Ce qu’ont rapporté les produits de placement au 1er semestre

La Bourse reste la plus rentable mais a fait moins qu’en 2007.
L
’obligataire se porte mieux.
Performances moyennes pour les OPCVM actions et diversifiés.
Amélioration de la rémunération des produits «vie», des comptes sur carnet et des DAT.

Alors que la Bourse enregistrait des performances dépassant de loin celles des autres produits de placement durant ces dernières années, l’écart s’est sensiblement réduit au cours de ce premier semestre 2008. Certes, avec 12% de gains en six mois, les actions demeurent toujours le placement le plus rentable.

Mais il faut rappeler que leur progression sur la même durée au 30 juin 2007 était de 21% et celle du premier semestre 2006 était de plus de 30%. C’est que le marché boursier casablancais s’est essoufflé : variations en dents de scie, baisse significative des volumes, impact limité des bons résultats 2007 des sociétés cotées sur les cours.

La raison de cette baisse de régime n’est autre que l’attentisme qui a gagné les opérateurs depuis le début de l’année. Selon les professionnels, plusieurs facteurs incitent à temporsier : nouveau système de cotation rendant les ordres et les transactions anonymes et poussant les habituels suiveurs à s’abstenir, forte volatilité du marché suite à une intervention plus active des institutionnels et, enfin, beaucoup d’interrogations sur le niveau de cherté du marché.

Dans ce contexte, la Bourse a rompu avec les performances à trois chiffres, enregistrées par certaines actions en 2006 et 2007 (la plus forte hausse est celle de CMT, à 51%) et plus de 62 valeurs sur les 71 de la cote ont fait moins que le Masi. Même au niveau des OPCVM (Organismes de placement collectif en valeurs mobilières) actions et diversifiés, le contexte difficile s’est fait ressentir. Selon les professionnels, seul du papier frais «de bonne qualité» est à même d’inverser cette tendance.

Pour ce qui est des taux, les bons du Trésor ont rompu avec leur tendance haussière de 2007. Les maturités courtes et moyennes ont enregistré des baisses significatives au cours de ce premier semestre. «Le contexte a été favorable sur le marché monétaire depuis le début de l’année grâce aux injections de liquidité effectuées par Bank Al-Maghrib», explique Driss Morine de Capital Gestion.

En effet, la quasi-stabilité du niveau de liquidité du circuit monétaire a favorisé la détente des taux, d’autant plus que les investisseurs ont montré un engouement particulier pour les maturités courtes, renforçant la liquidité des titres, et supputant que les taux ne pouvaient que baisser après la hausse de 2007.

Certes, une baisse des taux est pénalisante dans la mesure où les nouvelles obligations rapportent moins. Mais les anciens titres voient leur valeur s’apprécier, ce qui n’a pas manqué de profiter à la fois aux investisseurs institutionnels (qui disposent de vieux portefeuilles de bons du Trésor) et aux particuliers à travers les OPCVM investis en obligations.

Pour ce qui est des produits de l’assurance-vie (épargne retraite, éducation…), la hausse des rendements obligataires enregistrée en 2007 a permis aux taux d’intérêt servis par les compagnies d’assurance de s’améliorer.

En effet, les taux de 2007 qui seront servis cette année sont supérieurs à 6% alors que ceux de l’année dernière tournaient autour de 5%. Des compagnies comme Atlanta ont même atteint des taux de rendement proches de 7%.

Enfin, la hausse des taux obligataires en 2007 a également eu un effet sur les produits bancaires classiques dont la rémunération est indexée sur les bons du Trésor. Le taux minimum appliqué par les banques aux comptes sur carnet a gagné plus de 60 points de base (pb) ce semestre pour passer de 2,49% à 3,11%.

Celui appliqué par Poste Maroc au livret d’épargne nationale s’est apprécié, lui, de 75 pb pour atteindre les 2%. Quant aux bons de caisse et les dépôts à terme, leur taux moyen a augmenté de 36 pb sur six mois et de 7 pb sur 12 mois.