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Poterie Serghini, un héritage de pierre et de tradition…
Fondée en 1832, la marque Poterie Serghini continue encore de proposer des produits en céramique de qualité, associant tradition et modernité d’un art ancestral qui fait la renommée de Safi…
Huit générations des Serghini ont perpétué, depuis 1832, le savoir-faire de la poterie. Originaires de Fès, les Serghini ont déménagé à Safi, à la fin du XIXe siècle, en raison de la bonne qualité de son argile et de son dynamisme économique. «La poterie est un métier très ancien et remonte à l’époque des Phéniciens.
En ce qui concerne notre famille, toutes les générations ont contribué au développement de cet art ancestral. Pour nous, la poterie est un héritage», indique Younès Serghini, qui ne manque pas de souligner qu’«aujourd’hui, la poterie est liée à la ville de Safi et aussi à la famille Serghini, qui a contribué au développement et à la promotion de la filière aussi bien à l’international qu’au niveau local».
L’histoire de la Poterie Serghini n’est pas près de s’arrêter. La huitième génération, que représente Younès, inscrit son activité dans la continuité des aïeux, tout en innovant dans le but d’allier la tradition à la modernité.
Créativité, innovation et participation à des foires et salons locaux et mondiaux ont permis de faire connaître la poterie à travers le monde.
Les créations de la Poterie Serghini allient les pièces décoratives et l’art de la table façonné à la main. Une sélection de plus de 1.000 modèles, entre art de table, objets de décoration, pots de jardin, coffrets cadeaux, qui peuvent toutes être déclinées en une multitude de couleurs, de dimensions, de formes et de motifs.
«C’est un travail méticuleux nécessitant des matières premières de qualité et un savoir-faire pointu. On dit que la poterie passe par sept mains pour une finition de qualité», explique Serghini. Cependant, il déplore le manque de main-d’œuvre qualifiée en dépit de la formation dispensée par les centres spécialisés.
«En l’absence d’artisans qualifiés, nous formons nous-mêmes notre main-d’œuvre sur le tas», poursuit le directeur de la Maison Serghini.
Marchés traditionnels & NouveAUX débouchés
Selon Younès Serghini, le secteur «connaît des hauts et des bas. Nous avons nous-mêmes vécu des périodes de crise difficiles en raison de la conjoncture globale, et nous avons dû, pour maintenir notre activité, supporter les augmentations de la matière première, des impôts et des charges sociales.
On ne fait pas fortune dans ce métier, mais on se développe pour perpétuer cet art ancestral qui est une richesse pour l’artisanat marocain et pour la ville de Safi, d’une part, et, d’autre part, pour promouvoir la poterie du Maroc sur les marchés étrangers».
Les exportations de la Poterie Serghini étaient traditionnellement, à hauteur de 90%, destinées à la France. Ce marché qui n’absorbe plus que 0,1% des exportations du leader de la céramique artisanale, qui s’est beaucoup développée sur d’autres destinations, notamment les USA, l’Australie et les pays du Golfe.
«Nous leur offrons des produits répondant à leurs normes de qualité et à leurs besoins. Nous travaillons beaucoup avec les architectes d’intérieur étrangers qui valorisent de plus en plus notre poterie», souligne Serghini.
Localement, la poterie Serghini est très demandée par les nationaux et par les touristes. «Notre clientèle locale compte également des architectes d’intérieur, des hôtels, ainsi que des maisons d’hôtes», ajoute Serghini, qui précise que le chiffre d’affaires est réparti entre le marché intérieur (40%) et l’export (60%).
Globalement, le secteur de la poterie représente un grand potentiel qu’il faut accompagner, notamment au niveau de la formation. «Il y a toujours des nouveautés et des innovations. Il faut promouvoir ce métier, et nous pouvons conquérir le monde si on nous apporte le soutien nécessaire», conclut-il. À bon entendeur…