Bourse de Casa : le marché de blocs plus dynamique qu’en 2008

A fin octobre, les transactions de gré à  gré totalisent un volume d’échanges de 12,2 milliards de DH, soit 31,4% de plus qu’en 2008.

Opérations stratégiques et reclassement de portefeuilles institutionnels dopent ce volume.

Le volume du marché central baisse de 55,2%, à  près de 30 milliards de DH.

Sur les dix premiers mois de l’année 2009, le marché de blocs, compartiment de la Bourse de Casablanca par lequel transitent, de gré à gré, des ordres de taille importante ou à caractère stratégique, a cumulé un volume de transactions de 12,2 milliards de DH, en hausse de 31,4% par rapport à la même période de l’année passée.
De cette croissance, il ressort d’abord que l’effet d’entraînement qu’exerce habituellement le marché de blocs sur le compartiment central, du fait du comportement moutonnier des petits porteurs qui imitent les prises de position des investisseurs institutionnels, n’a pas pleinement joué son rôle. Car parallèlement à l’augmentation des transactions de blocs, le marché central a vu son volume baisser de 55,2% comparativement aux 10 premiers mois de 2008 pour chuter à près de 30 milliards de DH. Et puisque ce compartiment a drainé 2,5 fois plus de volume de transactions que le marché de blocs, le volume global ressort au final en baisse de 41,79%, à 50 milliards de DH.
Cela étant, les volumes des transactions de blocs restent donc bien orientés. Mais pas tant que ça, selon certains analystes. Ceux-ci invoquent qu’il était facile de faire mieux que 2008 vu que, durant cette même année, «les investisseurs institutionnels ont largement favorisé les lignes de trading en réaction à la suppression des incitations fiscales sur l’investissement à long terme, ce  qui avait orienté les transactions vers le marché central aux dépens du compartiment de blocs».
Mais plus que cela, à y voir de plus près, «il y a eu relativement peu de transactions de blocs depuis le début de l’année 2009 et les fourchettes de prix n’ont pas connu de changements notables, signe de l’atonie de ce marché», estime un professionnel.
Qui plus est, sur la période,  «la croissance des volumes de blocs a été gonflée par des opérations stratégiques qui ne constituent pas des transactions à proprement parler», renchérit un autre analyste. Il s’agit spécifiquement de deux opérations intervenues au cours du premier trimestre 2009 et qui ont propulsé le volume de transactions du marché de blocs : le reclassement opéré par le Crédit industriel et commercial (CIC) de ses participations dans le capital de BMCE Bank (2,3 milliards de DH) et un échange de titres intervenu dans le cadre du programme de rachats de CGI (près de 2 milliards DH).
Et effectivement, au-delà du premier trimestre 2009, les échanges sur le marché de blocs ont marqué un net ralentissement. Ils ont enregistré une baisse de 60% au second trimestre 2009 et de 72% au troisième en variation trimestrielle.   
Il n’empêche, en dépit de ce contexte atone, «les investisseurs institutionnels ont veillé à opérer des reclassements de portefeuilles sur le marché de blocs», assure un reponsable front-office. Cela ressort d’abord à travers les multiples franchissements de seuil publiés depuis le début de l’année 2009. A titre d’exemple, la compagnie d’assurance RMA Watanya a déclaré sur les seuls mois de septembre et octobre 4 franchissements de seuil à la hausse (5% dans le capital de BCP, Sothema et Aluminium du Maroc et 10% dans le capital de Distrisoft).
L’activisme des institutionnels ressort également à travers l’accroissement de leur part dans la ventilation par catégorie d’investisseurs des volumes de transaction sur le marché de blocs. En effet, les OPCVM ont fait passer leur part de` 17,7% au 1er trimestre 2009, ce qui marquait déjà une croissance de 11 points  par rapport à fin 2008, à` 31,6% au 3e trimestre 2009. Accroissement significatif également pour les personnes morales qui voient leur part passer de 33,2% au 4e trimestre 2008 à 60% au 3e trimestre 2009.
Mais qu’échangent les institutionnels sur le marché de blocs ? De l’action, surtout, puisque ce véhicule  représente sur les 10 premiers mois de l’année 68% des volumes échangés contre 32% pour l’obligation. Cela dit, seulement une poignée de titres est concernée. CGI, BMCE Bank, Crédit du Maroc, Ona, Attijariwafa bank et Maroc Telecom accaparent en effet plus de 80% des échanges d’actions intervenus sur le marché de blocs à fin octobre 2009. Mis à part CGI et BMCE, dont les volumes ont été dopés par des opérations stratégiques, l’attrait pourles autres titres se justifie par leur nature de valeur de fonds de portefeuille.