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Vidéo. Salle de billard : Une très bonne affaire sur la table

Les clubs poussent comme des champignons et toutes les villes sont concernées. Le secteur est l’un des plus lucratifs et le programme Intelaka est venu en appui.

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Salles de billard. Les investisseurs se ruent, depuis quelques mois, sur ce business lucratif grâce à une demande grandissante. Un intérêt boosté par Intelaka. La plupart des jeunes qui s’y sont lancés ont eu recours à ce programme incitatif qui peut changer des vies et résorber le chômage des jeunes. Exemple à Marrakech: deux joueurs professionnels, âgés de 26 et 27 ans, ont fait appel à Intelaka.

Ils ont bénéficié d’un crédit, à hauteur de 700.000DH chacun, soit 80% du montant d’investissement. Ils ont lancé leur projet il y a 6 mois et les affaires marchent plutôt bien. Ils ont créé des emplois, paient leurs taxes et, cerise sur le gâteau, ils viennent de se marier. Un bel exemple de jeunes entrepreneurs qui ont flairé le bon filon et ont profité des mécanismes d’aides étatiques en investissant dans une salle de billard.

 

 

Combien coûte l’ouverture d’une salle de billard ?
Pour ceux qui seraient tentés d’y investir, faisons une simulation. Pour une salle moyenne, d’une superficie de 400 à 500m2, il vous faudra généralement 4 tables de Snooker Royal, 4 tables de 8 Pool et une table de mini-Snooker. Les grandes tables de Snooker Royal, originales et de premier choix, vous coûteront 160.000 DH chacune, sinon vous opterez pour le deuxième choix à 90.000DH, mais déconseillé car la différence dans le jeu est de taille. Pour le mini-Snooker, il n’est pas très en vogue au Maroc, les tables ne sont généralement pas originales et sont vendues à 50.000 DH l’unité, alors que pour une table de 8 Pool, il faudra débourser 30.000 DH. Concernant les cannes, la marque BLP est vendue entre 300 et 400 DH l’unité.

Il vous faudra une vingtaine de cannes. A noter que les tables sont fournies avec des cannes, en plus des extensions, accessoires, lumière, boules, bâche et chauffage pour les tables de Snooker. La moquette, elle, vous reviendra entre 100 et 300 DH le m2. A ajouter les frais d’aménagement, électricité, peinture, éclairage, plomberie… Le coût d’investissement global est compris entre 2 et 2,5 millions de dirhams, sans compter la composante du foncier.

Le loyer dépend des villes et des quartiers, entre 35.000 et 65.000 DH dans des quartiers comme Maârif et Bourgogne à Casablanca. Mais tout dépend de la superficie et de l’emplacement. Une salle, située à la galerie Ben Omar à Maârif, l’une des plus grandes à l’échelle continentale, et qui sera ouverte après Ramadan, sera louée à environ 90.000DH. Pour le personnel, les salaires sont fixés à 2.500 DH pour les serveurs, 3.500 DH pour les barmen et entre 8.000 et 12.000DH pour les gérants. Le loyer représente 25% des charges mensuels, le reste est réparti entre l’eau et l’électricité, l’achat des boissons, l’alimentation et les charges de tous les jours.

Ajouter à cela l’entretien semestriel des tapis des tables. Dans les meilleurs des cas, il devrait l’être tous les 2 ou 3 mois, une condition très rarement respectée au Maroc. En tout cas, un nouveau tapis coûte 6.000 DH pour le Snooker Royal, 4.000 DH pour le mini-Snooker et 1.200 DH pour le 8 Pool. En tout, le propriétaire d’une salle de billard dépense chaque jour entre 4.000 et 5.000 DH, mais engrange entre 6.000 et 8.000 dirhams de revenus et qui peuvent atteindre 10.000DH par jour. Ce secteur est connu pour être rentable, avec une marge bénéficiaire qui tourne aux alentours de 35 à 40%. Le retour sur investissement est réalisé entre 3 et 5 ans. Ce n’est donc pas un hasard si ce domaine attise les convoitises de nouveaux investisseurs.

 

Une canne, identique à celle de Ronnie, vendue à 30.000 DH !
«Les salles de billard poussent comme des champignons partout, des salles bien aménagées et mobilisant d’importants investissements. Le virage a été amorcé en 2014, lorsque le Maroc a été sacré champion du monde du 8Pool. Les gens ont commencé à s’intéresser à ce sport. Jeunes, femmes et seniors, tous passent de plus en plus de temps dans ces endroits longtemps victimes d’une mauvaise image», nous commente Hamid Mabchour, gérant de MarocCue Snooker Cues, distributeur de cannes, matériels et accessoires du billard.

Cet ingénieur informatique, installé pendant 25 ans à Londres, a préféré rentrer au bercail en 2008 pour se lancer dans ce business. Et il ne le regrette pas. «La demande est là et va crescendo. Je suis spécialisé dans les cannes de choix. J’avais vendu en 2017 une John Parris, réplique identique à celle de Ronnie O’Sullivan, à 30.000 DH. Elle reste la canne la plus chère au Maroc. Il y a une semaine, j’ai vendu une autre canne à 22.000 DH. Ce qui se vend le plus, ce sont les cannes dont les prix sont situés entre 2.000 et 6.000 DH», précise-t-il.

Grâce à sa marge comprise entre 25 et 30%, Hamid n’a pas à se plaindre. S’il recevait souvent des commandes de grandes villes comme Casablanca, Marrakech, Tanger, Rabat et Agadir, aujourd’hui, il envoie vers toutes les destinations comme Sefrou, Khémisset ou encore Laâyoune. La pratique du billard se développe, en particulier le Snooker dont les adeptes se font de plus en plus nombreux.

«Effectivement, ce secteur est très lucratif. S’il y a de plus en plus de clubs de Snooker au Maroc, ce n’est pas par envie de développer le sport, mais les investisseurs sont attirés davantage par le volet commercial. Nos joueurs commencent à rivaliser avec de grands pays, mais structurellement, nous sommes encore à la traine. Il n’y a pas de véritables académies et l’entretien des tables et des cannes n’est pas au rendez-vous, alors que nous sommes sur un sport où les détails font la différence et où le niveau d’exigence doit être très élevé», regrette Mourad Naitali, Snooker expert.

 

En tout cas, le business attire et toutes les villes sont concernées par les ouvertures de nouveaux clubs. Une salle vient d’ailleurs d’ouvrir à Beni Mellal, à Kénitra ça se développe à grande vitesse, Settat compte désormais deux grandes salles, et à Casablanca, un club vient d’ouvrir au quartier Socrate et un autre est en cours de construction à Ghandi. Mohammédia reste, par ailleurs, l’une des villes les plus prisées.

Une demande qui se développe à grande vitesse, une image réhabilitée et des bénéfices alléchants, le billard attire les investisseurs, épaulés notamment par le programme Intelaka. Ils sont nombreux à se lancer dans cette aventure, pourvu que la qualité et l’exigence requise par le Snooker soient au rendez-vous. A vos cannes !