Comment se comporteront les principaux secteurs cotés en 2009

Perspectives globalement positives mais difficultés pour les banques, l’immobilier, le ciment et les matériaux de construction
Impact limité voire absence d’impact de la crise internationale pour tous les secteurs considérés à  l’exception de l’immobilier
L’agroalimentaire tire son épingle du jeu.

C’est bien connu, toute crise boursière remet à l’honneur l’analyse fondamentale. Pour une raison bien simple : quand on ne sait pas où va le marché, il faut faire d’autant plus attention à ce dans quoi on investit. Justement, parmi les éléments pouvant être analysés, les perspectives des secteurs cotés fournissent de bonnes indications. Que nous disent justement ces perspectives pour 2009 ? Pronostics de BMCE Capital Bourse et Integra Bourse.
Tout en identifiant des zones d’ombre, l’heure est à l’optimisme pour les analystes. «Les principaux secteurs cotés à la Bourse de Casablanca présentent des perspectives prometteuses», assure-t-on auprès de BMCE Capital Bourse.
Les banques clôturaient déjà l’année 2008 sous haute pression et 2009 s’annonce encore plus rude. Premier facteur de pression sur le secteur, l’augmentation des taux bancaires. S’étant engagées jusqu’à maintenant à ne pas répercuter le relèvement, par Bank Al-Maghrib (BAM), du taux directeur en novembre 2008, les banques pourraient bien changer de cap dans le cas où «elles subiraient des pressions dans le cadre de leur refinancement», recadrent les analystes de BMCE Capital Bourse. En parallèle, le secteur pourrait connaître un ralentissement de l’activité de crédit en 2009 en raison du durcissement des conditions de financement du secteur immobilier sur recommandation de BAM, et en ligne avec l’hésitation née du déclenchement de la crise financière internationale. Le tassement de l’activité pourrait même être accentué par la baisse des transferts des MRE qui devrait être répercutée sur le niveau des dépôts collectés. En dépit de cela, du côté d’Integra Bourse, on estime que «le secteur devrait continuer sur une bonne lancée au vu des restructurations et des stratégies d’expansion initiées par les opérateurs».
Reste l’inévitable questionnement sur l’effet de la crise internationale. Celle-ci «devrait avoir un impact limité sur le système bancaire marocain eu égard à sa faible exposition aux marchés internationaux», tranchent les analystes de BMCE Capital. Après tout, le montant des engagements à l’étranger ne représente que 4% des actifs du secteur, foi de Abdellatif Jouahri, gouverneur de BAM.
L’effondrement des cours internationaux des matières premières inquiète le monde, mais la filière agroalimentaire marocaine ne peut que mieux s’en porter. En effet, «la baisse des cours des matières premières en 2009 devrait permettre une amélioration des marges du secteur», décrypte BMCE Capital Bourse. La bonne campagne agricole 2009 devrait également donner un coup de pouce au secteur. Par filière, l’industrie laitière présente un important potentiel de croissance, notamment en raison d’une consommation nationale de lait qui est loin d’être parvenue à saturation. Le segment des boissons gazeuses pourrait, en revanche, être pénalisé par l’occurrence du mois de Ramadan pendant l’été. Pour sa part, la filière huiles et corps gras devrait connaître une année 2009 de croissance aussi bien au niveau de l’activité que des marges, suite notamment à la détente des cours des huiles brutes. La filière sucrière devrait, quant à elle, tirer amplement profit de la baisse des cours du sucre. En outre, la campagne 2008-2009, qui est a priori favorable, devrait contribuer à améliorer le niveau de couverture des besoins nationaux.
Les différents créneaux de l’immobilier ne seront pas logés à la même enseigne en 2009. Ainsi, les analystes de BMCE s’attendent à ce que le résidentiel de luxe, segment essentiellement orienté vers la clientèle étrangère, pâtisse «considérablement» de la récession économique internationale.
Le moyen et le haut standing, en tassement depuis l’été 2008, en raison de l’inadéquation entre l’offre et la demande, pourraient afficher une révision des prix de vente à partir de 2009.
En revanche, le déficit national en logement, estimé à près d’un million d’unités, devrait soutenir la demande sur les segments économique et social. Pour cette branche, «les marges nettes devraient se maintenir à des niveaux de 25%», précise-t-on à Integra Bourse. Par ailleurs, une donnée majeure à prendre en compte pour le secteur porte sur les 3 700 hectares que l’Etat vient d’ouvrir à l’urbanisation dans les périphéries de 35 villes.
En dépit d’un coup de pouce du gouvernement, qui entend accélérer la réalisation des différents chantiers d’infrastructures entamés, l’année 2009 ne sera pas facile pour les professionnels du BTP et des matériaux de construction.
Le secteur cimentier pourrait afficher un tassement de sa croissance. En cause, les extensions massives de capacités par élargissement des capacités existantes et l’implantation de nouveaux opérateurs qui font qu’aujourd’hui «la demande est entièrement satisfaite par les opérateurs, ce qui va contenir leur futur rythme de croissance», précise-t-on à Integra Bourse. La surcapacité que cela pourrait générer à terme induirait même une baisse momentanée des prix. Celle-ci ne devrait toutefois intervenir qu’à partir de 2011, selon les pronostics de BMCE Capital Bourse.
A l’instar du segment cimentier, les sidérurgistes verraient éventuellement le rythme de leurs ventes ralentir. Cette situation serait inévitablement accompagnée par une réduction des prix de vente suite à la diminution des cours des intrants, et d’autant plus avec l’installation de nouveaux opérateurs.