Attijari Intermédiation maintient la prime de risque du marché Actions inchangée à 7,1%

Pour les analystes, il y aurait une stabilité de l’aversion au risque des investisseurs n L’approche utilisée tient compte du contexte politique et du manque d’ouverture et d’opportunités du marché marocain. Depuis 2011, la prime de risque du marché a baissé de 3,7 points.

Les analystes d’Attijari Intermédiation ont réévalué la prime de risque du marché Actions, dans un contexte fortement marqué par une poursuite de l’amélioration de la confiance des investisseurs. En attestent les résultats du dernier sondage réalisé par la société de bourse. En effet, l’indice de confiance ATI affiche une progression de 2,1 points en juin 2017. De plus, le marché actions connaît une confirmation du retour à la performance : après une hausse significative de 30,5% en 2016, l’indice MASI maintient un trend haussier en 2017 en affichant une performance cumulée de 2,68% au 23 juin. Parallèlement, cette bonne orientation s’accompagne d’une amélioration du niveau de l’activité. Preuve en est l’augmentation du niveau des volumes de transaction: le volume moyen quotidien du marché s’est apprécié de 27%, passant de 128 MDH en 2016 à 163 MDH en 2017. L’autre paramètre ayant accéléré le dynamisme du marché boursier est sans doute la stabilité des taux obligataires à des niveaux relativement bas. Le marché des taux, principal concurrent du marché Actions au Maroc, semble toujours moins attractif : les taux à 5 ans et à 10 ans se maintiennent autour de 2,79% et de 3,13% respectivement.

Dans ces conditions, la prime de risque du marché Actions, qui représente la rémunération supplémentaire exigée par un investisseur pour la détention d’un actif au rendement incertain par rapport à un actif sans risque (souverain), est restée inchangée par rapport à l’année dernière.

En fait, trois approches différentes ont été utilisées par les analystes afin de déterminer la prime de risque du marché. La première est la méthode historique, basée sur l’hypothèse suivante : «Pour un placement futur, un investisseur exigerait un rendement au moins équivalent à celui observé historiquement sur le marché». Le principe de cette démarche consiste ainsi à déterminer, sur la base des données historiques, la rentabilité moyenne brute de l’indice boursier et celui des obligations souveraines, considérées sans risque. Néanmoins, les analystes pensent que la prime de risque historique est moins représentative pour le cas du marché Actions marocain, car afin d’être un indicateur pertinent, la prime de risque devrait être observée sur un horizon très long terme, soit statistiquement 30 ans au minimum. L’objectif étant de normaliser le rendement du marché Actions, à l’image des marchés développés qui reposent sur des séries de données couvrant près d’un siècle. En tant que place financière jeune, la Bourse de Casablanca ne semble pas encore rentrer dans ce cas de figure. A noter qu’avec cette approche, les analystes sont parvenus à une prime de risque de 6,4%.

La deuxième méthode est celle de la prime de risque prospective, qui repose sur l’actualisation des bénéfices futurs des sociétés cotées. Elle a abouti à une prime de 6,7%. Ceci dit, contrairement aux marchés développés qui sont arrivés à un certain niveau de maturité, en affichant des taux de croissance normalisés sur le long terme, la Bourse de Casablanca en tant que place boursière jeune demeure loin de ce cas de figure, selon les analystes. «Le peu de recul que nous procure le marché marocain couplé au poids prépondérant de certaines grandes capitalisations nous préviennent de construire un modèle fiable de prévisions à long terme», affirment-ils. Au final, ceci réduit l’intérêt de cette approche pour le cas du Maroc.

Enfin, la méthode par sondage est celle qui a été retenue par le département Analyses d’Attijari Intermédiation. Cette approche vise à déterminer la rentabilité annuelle exigée par les investisseurs en Actions sur un placement supérieur à 10 ans. A cet effet, un questionnaire est adressé à un échantillon d’investisseurs préétabli, représentatif et valable statistiquement.

L’approche par sondage semble la plus adaptée au marché marocain puisqu’elle fait l’objet d’un consensus des différents acteurs (Institutionnels, OPCVM, particuliers, étrangers). De plus, celle-ci tient compte de plusieurs aspects qualitatifs qui sont négligés par les autres méthodes. Il s’agit notamment de l’impact du contexte politique, régional et international sur l’aversion au risque des différents intervenants sur le marché ; d’un marché marocain relativement limité en termes de diversification à l’international ; et enfin du manque d’opportunités d’arbitrage en matière de placement au niveau local. Dans ces conditions, la prime de risque du marché actions ressort à 7,1%, au même niveau que l’année dernière. Ce résultat marque une certaine stabilité de l’aversion au risque des investisseurs envers le marché Actions. Rappelons qu’en 2011, la prime de risque était de 10,6%.