Ces valeurs qui ont progressé de plus de 1 000 % en cinq ans

Auto Nejma, Auto Hall, LGMC et Wafa Assurance figurent en tête du classement.
17 valeurs ont fait mieux que le Masi, indice qui a progressé de 337% entre
début 2003 et début 2008.
Malgré une courte durée de cotation, CGI et Addoha ont progressé de manière
notable.

Même avec une courte durée de cotation, les valeurs immobilières ont la cote. L’idée qui prévaut est que ce sont des actions comme Addoha et CGI qui ont réalisé les meilleures performances durant ces dernières années. C’est à  voir mais, en attendant, le palmarès des actions sur cinq années glissantes met en vedette d’autres titres. Les deux valeurs phares de l’immobilier ne figurent en effet respectivement qu’en 16e et 42e places, avec des progressions de 390% et 93%. Selon les chiffres communiqués par la société d’information financière Finaccess-Fininfo Mena, les meilleurs performances réalisées entre début janvier 2003 et début janvier 2008 sont celles des distributeurs Auto Nejma et Auto Hall. Ces deux titres ont progressé respectivement de 1 420% et 1 176%. Ils sont suivis par les Grandes marques et conserveries chérifiennes (LGMC) avec une évolution de 1 148% et Wafa Assurance avec une progression de 1 127%.

Au total, 17 actions ont fait mieux que le Masi, indice de toutes les valeurs cotées, qui a évolué de 336,8% entre 2003 et 2008 (voir infographie en page suivante). 40 titres ont enregistré des taux de progression à  trois chiffres, dont 28 ont fait plus de 200%.

Ces super-performances sont le fruit du bon comportement de l’économie marocaine, du secteur non agricole en particulier, et du marché boursier casablancais. En effet, la croissance des cours réalisée durant ces cinq dernières années a été portée par le regain d’intérêt des investisseurs nationaux pour la Bourse, l’arrivée massive des investisseurs étrangers et la réalisation par les sociétés cotées de résultats en constante progression. Pour les valeurs qui occupent la tête du classement, les fondamentaux font signe d’une bonne santé économique, ce qui conforte leur parcours boursier phénoménal.
Le cours d’Auto Nejma est passé de 196,80 DH le 2 janvier 2003 à  2 990 DH début 2008. Sa progression dépasse de 1 080 points celle du Masi avec une volatilité (instabilité du cours) de 61,3%, soit un niveau de risque acceptable. Pour Auto Hall, le cours est passé de 197 DH à  2 515 DH avec une volatilité de 37,4% seulement.

Ce sont les distributeurs qui ont le plus profité du contexte économique favorable
Selon les professionnels du marché, hormis la tendance générale de la Bourse qui a profité à  tous les titres, ces deux valeurs ont bénéficié d’un intérêt spécifique de la part des investisseurs. «Le secteur de la distribution automobile a pleinement tiré profit du bon comportement de l’économie, ce qui s’est traduit par une forte hausse des indicateurs d’activité et de résultat, tirant ainsi les cours des sociétés qui le représente à  la cote vers le haut», explique un analyste financier. En effet, Auto Nejma a publié des résultats en forte croissance durant ces dernières années. En 2006, le chiffre d’affaires de la société a crû de 43%, s’établissant à  988 MDH. Il est prévu qu’il dépasse le milliard de DH au titre de l’exercice 2007. La capacité bénéficiaire s’est établie à  plus de 87 MDH en 2006, en hausse de 21% par rapport à  2005.

De même, les agrégats d’Auto Hall ont progressé de manière vigoureuse les années passées. Le concessionnaire de Ford et Mitsubishi au Maroc a enregistré un volume d’affaires de 1,86 milliard de DH en 2006, en hausse de plus de 50% grâce à  une stratégie commerciale efficace, à  une bonne année agricole et au développement du secteur du BTP. Les résultats de la société ont crû plus rapidement que ses activités suite à  une politique rigoureuse de maà®trise des charges. Son bénéfice net à  en effet progressé de 85%, à  229 MDH, portant sa marge nette à  12,3%.
Pour LGMC, petite capitalisation qui occupe la troisième place dans le palmarès des actions sur cinq ans, le cours boursier est passé de 60 DH début 2003 à  749 DH le 2 janvier 2008, avec toutefois une volatilité assez importante (94,1%). Les analystes estiment que cette valeur est restée sous-évaluée pendant une longue période avant d’entamer un cycle haussier résultant de la tendance générale du marché et de l’amélioration des agrégats économiques de la société. Son chiffre d’affaires s’est établi à  375 MDH au titre de son exercice à  cheval entre 2006 et 2007, marquant une hausse de 36,8% par rapport à  deux années auparavant. Son résultat net est passé quant à  lui de 13,4 MDH en 2005 à  près de 20 MDH au 31 mars 2007. Notons par ailleurs que LGMC adopte une politique de distribution de dividende alléchante, ce qui a attiré beaucoup de petits porteurs et engendré un volume important sur la valeur au cours de 2007. Rappelons que le management de la société a distribué 69,5% du résultat de son dernier exercice, soit un dividende de 15 DH par action.

Le cours de Wafa Assurance croà®t au même rythme que ses résultats
S’agissant de Wafa Assurance, l’évolution spectaculaire du cours (de 210 DH le 2 janvier 2003 à  2 580 DH début 2008 avec une volatilité de 32,9%) n’a rien d’étonnant étant donné la performance opérationnelle de la compagnie. Les synergies développées avec sa maison-mère, Attijariwafa bank, lui ont permis d’augmenter significativement son activité et sa capacité bénéficiaire, ce qui a fini par attirer grand public et investisseurs institutionnels. En 2006, Wafa Assurance a réalisé un chiffre d’affaires (primes émises) de 2,39 milliards de DH, en progression de plus de 47%. Son résultat net est passé de 183 MDH à  313 MDH, marquant une hausse de 71%. Pour 2007, la compagnie devrait enregistrer des taux de croissance aussi importants. En témoignent ses réalisations au titre du premier semestre qui ont fait état d’une évolution de 42,4% des primes émises, à  1,6 milliards de DH.
Au niveau des holdings, ce ne sont ni ONA ni SNI qui figurent parmi les meilleures performances réalisées sur cinq ans. La plus importante progression dans ce compartiment est celle de Zellidja avec +679%. Son cours est passé en effet de 205 DH en 2003 à  1 597 DH début 2008 avec une volatilité de 76,3%. Le titre a connu un fort engouement des investisseurs, surtout après l’introduction en Bourse de Fénié Brossette, filiale du holding. La publication de résultats annuels en croissance en 2006, suite à  la hausse des dividendes perçus des filiales, a également participé à  l’envolée du cours. Le résultat net de l’entité s’est établi au 31 décembre 2006 à  35,3 MDH, en hausse de 283% par rapport à  2005.

Plus de 600 % pour BMCE Bank et le CIH
Concernant le secteur bancaire, BMCE Bank et le CIH occupent les deux premières places de leur compartiment et respectivement la sixième et septième place du classement général avec des progressions de 667% et 665%. Le cours de la première banque est passé de 378 DH début 2003 à  2 900 DH le 2 janvier 2008 avec une volatilité maà®trisée à  20,3%. Les résultats en forte augmentation que publie l’établissement, les perspectives de croissance qu’il présente et son programme de rachat d’actions pour soutenir le cours ont poussé les investisseurs à  se positionner sur le titre, créant ainsi une forte demande. Rappelons que BMCE Bank a réalisé un résultat net part du groupe de 834 MDH en 2006. Pour 2007, sa capacité bénéficiaire devrait dépasser le milliard de DH. Pour le CIH, la prise de participation de la Caisse d’épargne française et de la CDG dans son capital et l’assainissement du portefeuille des créances en souffrance ont significativement boosté son cours, lequel est passé de 84 DH en 2003 à  645 DH début 2008 avec une volatilité de 48,2%. La valeur a regagné la confiance des investisseurs en publiant un résultat positif pour la première fois en 2006, à  387,5 MDH.

Ces deux banques sont suivies dans le palmarès des meilleures performances par Afriquia Gaz (+567%) et Lafarge Ciments (518%). Le champion national du secteur du GPL (Gaz de pétrole liquiéfié) a vu son cours passer de 171 DH en 2003 à  1 147 DH en 2008 avec une volatilité de 37,6%. Deux raisons principales expliquent cette envolée : la fusion opérée avec Tissir Primagaz et la publication de résultats probants ces dernières années. Pour Lafarge Ciments, le développement du secteur du BTP, les différents projets d’extension de capacité de production et la réalisation de résultats en forte progression ont permis au cours de passer de 312 DH à  1 930 DH. Le cimentier a dégagé un bénéfice net de 955 MDH en 2006 et devrait largement dépasser le milliard de DH au titre de 2007.