Défaut de paiement : Pourquoi l’effet domino est inévitable

La plupart des économistes ne se demandent plus si la Grèce va faire défaut, mais plutôt quand ? Les anticipations vont de quelques semaines à 2 ans, mais pas plus tard que 2013. Qu’est-ce qui pourrait arriver si le pire se produit ? Certains n’ont pas hésité à faire un petit exercice de prospective pour voir ce que donnerait un défaut de paiement.
Tout d’abord, toutes les banques de la Grèce deviendraient immédiatement insolvables à cause des bons du Trésor qu’elles détiennent. Le gouvernement grec nationaliserait alors tous ces établissements. Il interdirait par la suite tous les retraits d’argent pour éviter la fuite des capitaux. L’Argentine avait procédé de la même façon avant et pendant sa faillite en 2001. Et pour éviter les émeutes des déposants réclamant leur argent (comme en Argentine, le Président a même dû fuir du toit de sa résidence en hélicoptère), le gouvernement grec pourrait déclarer un couvre-feu, voire la loi martiale.
La Grèce devrait alors «redénominer» toutes ses dettes en «nouvelles drachmes» (l’ancienne devise grecque) ou autre, comme le font en général les pays en faillite. La nouvelle drachme serait dévaluée de 30% à 70% par rapport à sa contre-valeur en euro, faisant effectivement défaut de cette proportion sur toutes les obligations dénominées en euros.
L’effet de contagion ne se ferait pas attendre. Le gouvernement irlandais, dont les finances sont les plus proches de la faillite arrêterait alors de supporter son système bancaire, les Portugais attendraient de voir le résultat du chaos grec pour décider de faire défaut à leur tour ou pas et de nombreuses banques françaises et allemandes enregistreraient de telles pertes, en raison des dettes qu’elles détiennent sur ces pays qu’elles ne répondraient plus aux exigences de capitalisation du système bancaire européen. Du fait de l’écroulement des principales banques européennes et du stock d’obligations directement détenues sur la Grèce, l’Irlande et le Portugal, la Banque centrale européenne deviendrait alors insolvable.
Les gouvernements français et allemand se réuniraient pour décider s’il faut recapitaliser la BCE ou l’autoriser à faire fonctionner la planche à billets, comme aux Etats-Unis, pour se sortir de la faillite (ce qui est pour l’instant interdit par les règles de l’UE), ils recapitaliseront leurs propres banques et annonceraient l’arrêt de tous les plans de soutien européens. Conséquence, un véritable carnage sur le marché des obligations espagnoles vu que la contagion serait en marche, et l’attention se portera alors sur le secteur bancaire britannique…
Pour éviter un tel scénario, l’Europe pourrait décider de continuer à financer la Grèce, remettant à plus tard le problème.

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