28% des transactions boursières du 1er semestre réalisées par des particuliers

Ils ont été les plus dynamiques en Bourse après les institutionnels nationaux qui ont réalisé 36% du volume. Les OPCVM et les institutionnels étrangers atteignent pratiquement le même volume de transactions. Les opérations des sociétés de Bourse pour leur propre compte explosent : 4,5 milliards de DH, soit 5,4% du volume.

Le marché boursier casablancais n’est plus ce qu’il était il y a quelques années, particulièrement en terme de structure des transactions. Si la Bourse était auparavant l’affaire des grands investisseurs et des personnes averties uniquement, elle est devenue désormais un placement accessible à tout le monde.

En effet, les particuliers ont exercé une montée en puissance à partir de 2006 et monopolisent désormais une partie importante des volumes de transactions. Selon les dernières statistiques du Conseil déontologique des valeurs mobilières (CDVM) sur le profil des investisseurs à la Bourse de Casablanca, hors opérations d’introductions, offres publiques et augmentations de capital, les personnes physiques marocaines ont réalisé 27,7% des transactions au cours du premier semestre 2008, soit un volume de 23,4 milliards de DH sur un total de 84,4 milliards.

Il s’agit de la part la plus importante, après celle des personnes morales marocaines, en l’occurrence les investisseurs institutionnels locaux, qui atteint, elle, 36,2% du total, soit un peu plus de 30 milliards de DH.

La troisième catégorie d’investisseurs la plus influente sur le marché est celle des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) qui ont totalisé près de 11 milliards de DH de transactions, soit 12,9% du total. Ces fonds sont suivis de près par les institutionnels étrangers qui ont mobilisé 11,6% du volume, équivalent à 9,8 milliards de DH.

Les sociétés de Bourse leur emboitent le pas avec des opérations pour compte propre qui explosent : 4,5 milliards de DH, soit 5,4% du volume global du semestre. Derrière ces intermédiaires se trouve le volume drainé par le réseau, notamment suite aux introductions en Bourse intervenues à partir du deuxième trimestre, qui a atteint 3,5 milliards de DH ou 4,2% du total. Enfin, les particuliers non résidents clôturent le classement avec une part dans le volume de près de 2%, soit 1,6 milliard de DH.

Cette segmentation des investisseurs est confirmée par les traders. «La part des institutionnels locaux dans les transactions boursières reste prépondérante mais nous avons assisté ces dernières années à une montée en puissance des particuliers et des investisseurs étrangers», affirme Abdellah Alaoui, trader chez Attijari Intermédiation.

En effet, attirés par une croissance forte et continue depuis plus de cinq ans et par la succession des offres publiques de vente, les particuliers et les investisseurs étrangers ont augmenté sensiblement le niveau de leur intervention en Bourse, d’autant plus que, pour les premiers, il n’existe aucune alternative de placement comparable et, pour les seconds, les principales places internationales continuent de subir les conséquences de la crise du subprime. «Si l’on prend en compte les opérations d’introduction, la part des étrangers et des personnes physiques est beaucoup plus importante», ajoute M. Alaoui.

Cela dit, si la part des particuliers dans le volume global de la Bourse est conséquente (27,7%), elle est en baisse par rapport à l’année dernière, où elle était de 34,2%, ce qui classait les personnes physiques avant les institutionnels. Et rien qu’au cours du premier trimestre 2007, elle était toujours supérieure à 30%. L’élément principal qui explique ce recul est la baisse de régime ressentie sur le marché depuis mars dernier.

En effet, le volume des transactions a enregistré une baisse significative d’un trimestre à l’autre, cette année, passant de plus de 50 milliards de DH au cours du premier à 34 milliards durant le second. Cette baisse s’est accompagnée d’un retrait graduel des particuliers en faveur des autres catégories d’investisseurs, ce qui est synonyme d’une baisse du niveau de confiance des personnes physiques. Les statistiques le confirment : près de 30% des ordres de vente du semestre ont été émis par des particuliers contre seulement 25,8% pour les ordres d’achat.

A contrario, les institutionnels marocains et étrangers sont plutôt positionnés à l’achat, avec une part de 37,4% des ordres d’achat contre 35% des ordres de vente pour les premiers, et 15,2% des ordres d’achat contre 8,1% des ordres de vente pour les seconds.

En tout cas, les particuliers sont devenus influents à la Bourse de Casablanca et, selon certains analystes, leur part dans le volume ne risque pas de faiblir. «La baisse de la valeur nominale des actions de 100 à 10 DH va encourager davantage l’investissement des particuliers en Bourse et les rendra encore plus présents», estime un analyste financier.