Farid Bensaid : «Nous sommes le seul pays africain à appliquer une TVA sur commission»

• La FNACAM dispose d’un plan d’action en 10 points qui a été mis en œuvre depuis novembre 2018.
• Les 700 intermédiaires qui ont bénéficié des dons grâce à la FNACAM ne sont pas tous adhérents à la FNACAM.

Dans cet entretien, Farid Bensaid, président de la Fédération nationale des agents & courtiers d’assurances, revient sur les difficultés de la profession, les chantiers prioritaires, la représentativité du secteur…

• Quelle appréciation faites-vous de la situation du réseau de distribution aujourd’hui ?
Les intermédiaires d’assurance sont actuellement dans des situations différentes selon leur taille et leur orientation sectorielle. Mais la plupart d’entre eux souffre aujourd’hui, surtout en terme d’encaissement des primes d’assurances et d’émissions de primes concernant les clients de secteurs en difficulté (Hôtellerie, restauration, retail…)

• La pandémie a-t-elle mis à nu la réalité des intermédiaires, notamment des agences de petite taille ?
La Pandémie a mis à nu ceux qui étaient déjà fragiles, comme les intermédiaires de petites tailles qui vivent essentiellement de l’automobile particuliers. Ils ont vu leurs revenus baisser sensiblement pendant cette période, notamment depuis le rabais de 30% sur ces 3 mois, décidé par les compagnies d’assurances. L’un dans l’autre, cela a entraîné une baisse directe de leur chiffre d’affaires, sans avoir, comme pour les compagnies, de compensation par la baisse des sinistres pendant cette période.

• Quelles sont les mesures prises jusqu’ici, pour sauvegarder les droits de cette catégorie d’agents ?
Les actions entreprises par la FNACAM depuis le mois de mars ont permis de réaliser des résultats sectoriels satisfaisants en faveur des intermédiaires qui souffrent le plus. Ces actions consistent en un prêt de 100 000 DH à 2%, par les compagnies aux intermédiaires en difficulté, pour subvenir au paiement de leurs charges fixes pendant cette période. Et un don de 12 000 DH pour 700 intermédiaires de petite taille, qu’ils soient agents ou courtiers.

• Quels sont les chantiers prioritaires de la FNACAM ?
La FNACAM dispose d’un plan d’action en 10 points qui a été mis en œuvre depuis novembre 2018. Son conseil fédéral et de manière plus opérationnelle son comité directeur, œuvrent depuis cette date dans ce sens avec comme premier point la création d’une Confédération des intermédiaires d’assurances. Ce sujet étant actuellement en stand-by, nous avons concentré notre action sur les 3 points transmis au Comité de veille économique (CVE), dont 2 qui ont été acceptés. Il s’agit de l’éligibilité de notre secteur d’intermédiation en assurance en tant que secteur en difficulté. La compensation de la baisse de nos commissions suite aux rabais faits par les compagnies d’assurances. Et la suppression de la TVA sur les commissions qui est totalement indue et injustifiée fiscalement.
Nous sommes le seul pays africain à appliquer cette TVA. Nous nous battons depuis des années pour cette suppression qui constituerait une vraie bouffée d’oxygène à notre secteur. Nos espoirs sont aujourd’hui tournés vers la Loi de finances 2021 qui nous donnera peut-être nos droits sur ce sujet majeur.

• Certains intermédiaires estiment avoir subi certaines mesures, dans le sens où ils ont été écartés de la concertation en amont (exemple du rabais de 30% sur les primes d’assurance automobile). Quel est votre avis sur ce point ?
Nous estimons, en effet, que les compagnes d’assurances n’avaient pas à faire un rabais qui touche directement notre chiffre d’affaires sans se concerter avec nous. Elles auraient pu tout simplement faire un rabais sur la prime nette de commission d’intermédiaire, surtout que nous n’avons pas, comme pour elles, une baisse de nos charges pendant cette période, bien au contraire.

• Un éclatement de représentativité caractérise le secteur. Cette situation ne disperse-t-elle pas les efforts fournis pour la défense des intérêts de la profession ?
Il y a en effet un certain éclatement que nous déplorons et que nous combattons, mais cela n’empêche pas la FNACAM de défendre aujourd’hui l’ensemble des intermédiaires, qu’ils soient membres ou non de la FNACAM, agents ou courtiers, et de toutes tailles confondues.
A titre d’exemple les 700 intermédiaires qui ont bénéficié des dons grâce à la FNACAM ne sont pas tous adhérents à la FNACAM.
Certes, nous avons remarqué avec satisfaction de nombreuses nouvelles adhésions à notre fédération depuis cette période, car de nombreux intermédiaires ont pris conscience de l’efficacité de notre action, même si nous sommes loin de nos objectifs pour le secteur.
Nous invitons ainsi les intermédiaires d’assurances à rejoindre dès à présent la FNACAM pour en faire une fédération encore plus représentative et plus forte.