Culture
L’Boulevard : Une 24e édition entre éclectisme musical et nouvelles générations
Pour sa 24e édition, le festival L’Boulevard mise sur une programmation éclectique, allant du rap au métal, en passant par l’électro et les musiques alternatives. Ses fondateurs et artistes reviennent également sur l’histoire du tremplin, qui continue de jouer un rôle dans l’émergence de nouveaux groupes marocains.
Le 17 septembre, L’Boulevard donnera le coup d’envoi d’une nouvelle édition placée sous le signe de la diversité musicale et de l’accessibilité de la culture. Pour Momo, cofondateur du festival, la programmation a été pensée autour de la mixité sociale et de l’accès du plus grand nombre aux musiques actuelles et alternatives.
«La programmation est très éclectique. Il y en a pour tous les goûts», souligne-t-il. Parmi les rendez-vous à ne pas manquer, il cite notamment la programmation rap du premier jour, avec Bo9al et Figoshin. Le deuxième jour sera marqué par le retour de Issam Kamal & Mazagan, dont les membres n’ont pas rejoué ensemble depuis longtemps.
Le samedi, le public retrouvera également Sepultura, groupe brésilien considéré comme une figure majeure du metal. Momo évoque l’une des dernières occasions de voir le groupe sur scène, alors qu’il s’apprête à mettre un terme à sa carrière.
La programmation fera également une place au blues ainsi qu’à des formations comme Sarab, qui évolue à la croisée de l’électro, du punk et des sonorités arabes. Pour le cofondateur de L’Boulevard, ces groupes figurent parmi ceux qu’il ne faudrait pas manquer cette année.
Au-delà de la programmation, le festival reste également marqué par son tremplin, qui constitue depuis plusieurs années une porte d’entrée pour les groupes marocains. Le rap demeure la catégorie qui attire le plus grand nombre de candidatures, avec plus de 300 groupes issus de différentes régions du Maroc à chaque édition.
Le metal et la fusion représentent, eux aussi, une part importante des candidatures, même si leur nombre reste plus limité, avec généralement entre 14 et 20 groupes sélectionnés. Momo relève toutefois une baisse du nombre de formations dans certaines scènes alternatives, notamment en raison du manque de concerts et de festivals susceptibles de les programmer.
«Il y a beaucoup de groupes qui split parce qu’il n’y a pas de concerts, parce qu’il n’y a pas de festivals qui les programment», explique-t-il, soulignant ainsi l’importance des espaces de diffusion pour maintenir la dynamique de ces scènes musicales.
Cette dimension du festival trouve un écho dans les témoignages d’artistes passés par le tremplin. Mehdi Oueld-Suilem, de Sakadoya, se souvient notamment de sa participation aux compétitions de L’Boulevard, qui remonte, selon lui, à 2008. Cette expérience avait constitué un moment important dans son parcours musical, avec une victoire qui avait contribué à lancer davantage le groupe.
L’expérience du tremplin n’a toutefois pas toujours été synonyme de sélection. Réda Allali, membre de Hoba Hoba Spirit, raconte pour sa part avoir connu l’échec lors des premières sélections. Une déception qui, avec le recul, a contribué à nourrir une réflexion sur le rôle du festival dans les parcours artistiques.
Selon lui, de nombreux artistes viennent encore lui parler de leurs candidatures non retenues au tremplin. Il rappelle cependant que L’Boulevard ne constitue pas l’unique voie pour accéder à une carrière musicale. La non-sélection à une édition ne signifie pas nécessairement la fin d’un parcours artistique.
Au fil des années, le festival s’est ainsi imposé à la fois comme un rendez-vous consacré aux musiques actuelles et comme un espace de découverte pour de nouvelles formations marocaines. Pour cette 24e édition, la programmation entend poursuivre cette double vocation, entre artistes internationaux, figures de la scène marocaine et jeunes talents issus du tremplin.