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Makaan, le Maroc en parfums…

Elle a troqué son poste de responsable en stratégie de marketing et communication à Paris contre les effluves chauds de son pays natal. En lançant sa propre marque de parfum de niche, Wiam Tabda réinvente le Maroc à travers sept fragrances inspirées de sept villes. Un voyage olfactif et identitaire…

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Elle a le regard de celles qui savent ce qu’elles veulent et le nez affûté de celles qui, depuis l’enfance, ont appris à lire le monde à travers les odeurs. Née d’un père sahraoui, originaire de Guelmim, et d’une mère aux origines amazighe et fassie, Wiam Tabda a grandi dans un univers pétri de contrastes, de traditions et de transmissions sensorielles. Ce métissage, elle le revendique comme une force qui l’a aidée à lancer, en avril 2024, Makaan, une maison de parfum de niche 100% marocaine, qui propose une collection de sept parfums où chaque création raconte une ville, un souvenir… «Makaan, qui veut dire lieu en arabe, est né de deux passions : l’une pour les parfums et l’autre pour le Maroc, comme tous les autres Marocains», dit Tabda, expliquant le choix du nom de sa marque. Un nom par lequel, poursuit-elle, «j’ai voulu rendre hommage au Maroc».

La fondation de la Maison de parfum a également été favorisée par la connaissance du marché des parfums que la jeune trentenaire a acquise au cours de son expérience professionnelle au Maroc et à l’étranger. La ligne, en vente depuis une année maintenant, se compose de sept parfums parlant chacun d’une ville : Casablanca, Mon amour, Royal Rabat, Tangier Zephyr, Queen of The South (Ouarzazate), Imperial City (Fès), The Magical Mogador, The Ochre GEM (Marrakech) et With Dune (Dakhla). Elle traduit en notes olfactives l’histoire des sept villes et répond aux besoins de fins consommateurs, femmes et hommes, qui souhaitent, raconte la jeune parfumeuse, «se différencier et avoir un parfum qui reflète leur personnalité». Pour elle, «un parfum est identitaire et exclusif».

Ouverture de magasins
Au Maroc, comme dans d’autres pays, il y a un réel engouement pour «la parfumerie fine» qui, contrairement à la parfumerie conventionnelle, est une évocation olfactive profonde et des accords inattendus de fragrances qui racontent un lieu ou une émotion. La collection est totalement fabriquée au Maroc à partir des compositions conçues par Tabda auxquelles un parfumeur local apporte aussi sa touche professionnelle. Et pour mettre en valeur ces fragrances uniques, Tabda a conçu un packaging original : un coffret décoré de zelliges, sous forme de livre racontant, en anglais et en arabe, l’histoire de la ville et un poème rendant hommage à la cité.

Les parfums testés par les parents de Wiam, sa famille et ses amis, sont distribués dans les aéroports de Casablanca et Marrakech ainsi que chez Beauty Success. Le choix du circuit de vente n’est pas anodin, comme l’explique la jeune entrepreneure, «parce que dans les duty free, l’achat permet d’emmener un bout du Maroc avec soi. Par ailleurs, chez Beauty Success, cela permet de faire connaître la marque en interne. Et c’est un réel succès parce que Makaan figure dans le top dix des ventes de cette parfumerie».

Concernant le prix de vente, la collection est actuellement proposée à 990 dirhams chez Beauty Success et à 86 euros dans les duty free. Un prix qui connaîtra, comme l’annonce Tabda, une augmentation de 32% en septembre prochain. Et cela, ajoute-t-elle, «en raison de la hausse des prix des intrants comme l’Oud par exemple mais aussi en raison de changements qui seront apportés au packaging». La marque se positionne, à l’instar de parfumeurs comme MontSerrat ou Maison Francis, sur des prix abordables au départ qui sont, par la suite, revus à la hausse. Par ailleurs, la fondatrice de Makaan ambitionne, à moyen terme, d’ouvrir ses propres points de vente qui permettront de valoriser davantage la marque. Tout comme elle prévoit de développer la communication sur les réseaux sociaux et de lancer une campagne de communication pour faire connaître la marque.

Sans avancer de chiffres sur ses ventes, Tabda dira simplement que «le lancement a été une victoire». Son best-seller est Queen of The South, parfum de Ouarzazate.

Les performances de cette première année d’activité semblent bonnes pour la jeune parfumeuse qui continuera à explorer les accords de son pays. Pour cela, elle investit mensuellement 85.000 à 130.000 dirhams et s’apprête à suivre une formation accélérée dans la ville de Grasse, capitale mondiale de la parfumerie, dans le sud de la France.