22 tonnes d’or détenues par la Banque centrale

Cette réserve en or vaut 9,6 milliards de DH à  fin septembre. Elle représente 5,6% des avoirs en devises du Maroc, contre une moyenne de 5% pour les pays émergents.

C omme toutes les banques centrales du monde, Bank Al-Maghrib affecte une partie de ses avoirs extérieurs à des placements en or. A fin septembre, l’or en réserve valait un peu plus de 9,6 milliards de DH. Cette valeur correspond à une quantité de 708 000 onces, soit à peu près 22 tonnes d’or. Trop ? Peu ?
Nombre d’observateurs se posent la question : Pourquoi le Maroc n’augmente-t-il pas le niveau de ses réserves en or, comme le font plusieurs pays actuellement ? En effet, les grands pays comme la Chine et les Etats-Unis se livrent depuis des années une bataille acharnée pour acquérir plus de métal jaune, au point que leurs réserves ont atteint des niveaux record : 8 100 tonnes aux Etats-Unis, 3 400 t en Allemagne, 2 430 t en France, 1 050 t en Chine et 790 t en Russie.
Le Maroc, lui, occupe la 54e position selon un classement du World gold council des réserves en or dans le monde. Chez Bank Al-Maghrib, on explique qu’on ne peut pas comparer un pays développé avec un pays émergent, dans la mesure où ces derniers font face à des besoins relativement plus importants en termes de devises et doivent donc assurer une certaine liquidité de leurs réserves. Or, l’or n’est pas un actif très liquide. De plus, il est très volatile, comme en témoigne l’évolution de son cours durant ces dernières années, ce qui va à l’encontre de la stratégie d’investissement de Bank Al-Maghrib qui vise avant tout à assurer la sécurité.
Néanmoins, 9,6 milliards de DH de réserves en or, cela représente 5,6% des avoirs en devises. Un poids jugé satisfaisant au niveau de la Banque centrale qui précise que la moyenne au niveau des pays émergents ne dépasse pas 5%. Par exemple, les 1 050 tonnes d’or de la Chine représentent à peine 1,6% de ses avoirs extérieurs.
En tout cas, si la quantité d’or détenue par le Maroc est restée relativement stable durant ces dernières années, sa valeur a connu une augmentation fulgurante suite à la flambée du cours du métal jaune à l’international, qui atteint actuellement plus de 1 700 dollars l’once. En effet, de 2,5 milliards de DH à fin 2006, la valeur des réserves en or de Bank Al-Maghrib est passée à 9,6 milliards à fin septembre 2011, soit une hausse de 270% en moins de cinq ans. Une belle plus-value latente pour la Banque centrale, sachant qu’elle ne procède pas à des opérations d’achat et de vente de façon régulière.
Par contre, il arrive que Bank Al-Maghrib prête certaines quantités de son or sur le marché du prêt-emprunt de l’or à Londres. Les lingots sont déplacés physiquement, mais une norme mise en palce sur ce marché (London good delivery) garantit la restitution de lingots de la même pureté. Le rendement issu des opérations de prêt reste toutefois très faible : à peine 15 à 20 points de base pour un prêt sur un an !