Candidats à Intelaka : guide pratique

Beaucoup de jeunes porteurs de projets se sont posé la question au lendemain de l’annonce du programme : A partir de quel stade pourrai-je déposer ma demande ? Depuis la phase de réflexion et de conception de l’idée ou du projet d’entreprise ? Ou faudrait-il déjà avoir son business plan ? Voire son entreprise déjà juridiquement créée ?

Alors que le dispositif de financement des entreprises, dévoilé en janvier dernier, se met progressivement en marche, les banques, établissements financiers et institutions spécialisées commencent à déployer les mesures sur le terrain tout en apportant, au fur et à mesure, les réglages et les précisions procédurales en fonction des situations. De l’autre côté, évidemment, des questions d’ordre pratique sont posées par les futurs candidats à ce nouveau type de financement. Une équipe de La Vie éco, sous couverture de clients, a fait le tour de quelques agences bancaires et certaines administrations comme les CRI pour tenter d’apporter quelques réponses à ces questionnements. Suivez le guide !

Un début d’idée, un projet avancé ou entreprise déjà créée. Qui peut postuler au financement ? Et à quel moment est-il opportun d’aller chez la banque ?

Beaucoup de jeunes porteurs de projets se sont posé la question au lendemain de l’annonce du programme : A partir de quel stade pourrai-je déposer ma demande ? Depuis la phase de réflexion et de conception de l’idée ou du projet d’entreprise ? Ou faudrait-il déjà avoir son business plan? Voire son entreprise déjà juridiquement créée ?
Réponse au terme de l’exercice d’immersion effectué par les équipes de La Vie éco.
Si le candidat en est au stade de l’idée et n’est pas suffisamment avancé dans la préparation de son projet, il lui est recommandé de recourir aux services de l’accompagnement prévu par le programme pour être aidé dans ce processus et être en mesure de présenter à la banque un projet viable sur le plan commercial, technique et financier et répondant aux exigences d’un financement. En effet, plus le projet est maîtrisé, plus ses chances de réussite sont élevées. Aussi, les porteurs de projet ayant étudié les différentes composantes de leur projet sont mieux à même de bénéficier d’un financement par les banques. Parmi les composantes à étudier et maîtriser : le marché ciblé par l’entrepreneur. Le produit ou le service qui sera offert. La valeur ajoutée du projet dans le marché ciblé. Le prix du produit ou du service. Ainsi que la faisabilité technique du projet, le coût du produit ou du service et les résultats financiers attendus. A noter par ailleurs que si le candidat à la création d’entreprise a un projet ficelé et maîtrise ces différentes composantes, il peut s’adresser directement à la banque pour demander un financement et solliciter, éventuellement, une assistance au montage du dossier de crédit. La banque appréciera alors la viabilité du projet et ses chances de réussite.

Qu’est-ce que l’accompagnement ? Qui peut le demander ? Et auprès de qui ?

Selon les quelques banquiers visités, l’accompagnement, assuré en théorie par l’ANAPEC, l’OFPPT et les CRI, ne profite qu’aux porteurs de projet.
Pour certains responsables d’agences bancaires, d’autres solutions d’accompagnement existent et sont même fortement recommandées comme les fiduciaires qui peuvent aider les jeunes porteurs de projet à élaborer leur business plan et à monter le projet.
L’un de ces banquiers a même poussé sa serviabilité jusqu’à proposer quelques adresses intéressantes où l’on peut trouver de l’assistance. «Cela vous permettra de gagner du temps et de préparer votre dossier rapidement», conseille-t-il.
Pour ce qui est des banques elles-mêmes, et à en croire les cadres approchés, l’accompagnement se limitera à un suivi sous forme de reporting annuel pour suivre l’évolution de l’activité. Retour au guide officiel de Bank Al-Maghrib pour en savoir plus sur la notion d’accompagnement où on peut lire : Les bénéficiaires des services d’accompagnement sont limités aux porteurs d’idée en phase de conception d’un projet de création d’entreprise, à ceux dont le projet est en phase de réalisation du projet et de création de l’entreprise. Il reste à préciser ce que l’on entend par «une entreprise récente» ? Toutes les entreprises candidates à ce programme ont une durée d’existence de moins de 5 ans. En ramenant cette durée à la vie juridique d’une entreprise classique, qui est de 99 ans, l’on peut considérer qu’une entreprise de 5 ans d’existence est récente. A partir de là, on peut penser que toutes ces entités devraient bénéficier d’un accompagnement. La pratique dira…

Un apport personnel en numéraire est-il obligatoire ? Si oui, de combien ?

Les premiers éléments de réponse à cette question souvent épineuse se trouvent dans le très officiel guide sur le Programme Intégré d’Appui et de Financement des Entreprises, récemment publié par Bank Al-Maghrib. On peut y lire que «les dossiers de demande de crédit entrant dans le cadre du programme sont soumis à l’appréciation des instances de décision des banques qui apprécient le niveau d’apport en fonds propres, en fonction des éléments du dossier», lit-on sur le rapport. La question est donc tranchée dès le départ. Oui, les demandeurs de crédit devront faire un apport personnel. Mais de combien ?
Dans l’une des agences bancaires visitées, la directrice a d’abord pris le temps de demander quelques détails du projet (cible, stade de démarchage, situation du local d’exploitation, nombre d’employés…). Sur cette base, elle a approximativement estimé le montant à lever. En réponse à la question sur l’obligation ou non d’un apport personnel, la responsable, maîtrisant visiblement son sujet, était catégorique : un apport personnel en numéraire est obligatoire et il est de 10% du montant du crédit demandé. Pour un financement de 1 million de DH, le demandeur justifier, selon la responsable, d’un apport en numéraire de 100 000 DH.
A quelques encablures de là, dans l’agence d’une banque, le responsable, tout aussi catégorique que sa consœur, nous a expliqué que l’apport n’était pas obligatoire avant de confier qu’il était, toutefois, préférable d’apporter un petit montant en numéraire pour, dit-il, augmenter les chances de validation du dossier. Et à la différence de sa consœur, le banquier affirme que l’apport souhaitable est de 20% au lieu des 10% annoncés.

Quels sont les risques encourus par l’entrepreneur en cas d’échec du projet ?

Si le projet échoue et que l’entreprise ne parvient pas à assurer le remboursement du financement accordé par la banque, celle-ci mettra en jeu les garanties du projet. Autrement dit, elle récupère les actifs donnés en garantie. Les pertes de l’entrepreneur sont alors limitées à hauteur de l’autofinancement qu’il a engagé. L’entrepreneur peut néanmoins encourir un risque de responsabilité personnelle s’il est démontré qu’il a fait preuve de gestion frauduleuse.

A qui s’adresser en cas de réclamation ?

En cas de difficulté ou de réclamation concernant une demande de crédit, le candidat peut s’adresser aux services de traitement des réclamations de la banque concernée. En cas d’insatisfaction ou d’absence de réponse, il peut s’adresser aux succursales régionales de Bank Al-Maghrib.

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