Imouzzer où des réductions de plus 12% sont accordées sur le prix affiché. On peut y trouver des logements à partir de 6 000 DH/m2.

Agadir est dans la même situation, à savoir une baisse du rythme des mises en chantiers, une suroffre et une demande qui se manifeste de moins en moins. S’ajoute à cela une caractéristique propre à la capitale du Souss: l’achat de terrain et l’auto-construction séduisent plus que l’acquisition de logements réalisés par des promoteurs. Pour toutes ces raisons, les prix ont reculé d’environ 20% sur les dernières années. Selon le standing souhaité, le prix peut aller de 10 000 DH à 20 000 DH, pointer même à 25 000 DH dans des quartiers plus huppés.