Free-lance : Un mode de travail gagnant stimulé par la crise

• Les observateurs tablent sur un basculement important vers le travail en free-lance.

La communauté des free-lances s’est renforcée durant ces dernières années. Entièrement consacrés au travail indépendant ou ayant une double casquette de salarié, ils sont de plus en plus à opter pour ce mode de travail. Néanmoins, avec l’avènement de la crise et la sidération collective face à la pandémie, l’activité de cette niche d’électrons libres a relativement ralenti au Maroc comme partout d’ailleurs.
«Au début du confinement, le nombre de nouvelles missions au niveau des grandes entreprises a nettement baissé. Ces dernières ont préféré geler leur budget, par manque de visibilité. Il faut dire que les free-lances sont les premières ressources coupées en période de crise, préservation de trésorerie oblige. Donc nous avons effectivement levé le pied avec certains prestataires, mais la reprise n’a pas tardé à se ressentir, une fois le choc de la pandémie passé, de nombreuses entreprises se sont mises à reprendre leurs projets laissés en suspens», affirme l’un des gérants d’une plateforme free-lance.
Des dires confirmés par un autre opérateur qui atteste que l’activité a démontré sa résilience lors de cette crise sanitaire, puisque «seule une minorité a vu ses missions suspendues ou arrêtées». Un constat vérifié surtout dans le domaine de l’IT. «Les freelances IT apportent une expertise dont ne dispose pas la société. Encore plus en ces temps de crise, dans le sens où la transformation digitale est au cœur des préoccupations des sociétés, une transition numérique est vitale pour assurer la pérennité de leurs activités», poursuit-il..
Il est clair que la crise va accélérer une transformation de notre économie et la promotion du télétravail encouragera davantage un mouvement de digitalisation de l’économie. Les free-lances ont une carte à jouer dans ce domaine, selon les observateurs qui s’attendent à un basculement important vers le travail en free-lance.
Si cette formule présente plusieurs avantages pour ces travailleurs indépendants, elle pourrait l’être davantage, surtout sur les plans fiscal et juridique vivement appelés à être plus étoffés (notre experte comptable Leila El Andaloussi, nous en parle davantage dans sa chronique de cette semaine).
En tout cas, pour peu que les personnes aient les compétences requises, l’accès au monde du free-lance est simple et ouvert à tout le monde, surtout le free-lance en ligne. Les missions sont consultables en un clic, grâce à une multitude de plateformes en ligne marocaines ou internationales spécialisées qui connectent des centaines de millions de free-lances à des employeurs à l’échelle mondiale. Tous les domaines et toutes les compétences sont prisés dans les quatre coins du monde : de la rédaction à la programmation, en passant par l’élaboration de business-plans, la vente, le marketing, ou encore la comptabilité et les services juridiques.
Il suffit de créer gratuitement un compte en ligne sur la ou les plateformes qui intéressent. Pour être référencé comme free-lancer sur le site, l’utilisateur devra remplir un formulaire où il renseignera notamment son tarif journalier, ses compétences, son CV et la nature des missions susceptibles de l’intéresser. Il s’engage à ne pas publier ses coordonnées personnelles ou professionnelles par message ou dans des champs inappropriés en vue de les divulguer. Il s’engage aussi à réaliser toutes les déclarations et les formalités nécessaires une fois son activité sur le site en question, ainsi qu’à satisfaire toutes ses obligations légales, sociales, administratives et fiscales qui lui incombent le cas échéant en application du droit marocain et/ou de la législation étrangère dont il dépend, dans le cadre de son activité et de l’utilisation des services.
Une fois inscrit, il bénéficiera d’une mise en relation facilitée avec les recruteurs, une mise à disposition d’outils de communication et de suivi et même une prestation de résolution de litiges en cas de besoin.

Comment souscrire à une mission ?
Le recruteur publie sa mission, décrit ses besoins et les modalités de réalisation du travail. Les free-lancers intéressés envoient leurs devis en fonction du budget mentionné dans l’offre de mission publiée. Après étude des propositions, l’employeur devra choisir celui qui correspond à ses besoins. Et par la suite choisir, s’il le souhaite, de bénéficier d’un service de protection offert par le site en ligne. Par mission sans proteDqction on entend une collaboration entre le free-lancer et le recruteur en dehors du site, qui ne perçoit aucune commission sur le montant total à payer au free-lancer. Tandis que la mission avec protection ou paiement par étape suppose qu’après un accord entre les deux parties sur les modalités de la mission, le recruteur envoie au site le montant total à payer au free-lancer. Ce montant est bloqué pour garantir le paiement de ce dernier à la livraison et ne sera débloqué que si les modalités de la mission sont dûment remplies.
Le free-lancer est contacté par le site en ligne une fois le montant à payer est bloqué pour commencer le travail. Une fois la mission réalisée, la société débloque le montant à payer pour rémunérer le travailleur et lui demande une facture. Le montant versé est diminué des frais facturés par la plateforme.
Ces frais varient d’un site à l’autre et dépendent entre autres de la nature de la mission et des fois même de la région où est installé le freelancer. A titre d’exemple, certains sites perçoivent une commission de 20% pour une mission fixe et de 10% pour les projets horaires.
Que ce soit sur des sites étrangers ou locaux, les fonds sont virés directement sur le compte personnel du free-lancer qu’il détient sur la plateforme. Et qu’il pourra par la suite retirer à la passerelle de paiement de son choix : Express Retrait, PayPal, Moneybookers, virement bancaire, etc.


Auto-entrepreneur/free-lance, que dit la loi ?

Aucun texte de loi n’interdit le cumul d’une activité professionnelle en tant qu’auto-entrepreneur avec la qualité de salarié. Selon la DGI, les personnes physiques exerçant, à titre individuel, une activité professionnelle peuvent prétendre au statut de l’auto-entrepreneur conformément à la législation et réglementation en vigueur. Ainsi, et dans la mesure où le cumul d’une activité professionnelle en tant qu’auto-entrepreneur avec la qualité de salarié n’est pas expressément interdite par un texte particulier, le salarié en question peut exercer l’activité professionnelle dans le cadre dudit régime. Dans ce cas, ce contribuable n’est pas tenu de souscrire la déclaration du revenu global, puisque le chiffre d’affaires encaissé dans le cadre du régime de l’auto-entrepreneur est soumis à l’IR aux taux libératoires prévus par l’article 73-III du CGI. Ce dernier prévoit 1% du chiffre d’affaires encaissé et dont le montant ne dépasse pas 500 000 DH pour les activités commerciales, industrielles et artisanales. Et 2% du chiffre d’affaires encaissé et dont le montant ne dépasse pas 200 000 DH pour les prestataires de services. L’auto-entrepreneur paie l’impôt sur le revenu, de manière trimestrielle, sur la base du chiffre d’affaires déclaré et il est également soumis à la taxe professionnelle après l’expiration de l’exonération pendant les 5 premières années. S’il doit également s’acquitter de toute taxe liée à son activité, il est hors champ de la TVA.